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      Critique « Petit Vampire » de Joan Sfarr : Un voyage dans l’imaginaire 

      Depuis 300 ans, Petit Vampire à 10 ans. C’est à l’origine un enfant transformé afin d’échapper à la mort. Lassé de cette situation, celui-ci décide de quitter sa maison afin de pouvoir découvrir le monde extérieur et surtout pouvoir aller à l’école et enfin se faire un ami de son âge ! 

      Tel est le pitch de base de l’adaptation de la bande dessinée destinée aux enfants Petit Vampire, écrite et dessinée par Joan Sfarr. Joan Sfarr est un personnage à part dans le paysage culturel français : auteur de bande dessinée très inspiré par le fantastique, romancier, mais également cinéaste (Gainsbourg une vie héroïque, fantastique biopic sur la vie de Gainsgbourg, récompensé du césar du premier film, ainsi que la Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil). L’auteur réalise ici sa deuxième adaptation issue d’une de ses bandes dessinées après Le Chat du Rabbin. Fervent défenseur du fantastique et de l’imaginaire, on ne pouvait être que curieux de sa proposition qui change du tout venant du cinéma d’animation.

      Pourtant, les premières images ne sont pas très rassurantes. La séquence d’ouverture, une scène de combat entre le capitaine des pirates (doublé par Jean-Paul Rouve) et le terrible Gibous (inspiré des contes populaires niçois et doublé par Alex Lutz), manque de rythme et d’énergie dans l’action. Comme si Sfarr avait du mal à raconter les origines de ces personnages inventées pour le cinéma.

      Heureusement, la barre est vite redressée et Petit Vampire séduit par l’originalité de son univers. La vision d’une maison délabrée, remplie à ras bord de monstres extrêmement sympathiques, vivants comme dans un petit village possède un véritable charme. La vie de ces monstres est extrêmement bien organisée, ayant comme principale occupation de regarder des films de monstres (provoquant des crises de larmes chez un simili Frankenstein féminin, personnage très moche, mais attachant). La galerie de ces créatures est extrêmement créative et attachante. On a eu un petit coup de cœur pour l’hilarant Fantomate, un bulldog rouge parlant avec l’accent marseillais.

      Visuellement, Petit Vampire réussit à retrouver la patte de Sfarr en refusant de céder à la mode de l’animation 3D. Cela permet à ce film d’animation d’avoir un style unique. Si les scènes de combat manquent un peu d’énergie, elles sont compensées par l’humour et l’aspect enchanteur qui se dégage de ce récit initiatique très bien mené. Car oui, ce qui fait la force de ce film n’est pas son univers, ni sa patte graphique, mais son propos sur l’enfance.

      Sfarr a décidé de prendre au sérieux les enfants en refusant d’édulcorer son propos (sans non plus chercher à choquer ou terrifier le jeune public), que ce soit par les thématiques ou les dialogues. Les dialogues paraissent en effet assez « osés » pour un film pour enfants. Ce sont ces éléments qui permettent à Petit Vampire d’avoir un univers qui lui est propre, un univers fourre-tout, mais ô combien plaisant à découvrir, et que l’on espère pouvoir revoir au cinéma un jour si le film est couronné de succès.

      Bande-annonce Petit Vampire

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