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      Critique « 1922 »(Netflix) : L’adaptation réussie d’une nouvelle de Stephen King

      Stephen King, célèbre écrivain américain, sait parfaitement comment submerger ses lecteurs à travers ses nombreux écrits horrifiques et angoissants. Si ses oeuvres marquent les esprits sur des pages blanches, elles sont tout aussi pénibles sur grand écran. Ça, Shining, Carrie, Misery… tant de thrillers que l’on n’enlèvera jamais de notre tête. Cette fois, c’est sa novella 1922 parue dans le recueil Nuit noire, étoiles mortes en 2010 qui connaît une adaptation cinématographique par le réalisateur australien Zak Hilditch sur Netflix (2017). D’ailleurs, deux autres films en sont déjà issus : A Good Marriage et Détour Mortel. 

      Une atmosphère d’époque bien mise en scène :

      Throwback to the 20’s pour ce thriller original Netflix signé Stephen King ! Zak Hilditch nous plonge d’emblée dans les territoires bucoliques du Nebraska, à Hemingford Home. Les décors nous permettent de nous immerger rapidement dans cette époque pauvre, vide et obscure du Nebraska où 20$ représentent beaucoup pour une famille. Costumes, couleurs, postures, codes… tout y est pour nous tenir en haleine. C’est ici que vit Wilfred James. En plus d’être le protagoniste du film, ce personnage se trouve également en être le narrateur. Il nous conte son passé, nous confesse son crime et sa damnation… Une confession rapidement dévoilée par le protagoniste lui-même, à travers une analepse chaotique. 

      D’abord simple mari et père d’un fils, une « injustice » pousse Wilfred à commettre un geste qui bouleversera à tout jamais son existence. En re-contextualisant davantage la situation, sa femme, Arlette Christina Winters James, avait hérité d’une immense parcelle de terre par son père. Et à cette époque où la fierté d’un homme sont ses terres et son fils, Wilfred était comblé. Cela n’en déplaise à sa femme qui avait pour ambition grandissante de vendre ses terres (qui lui revenaient de droit) et divorcer afin de partir avec leur fils Henry ouvrir un magasin de vêtements en ville. 

      Thomas Jane performe à travers un personnage complexe :

      ET… ACTION ! C’est à partir de ce moment précis que Thomas Jane nous livre une performance énigmatique. Déjà paru en 2007 au sein d’une autre adaptation d’une oeuvre signée Stephen King, The Mist, il était résolument attendu par les fans de l’auteur dans ce thriller.

      Lors de la phase de réflexion où la haine de sa femme l’habitait tous les jours un peu plus, on découvre un personnage sournois et malsain, qui prend le dessus sur le fermier qu’il a toujours été. Il apparaît tiraillé par son obsession de meurtre envers sa propre femme. Son comportement observateur nous subjugue à tel point qu’on ne peut lâcher notre écran un instant. 

      Il est sur le point de frapper : « Je pense qu’une autre personne sommeille en chacun de nous. Un étranger. Une créature sournoise »

      La complexité de son rôle ne nous permet cependant pas de s’attacher à lui et comprendre le fond de ses pensées. On sait qu’il va pêcher, c’est même certain, mais comment en est-il arrivé à le regretter ? Pourtant bien sûr de lui, ses souvenirs et angoisses le hantent peu à peu. Nous voilà face à la descente aux enfers d’un homme à la fois seul et habité, poursuivi par la culpabilité.

      Un suspens maîtrisé :

      Ce film dit « à énigmes » est long, il faut le dire. Or, pour un thriller de ce genre, le suspens est tellement bien maîtrisé qu’à aucun moment arrêter le film ne nous traverse l’esprit. Avant tout, 1922 représente un meurtre marital, un fils au comportement imprévisible et un père qui perd la raison. Mais alors comment Zak Hilditch pouvait-il réussir capter l’attention des téléspectateurs avec tous ces éléments ? 

      Tout simplement en ficelant le tout par un schéma narratif spécifique qui permet de remettre de l’ordre tout au long du film. Mais pas seulement ! Pour faire vivre cette nouvelle de Stephen King, le réalisateur australien s’en est allé trouver les morceaux les plus adéquats aux moments de tourmente. Attendez-vous à être surpris par des bruits cinglants et des musiques qui oppressent rappelant, Shining lui-même. L’atmosphère horrifique y est bien présente, mais n’ira que jusqu’au simple hérissement de nos poils. Pas d’inquiétudes ! 

      1922 est un thriller plutôt long dont on ne peut se détacher au vu de la performance bluffante de Thomas Jane. Alors que certains tendent à dire qu’il aurait été plus judicieux de rassembler les nouvelles du recueil Nuit noire, étoiles mortes de Stephen King au sein d’un même film, on peut dire que ça aurait été bien trop dommage de passer à côté d’une telle pépite.

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