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      Critique de Baron Noir, la nouvelle création originale de Canal +

      Baron Noir, la nouvelle série création originale de Canal +, dont les deux premiers épisodes ont été diffusés lundi soir, nous a suffisamment intrigués pour qu’on s’y intéresse de près.

      Synopsis:

      L’épopée politique et judiciaire de Philippe Rickwaert, député-maire du Nord, porté par une irrépressible soif de revanche sociale. Lors de l’entre-deux tours des élections présidentielles, il voit son avenir politique s’effondrer lorsque son mentor, le candidat de gauche, le sacrifie pour sauver son élection. Déterminé à se réinventer une carrière, Philippe va utiliser élections et temps forts politiques pour s’imposer pas à pas, contre celui qui l’a trahi, mais fort d’une alliance nouvelle avec la plus proche conseillère de son ennemi.

       

      L’histoire de Baron Noir.

      Baron noir est une série sur la politique française. Le premier épisode démarre très fort, mettant en scène Philippe Rickwaert (Kad mérad), bras droit de Francis Logier (Niels Arestrup), candidat socialiste à la présidentielle, la semaine précédent le second tour des élections. Alors que l’on voit une certaine complicité entre les deux personnages, cette relation, à la fois professionnelle et amicale, va prendre un tournant inattendu. Finalement, c’est entre ces deux personnages charismatiques que l’histoire va prendre forme, non plus sous le signe de l’amitié, mais bien celui d’une bataille politique.

      Baron Noir nous emmène là où nous n’avons pas encore eu l’occasion d’aller aujourd’hui avec les productions françaises. Si les américains et les britanniques se sont déjà lancés à maintes reprises dans les séries politiques, au point d’en faire d’ailleurs un thème particulièrement apprécié par les spectateurs, Canal + a pris le pari de nous livrer une série politique française, bien ancrée dans le contexte actuel.

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      Prendre le pari de créer une telle série est une chose, mais réussir ce dernier en est une autre. Chose surprenante, et dont Baron Noir peut se vanter, c’est que l’on se surprend à apprécier découvrir cet univers « pourri », sans pour autant être préalablement passionnés par la politique. Et c’est ce qui fait la force de Baron Noir, à la vue des deux premiers épisodes tout du moins. Cela est dû en premier lieu à une excellente écriture de scénario. Sans entrer dans une certaine complexité qui pourrait habituellement caractériser le monde politique, Éric Benzekri et Jean Baptiste Delafon nous ont pondu un scénario accessible, mais surtout qui intrigue, et donne envie d’en découvrir à chaque fois un peu plus. D’un bout à l’autre des épisodes, que ce soit par l’histoire en elle-même, mais aussi les discours délivrés par les protagonistes, on sent une maîtrise parfaite du sujet. Rien d’étonnant à cela, lorsque l’on sait que Eric Benzekri a longtemps milité en politique, et même écrit des discours pour le PS.

      Un oeil nouveau sur la réalisation.

      Il faut être honnête, nous (les français) sommes très critiques avec les productions françaises, dans le cinéma d’abord, mais surtout à la télévision. Si une chaîne française a réussi jusqu’à aujourd’hui à nous surprendre par la qualité de ses scénarios et de la réalisation, c’est bien évidemment Canal +. Depuis plusieurs années maintenant, la célèbre chaîne cryptée nous gratifie chaque saison de nouvelles séries originales, et dans la plupart des cas de qualité, sous l’appellation « création originale« .

      Baron Noir est une autre création originale Canal +. Même si sous certains aspects encore, elle ne semble pas parvenir à se détacher de cette identité visuelle qui caractérise les séries tout droit sorties de l’hexagone, pour ce qui est de la réalisation tout du moins, on se rend très vite compte de l’excellent travail établi par Ziad Doueiri (L’Attentat) pour créer une atmosphère oppressante, et ainsi immerger le spectateur, déjà visuellement, dans cet univers si sombre et particulier. Certains diront que Dunkerque, ville ouvrière, où ont été tournés en partie les épisodes, s’y prête bien. À juste titre certainement. On soulignera malgré tout le bon équilibre trouvé par le réalisateur pour exposer Dunkerque, ville de Province, et Paris, capitale française. Les transitions entre chacune d’elles sont parfaitement coordonnées, et nous offrent des changements d’ambiance qui passeraient presque inaperçu.

      Kad Mérad en Baron Noir, une excellente surprise.

      Évidemment, pour chacun, imaginer Kad Mérad interpréter le rôle d’un politicien semble au premier abord très surprenant. On imagine difficilement peut-être l’acteur doté du charisme nécessaire pour endosser un tel personnage. Pourtant, si Baron Noir intrigue avant même de l’avoir vu, c’est en grande partie à cause, ou plutôt grâce, à l’acteur. Si le scepticisme est le sentiment qui nous animait au préalable, c’est dorénavant avec stupeur que l’on découvre au travers des deux premiers épisodes un Kad Mérad incroyablement vrai et juste dans le rôle de Philippe Rickwaert, alias le Baron Noir. Ce début de saison nous dévoile une palette d’expressions encore pour le moins inconnues de l’acteur. Nul doute que la fin du premier épisode, lorsque Francis Logier déclarera à propos de Rickwaert: « C’est un dingue ce mec…c’est un fou dangereux... », et l’on verra dans le même temps la main d’une personne s’avançant, d’un pas décidé, avant de découvrir le visage de Rickwaert de face, le regard sûr, à moitié dans l’ombre pour un jeu de lumière prenant, instaurera en chacun de nous un sentiment étrange d’oppression et même…d’excitation.

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      On peut même souligner l’excellent choix de casting pour l’ensemble des protagonistes. Niels Arestrup incarne à la perfection le politicien sûr de lui, à tel point que le rôle aurait pu être écrit spécialement pour lui. Que ce soit par la voix, les intonations et les expressions de visage, on ressent l’hypocrisie et l’ambiguïté qui caractérise le personnage qu’il joue.

      Anna Mouglalis (Amélie Dorendeu), qui même si elle semble pour le moment peu présente, devrait voir son rôle prendre un peu plus d’importance dans la suite de la saison. Issue de la bourgeoisie parisienne, son entente avec le Baron Noir est dès le départ très tendue. Mais dès le second épisode, on sent que certaines des déclarations qu’a pu lui faire Rickwaert à propos de leurs méthodes l’ont pour le moins troublée. Quoi qu’il en soit, là encore, le jeu est juste, et le personnage intriguant.

      On est également surpris par l’excellent jeu d’acteurs des personnages « très secondaires » tels que le chef de syndicat, ou encore une grand mère dans les bureaux du parti, alors que la scission avec le parti socialiste dont il était membre vient clairement d’être annoncée par Rickwaert. Cette scène respire une certaine improvisation, qui rend le tout complètement naturel.

       

      En conclusion, Baron Noir est une série qui surprend, très agréablement. Si l’on regarde en premier lieu par curiosité, on se surprend très rapidement à apprécier. Nulles longueurs malgré le thème abordé dans cette série qui doit son efficacité à l’ensemble de l’équipe. Une écriture soignée, accessible et réaliste, une réalisation prenante avec un rythme soutenu, et des jeux d’acteur tous très bien orchestrés, font de Baron Noir un véritable concurrent à « Marseille », la toute première création française de chez Netflix. Cette dernière abordera elle aussi la politique. Forcément, la comparaison sera de mise entre les deux.


      BARON NOIR – Premier teaser par CANALPLUS

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