Portrait : Lo Bailly, la force des mots

Interview de l'artiste belge pour la sortie de son premier album

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Avec une grande sensibilité et des textes forts teintés de naturalisme, l’univers musical de l’artiste belge Lo Bailly ne peut que toucher son auditeur en plein cœur. A l’approche de la sortie de son 1er album Prosaïque, il répond à nos questions.

Présente-toi, s’il-te-plaît.

Moi c’est Lo Bailly, je viens de Bruxelles, je suis franco-belge, je fais de la musique depuis déjà un petit temps. J’ai sorti mon premier EP y’a 2 ans et cette année je sors mon premier album.

Tu peux me parler de ton parcours ?

Je viens pas du tout d’une famille de musiciens, j’ai commencé le piano un peu par hasard. Y’avait un vieux synthé qui traînait chez mes parents et je l’ai allumé un jour, et j’y ai pris goût. Et petit à petit j’ai commencé à vouloir apprendre des morceaux que j’aimais bien, c’est comme ça que j’ai compris comment se composaient les morceaux, quelles sont les premières ficelles de base de la musique. De fil en aiguille je me suis aussi mis à la production électronique un peu plus tard. Le plaisir d’écrire je l’ai chopé en même temps que la passion pour la musique et le piano, j’ai assez rapidement dans mon adolescence commencé à écrire des choses, et très naturellement j’ai mis les deux ensembles.

T’es vraiment un autodidacte, au final.

Oui, plutôt autodidacte. J’ai eu quelques premières bases où on m’a expliqué ce que c’est un accord, comment on pose ses doigts sur un piano mais sinon pour le reste j’ai tout appris tout seul ouais.

Justement je voulais te demander quel rapport tu entretiens aux mots parce que dans ton travail c’est ce qui ressort le plus, t’as des mots très forts qui sont très bien choisis, très justes…

Pour moi c’est un petit peu le principal donc ça me fait plaisir que tu me dises ça. C’est vrai que pour sortir un morceau j’ai besoin d’être convaincu par le texte qui va dessus, si je trouve l’instru géniale mais que j’ai l’impression que mes mots sonnent creux ça sortira pas. J’ai grandi en écoutant du MC Solar, du IAM, du Damien Saez. Ce sont des artistes chez lesquels l’écriture est centrale. Dionysos aussi, je pense que le côté narratif des histoires que je raconte doit venir un petit peu de ça. J’adore chercher, quand j’entends un mot soit que je ne connais pas soit que je connais et qui fait tilte dans ma tête je vais le noter quelque part et au fur à mesure des jours, des semaines, des mois parfois des années même, je vais continuer à gratouiller autour, essayer de développer un peu des idées, d’avoir une trame jusqu’à raconter quelque chose.

Et certains thèmes te tiennent à cœur ?

Dans mon projet je parle quand même souvent d’une sorte de fuite, de vouloir quitter l’endroit où on est mais en même temps d’avoir très peur de quitter cet endroit, donc je pense que y’a un paradoxe psychologique à ce niveau-là. Donc ouais, la recherche de quelque chose de meilleur avec la peur de quitter ce qu’on a déjà, la peur de l’inconnu. J’aime aussi beaucoup partir de personnages, créer des personnages et faire une narration autour d’eux en essayant de rendre le truc le plus imager possible, vraiment essayer de faire en sorte qu’on puisse visualiser ce que je raconte, que ce soit comme une peinture.

Tu t’es déjà intéressé à d’autres formes d’écritures comme la poésie, la nouvelle, le roman ?

Non, pas encore. Je pense que dans ce que j’écris y’a une forme qui peut s’approcher de la nouvelle. Le roman non, pourtant au fur et à mesure que je grandis je prends de plus en plus le goût de la lecture, alors qu’avant j’étais un fainéant de la lecture. A mon avis ça viendra un jour mais je pense que pour l’instant j’ai pas encore la patience d’écrire des longs trucs. Les choses que j’écris sont assez courtes et se tiennent comme ça pour l’instant.

Est-ce que tu considères ton œuvre comme existentialiste ? Dans le sens où ça fait réfléchir sur la vie, pourquoi on est là et comment on ressent le poids de l’existence.

Ca me parle à fond. Le terme qui me vient plus spontanément c’est une forme de naturalisme un peu comme Stendhal dans le Rouge et le Noir. Naturalisme, partir sur le réel. J’écoute aussi de la musique ego trip, je suis aussi très consommateur de ce genre de projets artistiques. Mais c’est vrai que moi dans mon projet je préfère avoir une forme d’honnêteté par rapport à la personne que je suis, au monde qui m’entoure et je trouve du sens dans ce que je fais en me disant que c’est un peu un témoignage du monde dans lequel je vis ; après je me dis que chaque artiste, ce n’est jamais qu’un témoignage du monde dans lequel ils sont.

Comment tu te sens à l’approche de la sortie de ton album ?

Je suis trop excité, je susi trop chaud. J’ai reçu le premier template de vinyle il y a quelques jours donc je suis comme un fou. J’ai trop hâte d’y être.

L’album Prosaïque sera disponible le 21 avril. Lo Bailly sera en concert le 3 mai à l’occasion du festival Les Nuits Botaniques à La Rotonde à Bruxelles.

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