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      Critique « Tu ne tueras point » de Mel Gibson : Une histoire incroyable au coeur de la Seconde Guerre Mondiale

      S’il ne bouleverse pas les codes du film de guerre, Tu ne tueras point retrace une histoire fascinante. Celle d’un homme au courage et à la détermination infaillibles, parti au front sans aucune arme dans le seul but d’aider ses compagnons. Mel Gibson signe ici un film percutant et permet au public de faire la connaissance d’un personnage hors du commun.

       

      L’histoire d’un soldat sans armes

      Andrew Garfield Tu ne tueras point

      Desmond Doss a réellement existé, mais ce n’est qu’à la fin de sa vie qu’il a accepté de raconter son histoire en vue d’une adaptation sur grand écran, ne désirant pas être exposé aux médias. Il s’est engagé dans l’infanterie en tant qu’infirmier au cours de la Seconde Guerre Mondiale et a toujours refusé de tenir une arme à cause de sa religion. Le film, écrit à partir de ses interviews, se veut fidèle à la réalité, malgré quelques libertés scénaristiques.

      Dès la scène d’ouverture, Mel Gibson nous donne un aperçu de ce qui va constituer la seconde partie du film : le champ de bataille. Mais avant cela, nous suivons l’évolution de Desmond au sein de sa famille puis du camp d’entraînement, cette dernière période étant traitée avec un humour bienvenu.

      Le jeune homme doit faire face à la violence de son père, un ancien combattant devenu alcoolique (Hugo Weaving, d’une crédibilité impressionnante), puis aux moqueries, humiliations et coups de ses camarades. Ne réussissant à obtenir aucun soutien de la part de sa hiérarchie, Desmond doit se battre pour imposer ses principes. Courageusement, sans jamais se démonter, il obtiendra l’autorisation d’aller sur le terrain.

       

      Une représentation sans concessions de la guerre

      Tu ne tueras point camp d'entraînement

      Nous partons alors en même temps que ces soldats qui ne mesurent pas encore ce qui les attend. Chacun d’entre eux s’en était fait une idée plus ou moins précise, mais aucun n’y était réellement préparé. Personne n’aurait pu s’y préparer. Sur le chemin menant à la crête d’Hacksaw, où a lieu la bataille, ils croisent les soldats revenant du front, ou plutôt ce qu’il en reste. Le contraste est frappant. Une fois arrivés au camp de base, les corps propres et vigoureux des nouveaux arrivants se joignent à ceux, fatigués et couverts de boue, des soldats de la précédente division. Aux regards volontaires et déterminés s’opposent les yeux hagards et vides de ceux que la guerre a déjà marqués à jamais.

      Puis le spectateur est plongé au cœur du champ de bataille. Rien ne lui est épargné. Le front est dépeint de manière crue, brutale. Les combats sont remarquablement mis en scène. On en ressort troublé. Les mots « violence » et « horreur », qualificatifs habituels de la guerre, prennent ici toute leur signification. Desmond, au milieu de ce massacre, essaie de mener la mission qu’il s’est donnée jusqu’au bout, ramenant un à un les corps mutilés de ses compagnons au campement. Il faut saluer la performance d’Andrew Garfield, tout simplement bouleversant. Juste dans son jeu du début à la fin, il incarne un Desmond Doss débordant d’humanité et de sensibilité, sans jamais en faire trop.

      Il existe de nombreux films de guerre, mais rares sont ceux qui en dressent un portrait aussi réaliste et saisissant, sans ménagement pour le public. On nous martèle que la guerre est absurde, et l’œuvre de Mel Gibson nous aide à mieux comprendre pourquoi. Les soldats s’entraînent durement pendant des mois, ils se forgent une détermination d’acier, sont animés par une volonté inaltérable de servir leur pays, et tout cela pour…se faire tuer après dix minutes sur le champ de bataille. C’est la triste réalité que Mel Gibson balance au spectateur.

       

      Nous sommes touchés, tant par cette peinture de la guerre que par cette histoire jusqu’alors totalement méconnue. Impressionnés aussi, par l’immense courage et l’humilité dont ce héros a fait preuve. Une œuvre qui nous malmène et qui nous fait du bien. À voir donc, ne serait-ce que pour connaître l’extraordinaire personnage qu’était Desmond Doss.

       

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