Avec le tome 2 de Space Connexion, l’humanité s’effondre dans la joie

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El diablo et Romain Baudy reviennent pour nous narrer le futur de l’humanité dans le second volume de Space Connexion. Le moins qu’on le puisse dire, c’est que l’on ne va pas s’ennuyer dans ces nouvelles de science-fiction. Suivez-nous pour découvrir comment tout va s’effondrer.
Un florilège d’emmerdes pour l’humanité ou les aliens.

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Le principe de ce second volume de Space Connexion reste identique au premier tome : raconter dans des histoires courtes la rencontre entre l’humanité et des extraterrestres. Le scénariste Eldiablo nous offre à nouveau des propositions très variées.
Si la couverture du premier chapitre, Alien traficante, évoque le film Le salaire de la peur, ce n’est absolument pas un hasard tant l’inspiration est évidente mais avec de la drogue et des aliens.

On est également du côté des méchants. Un groupe de trois petites frappes latinos est en retard pour livrer la poudre à leur parrain El Tiburon. Leur traversée la jungle est plus compliquée que prévue. Ils commencent à s’inquiéter surtout que la forêt les observe. En effet, cette première nouvelle de Space Connexion distille une ambiance oppressante comme dans Predator. Avec la végétation luxuriante et la nuit, les truands ne voient rien venir mais sentent que quelque chose ne va pas. Avec leurs gros guns, ils pensaient être des chasseurs ils se révèlent des proies. En effet, des extraterrestres sont en panne et cherchent de l’aide. Comment les mafieux vont-ils appréhender cette Rencontre du troisième type ?

Avec Roadkill, deuxième chapitre de Space Connexion, le lecteur part ensuite plusieurs milliers de km au nord dans la vaste campagne peu peuplée des Etats-Unis. Dans une ferme décrépie, on découvre une famille de rednecks habituée à la dureté de la vie quotidienne. Le père est une massive brute violente et sans cœur qui frappe son fils trop sensible et possiblement complètement idiot. C’est pourtant le plus jeune qui va rencontrer l’extraterrestre. Dans la troisième nouvelle, nous découvrons un lanceur d’alerte mais du futur. Ce voyageur temporel vient dans le passé pour prévenir un ami d’une menace extraterrestre. En effet, si l’environnement est ravagé et que le monde est en guerre nucléaire en 2078, ce n’est pas notre faute. Le voyageur aurait cependant gagné à mieux préparer son voyage…

Plusieurs récits mais une même vision

space connexion

Comme le montre les résumés précédents, les différentes nouvelles du deuxième tome de Space Connexion sont très différentes dans le cadre géographique et les personnages. Cependant, on peut déceler plusieurs liens. Tout d’abord, l’humour est toujours présent même si la conclusion de la nouvelle peut être sinistre. Ensuite, les auteurs de Space Connexion jouent avec les attentes du lecteur. On s’attend à la violence des aliens car c’est ainsi dans le plupart des films. Spielberg est d’ailleurs cité dans un dialogue. Cependant, dans plusieurs nouvelles, les véritables monstres sont sur Terre. Le récit repose souvent sur des dualités, par exemple entre la violence et le pacifisme.

Le lien est enfin assuré par le dessinateur Romain Baudy. Ses extraterrestres ressemblent souvent à des insectes. Dans Alien traficante, ce sont des mantes religieuses géantes et roses. Les logements des aliens dans le troisième chapitre de Space Connexion sont des champignons modernisées. On peut voir en bonus ses recherche sur les personnages. Le style de Baudy est toujours aussi agréable à regarder. Il a un côté moderne avec des visages légèrement caricaturés évoquant le tag. Les décors sont certes simples mais précis et installent avec justesse l’ambiance. La mise en page reprend le cadrage classique du franco-belge : de petites cases et des personnages assez petits dans des décors vastes. Mais Baudy nous offre aussi de splendides doubles pages comme celle des effets de la drogue sur le premier chapitre. Son style est bien mis en valeur par les couleurs vives et même fluos du Studio Arancia.

Dans cette suite de Space Connexion, chez Glénat, l’humanité fait toujours preuve d’autant de médiocrité face à des enjeux cosmiques. Tout ne finit pas mal mais la morale est à chaque fois explosé de rire par les situations absurdes d’Eldiablo et les dessins très réussis de Romain Baudy.

A défaut de croiser des aliens, vous pouvez trouver sur le site la chronique du premier volume et We Only Find Them When They’re dead, une autre série de science-fiction.

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