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      Critique « Græ » de Moses Sumney : une voix puissante et envoûtante

      Moses Sumney sortait le 21 février son 3ème album, Græ, qui efface les codes sociaux attribués aux hommes. Il est impossible d’y passer à côté !

      Un talent ayant incontestablement fait ses preuves

      Moses Sumney, auteur, compositeur et chanteur, est un de ces talents comme on en voit peu dans l’univers de la folk-soul. D’origine ghanéenne et ayant grandi entre la Californie et le Ghana, cet artiste a récemment sorti la 1ère partie de son album, Grae, et dont la deuxième partie est prévue pour mai prochain.

      C’est en 2014 que Sumney a sorti son premier EP, Mid-City Island, dans lequel il a pu nous démontrer le patchwork des tonalités de sa voix oscillant entre spiritualité, sensibilité et vigueur. Cela lui a valu des collaborations avec des artistes avant-gardistes qui possèdent une sensibilité qui leur est propre tels que James Blake, Sufjan Stevens ou encore Solange.

      Son talent sera confirmé par l’album Make Out in My Car: Chamelon Suite suivi de celui d’Aromanticism où il explore sa vision de l’amour et de la solitude.

      Le spectre du genre selon Sumney : entre masculinité et féminité et entre virilité et douceur

      Moses Sumney explore ainsi sa propre identité qu’il ne considère pas de façon binaire, tel en atteste son morceau Virile. Il y dénonce l’assimilation du corps masculin à un morceau de viande au sein de la société de consommation. Il définit son identité en dehors du prisme binaire du genre (masculin/féminin). Sumney a toujours vécu dans un entre-deux, une fracture, un sentiment de non-appartenance car il (ne) se sent (ni) africain et (ni) américain. C’est ce qui ressort de Græ : une fluctuation des codes et des étiquettes sociétales (origines ou genres).

      Une voix envoûtante, puissante et des émotions riches

      Græ est, selon nous, un album puissant, fort tout en étant empreint de douceur. L’artiste réussit avec brio à jongler avec sa voix (en réalisant un falsetto que l’on oubliera pas de si tôt), à décrire les émotions qu’il ressent, et de ce fait, à nous transmettre ses émotions lorsqu’on l’écoute. Les morceaux qui nous ont le plus marqués sont Conveyor, Colouour et Neither/Nor. Ils confirment par ailleurs sa riche palette de sons en variant entre falsetto et voix grave, mystère et douceur.

      Ayant mené une belle prestation lors du Pitchfork Festival à Paris en 2017, nous espérons le retrouver très rapidement lors d’un prochain concert en France. En attendant, voici son dernier clip, Virile.

      Virile de Moses Sumney :

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