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      Embarquez dans Shanghai Red, une croisière sanglante

      La vie de la jeune Red n’a jamais été facile mais elle devient un enfer quand elle est kidnappée pour travailler sur un bateau navigant vers l’Asie. De retour à Portland, Shanghai Red n’a plus qu’un objectif : se venger.

      La croisière ne s’amuse pas du tout

      Au XIXe siècle, le quotidien est une survie et encore plus pour les femmes. Devant subvenir aux besoins de sa mère et sa jeune sœur, Red a fait le choix de se travestir en homme pour trouver plus facilement du travail. Un soir, alors qu’elle se détendait avec des amis dans un bar, elle est droguée puis kidnappée et se retrouve sur un bateau en partance vers Shanghai. Comme de nombreux marins, elle a été enrôlée de force. Il lui faudra des années pour organiser une mutinerie puis rentrer en Amérique. Mais le plus dur reste à faire : retrouver sa famille et surtout comprendre pourquoi, et par qui elle a été piégée.

      Shanghai Red du navire...

      Shanghai Red met au centre du récit une femme forte bien que son corps soit marqué par les violences subies. A force d’être fouettée et humiliée sur le bateau, Red était devenue une simple chose. Une ultime humiliation est la goutte de sang qui fait déborder le vase. Red dépasse alors les limites morales. Tous ceux qui l’ont blessée ou qui empêcheront la réalisation de son objectif ne sont pour elle que des bêtes. Elle ne pardonne plus mais se venge et sa violence déconcerte les hommes. Cependant, une fois revenue à Portland, la réalité va se révéler bien plus complexe que prévue.

      Publié par Hi comics, ce récit complet de cinq épisodes est écrit par Christopher Sebela, et dessiné et mis en couleurs par Joshua Hixson. Pour raconter ces faits historiques, le dessinateur fait le choix d’une colorisation radicale : des parties rouges apparaissent régulièrement comme le refrain d’une Murder Ballads au milieu de cases souvent sombres et monochromes. Son style ne vise pas la précision (historique ou anatomique) mais la transmission de l’ambiance comme Francesco Francavilla. Les limites entre les formes sont à l’image de la moralité de Red, floues. Cela cadre avec le récit mais on pourrait cependant apprécier des cases plus finies.

      Shanghai Red voyage dans le temps

      A travers une quête de vengeance, Shanghai Red nous montre l’envers du rêve américain : les taudis loués à prix d’or, l’alcool pour oublier la dureté du travail, les bordels où les marins dilapident leurs maigres salaires, la prostitution contrainte des femmes dont le mari est parti. De plus, Sebela nous fait découvrir un pan méconnu de l’histoire de la marine. Des marins étaient enlevés puis, vendus, ils passaient plusieurs années à travailler dans d’atroces conditions sur des navires vétustes pour rembourser ces dettes. Cependant, la violence de Red n’est pas née sur le bateau mais elle a commencé depuis sa (pas si) tendre enfance. Cette jeune femme devenue impitoyable n’est pas la seule à avoir expérimenté la violence légale ou illégale. Elle est le symptôme d’une société capitaliste malade et d’une société américaine qui dès la conquête de l’est est née dans le sang. Seule la nature permet d’être vraiment libre.

      Shanghai Red... à la vengeance

      Shanghai Red fait aussi réfléchir sur la place des femmes. Les différents personnages féminins sont très loins de la femme effacée au foyer. De plus, Red devient Jack pour assurer la survie de sa famille et découvre par ce travestissement une grande liberté. Ce thème fait penser à Mauvais Genre où Chloé Cruchaudet racontait la vie d’un soldat qui se déguise en femme pendant la Première Guerre mondiale pour échapper à la boucherie du front.

      Shanghai Red est un comics sans concession. Red est une femme revenue de tout qui trouve dans la vengeance un exutoire à ses souffrances. Le dessin de Joshua Hixson est tout aussi brutal que les actes écrits par Christopher Sebela. On peut estimer douteux le choix de la justice sommaire développé dans ce récit complet mais il est aussi salutaire de voir une opprimée se lever pour rejeter l’oppression de la société et des hommes.

      Si vous cherchez un récit dans la même ambiance graphique, nous vous conseillons de lire la chronique d’Afterlife with Archie par Francesco Francavilla et le western 7 Deadly Sins si vous cherchez un récit de vengeance.

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