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      Les Samouraïs de l’éternel, critique du volume 1 : de la nostalgie qui ne se prend pas la tête

      Les éditions Black Box poursuivent en ce début d’année 2022 leur exploration de l’infinie richesse du monde du manga. Nous avons déjà salué la publication d’oeuvres atypiques, plus adultes comme la série The Dragon of wares. Leur catalogue contient aussi des œuvres lorgnant davantage vers la nostalgie et la référence. C’est le cas du manga Les Samouraïs de l’éternel. Si la série est inédite en France, elle n’est pas totalement inconnue car son adaptation animée fut diffusée en mai 1990 dans le Club Dorothée. Dessinée par Ryuchi Hoshino et scénarisée par Hajime Yatate, l’oeuvre destinée pour un jeune public se présente comme une variation assumée de Saint Seiya.

      Il est de retour

      L’empereur de l’Apocalypse, Arago, lorgne depuis longtemps sur la terre. Une première fois, il y a 1000 ans, ses rêve de conquête furent annihilés par un samouraï nommé Kaosu. Vaincu, le seigneur du mal fut banni dans les profondeurs de l’Enfer. Quant à sa redoutable armure, il fut décidé de la diviser en 9 pièces. Seulement le Seigneur du Mal a mis à profit son exil pour retrouver une partie de son pouvoir. Il a mis la main sur 4 pièces d’armures qu’il a confiées à ses quatre généraux.

      Sûr de sa force, il déclenche une attaque foudroyante. Ses armées ravagent le quartier de Shinjuku à Tokyo et enlèvent une grande partie des habitants. Elles recherchent les cinq derniers fragments de son armure afin que leur maître retrouve sa pleine puissance. Mais ces derniers morceaux sont en la possession de jeunes guerriers. Tous chargés d’une vertu particulière -la compassion, le respect, la droiture, la justice, la sagesse – ils permettent à leur porteur de maîtriser un des cinq éléments. Ces cinq élus forment les samouraïs de l’éternel et vont devoir travailler ensemble pour vaincre leur ennemi.

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      Les Samouraïs de l’éternel : un récit qui va droit au bout

      La série est une œuvre courte de seulement deux tomes. Elle ne s’embarrasse donc pas de détails pour nous plonger directement dans l’action. Les motivations d’Arago sont ainsi réduites à sa simple envie de domination. La mystique de l’histoire nous est également présentée par bribes. Les connaisseurs de la série auront certes vite fait de se rappeler l’origine des armures. En revanche, pour les néophytes, il faudra se laisser bercer par la narration et attendre l’arrivée tardive des éclaircissements. C’est un peu dommage que l’oeuvre n’ait pas une introduction à proprement parler. Mais c’est aussi ce qui fait le charme de cette série et ce qui montre comment ont évolué les codes de la narration.

      Le coeur de ce tome 1, ce sont les combats. Et l’équipe créative a décidé de nous servir. Combat au coeur d’un volcan, combat urbain, combat dans un palais, le récit enchaîne les passes d’armes. Le mélange entre les techniques de samouraï et les pouvoirs spirituels fonctionne assez bien visuellement. Les cinq héros sont facilement identifiables. Le style reste cependant très daté et pourra surprendre les amateurs de shonen moderne. Ici les décors sont simples, les proportions pas toujours respectées. Plus dommageable est l’absence d’un vrai climax. Les scènes d’affrontement sont nombreuses. Mais l’épique et le grandiose font défaut. On a même du mal à être réellement inquiets pour nos héros.

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      Saint Seiya comme référence

      La série Les Samouraïs de l’éternel ne se cache pas d’être influencée voire de copier le mythique Saint Seiya. Au moment où elle est dessinée en effet, Saint Seiya trône au sommet des ventes de manga depuis 3 ans et cartonne à la télévision japonaise. Le public et les chaînes japonaises sont à la demande d’oeuvres dérivées. Ryuchi Hoshino et Hajime Yatate vont donc livrer une histoire très similaire à l’originale. D’abord ils en reprennent les codes de narration : des héros jeunes qui se dépassent, des armures mystiques, des épreuves successives. Ils vont ensuite citer des scènes entières de Saint Seiya. Le passage de l’armure sous le volcan dès le début de l’histoire est une reprise de l’arc du chevalier Phoenix. Plus tard un des quatre généraux d’Arago reprend la technique du labyrinthe dimension du chevalier d’or des Gémeaux. Hommage ou manque d’inspiration, aux lecteurs de trancher.

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      Toutes ces références totalement assumées sont une force et une faiblesse de la série. En effet en affichant clairement sa source d’inspiration, Les Samouraïs de l’éternel plaît à l’amateur en ne trahissant pas ce qu’elle est. C’est une œuvre d’exploitation faite par de solides artisans. Ils ne prétendent jamais égaler les envolées lyriques de leur modèle. Ils offrent une version allégée de l’esprit Saint Seiya. Mais cette grande proximité explique aussi l’anonymat dans lequel est tombée cette œuvre. Il lui est impossible de rivaliser avec son modèle. Visuellement, narrativement, elle demeure une œuvre secondaire.

      Les Samouraïs de l’éternel est une série qui s’adresse aux connaisseurs et aux nostalgiques. Fortement inspirée par Saint Seiya, elle ne prétend jamais égaler son illustre modèle. Son style daté, sa narration d’un autre temps sont de jolis témoignages des évolutions du monde du manga. C’est donc une chouette curiosité que nous proposent les éditions black box.

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