L’Arabie saoudite veut miser sur l’art et la culture

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Une carte de certains pays du Moyen Orient

Depuis l’arrivé au pouvoir du prince héritier Mohammed ben Salman (alias MBS), l’Arabie saoudite tente de s’ouvrir au monde en misant, entre autres, sur la culture. Une stratégie par ailleurs inscrite dans la Vision 2030, un plan stratégique conçu pour diversifier l’économie du Royaume, afin de réduire sa dépendance au pétrole. On assiste donc à l’émergence d’une économie de la création, qui s’illustre notamment par la nouvelle usine d’art et divertissement Merwas, le Festival Riyadh Season, la Diriyah Contemporary Art Biennale ou encore le Festival international du film de la mer Rouge.

L’effet moderniste « Mohammed ben Salmane » suit son cours en Arabie saoudite.

Dans le cadre de son plan Vision 2030, officialisé il y a maintenant 6 ans, le prince héritier du royaume avait notamment présenté un plan d’investissement d’un montant de 64 milliards de dollars sur 10 ans dans la culture et le divertissement financé à la fois par l’Etat et le secteur privé.

“ L’Arabie Saoudite “ s’est depuis lancée dans de nombreux projets qui laissent entrevoir d’évidentes conséquences sociales et sociétales (création d’emplois, participation croissante des saoudiens à la vie culturelle, mise en lumière des femmes artistes, ouverture du royaume à la culture occidentale…).

On peut notamment citer l’inauguration en octobre de Merwas, la plus grande usine d’art et de divertissement du monde arabe. Situé à Riyad, ce bâtiment de 5 000 mètres carrés ambitionne d’aider et de soutenir les talents saoudiens, tout en les mettant en avant sur la scène artistique mondiale. Merwas abrite aussi 22 studios internationaux pour donner aux visiteurs la possibilité d’explorer le monde du cinéma et de la cinématographie, ainsi qu’une académie.

« Le premier objectif d’ici 5 ans est de résoudre tous les problèmes que nous constatons sur le marché. Le deuxième est de faire éclore le plus grand nombre de talents saoudiens. Le troisième est d’introduire les droits de propriété intellectuelle, les redevances, les droits d’auteur et de sensibiliser la communauté et les artistes. Enfin, le dernier objectif est de se développer, et pas seulement au sein du Royaume : Nous voulons que Merwas soit présente dans la région et dans le monde entier », précise la PDG de l’usine Nada Al-Tuwaijri.

Merwas constitue également l’une des 15 zones du festival Riyadh Season (Saison de Riyad), le plus grand programme culturel et de divertissement de l’histoire de l’Arabie saoudite, dont l’édition 2022 a débuté le 21 octobre. Ce festival organisé durant 66 jours s’appuie sur l’objectif du plan Vision 2030 de faire du secteur du divertissement un élément majeur de l’économie nationale.

Turki Alashikh, président de l’Autorité générale pour le divertissement de l’Arabie saoudite (GEA), a lancé le Riyadh Season par un show réunissant 548 drones (établissant au passage nouveau record du monde Guinness pour le plus grand nombre de drones télécommandés simultanément), des feux d’artifice, un spectacle du Cirque du Soleil et un concert de la chanteuse britannique Anne-Marie. Le tout devant plus de 100 000 spectateurs.

Avec comme baseline : « Au-delà de l’imagination », le programme prévoit de nombreux temps forts répartis dans les 15 zones de divertissements comme des tournois sportifs (WWE et Riyadh Season Cup avec l’équipe de football du PSG et les stars des clubs de Al-Hilal et Al-Nasr), 25 pièces de théâtre arabes et internationales, 150 concerts, de nombreuses expositions locales et mondiales dans les domaines des dessins animés, des parfums, de l’automobile et des jeux vidéo, une promenade sous-marine dans le plus grand lac artificiel du monde, un zoo, un parc d’attraction…

Un autre grand événement, dédié cette fois au cinéma, se déroulera du 1er au 10 décembre 2022 au Ritz Carlton Jeddah : le Festival international du film de la mer Rouge (RSIFF). Sous le slogan « Le film est tout », le RSIFF présentera 131 longs et courts métrages, dont 23 courts métrages saoudiens, 28 courts métrages internationaux et 7 longs métrages.

Les cinéastes arabes et les professionnels de l’industrie du monde entier bénéficieront également d’une plate-forme pour se connecter, organiser et présenter une série d’événements, de masterclasses et d’ateliers pour soutenir les talents émergents.

La deuxième édition de ce festival prévoit aussi une compétition officielle pour les longs et courts métrages d’Asie, d’Afrique et du monde arabe. Une équipe de jury, dirigée par le célèbre réalisateur américain Oliver Stone, annoncera les gagnants de chaque catégorie le 8 décembre. On apprend aussi que le cinéaste britannique Guy Ritchi sera honoré pour « sa contribution exceptionnelle à l’industrie cinématographique ».

« Le RSIFF n’est pas seulement un festival de cinéma, c’est un forum culturel dans lequel nous échangeons nos expériences techniques, culturelles et nos connaissances, et découvrons de nouvelles dimensions. Il sert de plateforme importante grâce à laquelle nous soutenons l’industrie cinématographique aux niveaux local et régional », indique le directeur marketing et communication de l’événement Samaher Mously.
Photo de la page de garde prise sur Pexels.