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      J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd, un documentaire sensible et efficace

      J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd est plus qu’un thriller, un combat. Un combat en silence pour une langue, pour une identité.

      Dans la société actuelle, la surdité est traitée comme un manque. Une personne sourde est considérée comme une personne à qui il manque le sens de l’audition et qu’il convient de réparer. Alors on appareille, on implante, on rééduque, on fait tout pour qu’elle parle à n’importe quel prix. On essaie de la façonner à l’image du plus grand nombre.

      Or, l’apprentissage de l’oralité, l’apprentissage pour la rendre semblable au plus grand nombre, est une torture et l’isole de ses pairs. Il existe un langage qui permet de communiquer, d’apprendre, d’entrer en relation avec les autres tout en étant sourd, c’est la langue des signes.

      Un haussement de sourcils, une expression du visage plus ou moins appuyée, font la subtilité et la richesse de ce langage.

      Sans les yeux, ce langage n’est pas.

      Sans les expressions, ce langage est muet.

      Sans le corps, ce langage est vide.

      Pour illustrer ces propos, la réalisatrice nous emmène à travers des écoles, des associations, des familles, pour nous faire toucher du doigt les difficultés rencontrées par cette population, par les parents, par les familles, par tous ceux qui sont sourds ou qui ont un sourd dans leur entourage.

      j'avancerai vers toi avec les yeux d'un sourd critique
      Copyright Epicentre Films

      Un documentaire émouvant!

      Cette promenade sera ponctuée par la séance d’improvisation vocale dans un chant-signes, avec Camille, des sourds qui font du théâtre, et des interprètes : un pur moment de grâce et d’émotions.

      On réalise alors, si ce n’était déjà fait, l’importance de ce combat pour l’existence et la transmission de cette langue des signes.

      Laetitia Carton, la réalisatrice, a voulu rendre hommage à un sourd, ami trop tôt disparu. Il lui a ouvert les yeux et le cœur sur le monde des sourds, sur la langue des signes, sur l’identité d’un peuple, celui des sourds, qui a besoin de cette langue pour se définir et se déterminer.

      Cette langue qui a besoin du regard, du corps, d’attention, de présence corporelle, des mains, d’intensité.Cette langue qui engage bien plus que la simple parole nous fait nous questionner sur qui est le plus handicapé ?

      Celui qui a la parole ? Ou celui qui, sourd, engage tout son être, pour communiquer.

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