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      A la poursuite de demain redore t-il le blason de la science-fiction?

      Le dernier long métrage des studios Disney sort cette semaine. « A la poursuite de demain » est réalisé par Brad Bird déjà initiateur des réalisations « Les indestructibles » et « Mission impossible : protocole fantôme ».

      Le long métrage met en scène George Clooney dans le rôle d’un génial ingénieur ayant eu le privilège de vivre dans le futur. Le personnage principal est une jeune adolescente américaine, fille d’un ingénieur de la NASA, assez rebelle et anti-conformiste. Elle est recrutée par une petite fille qui va lui montrer Tomorrowland et l’avenir, la ville de demain. Elle est considérée comme la solution au problème mondial écologique que subit actuellement la planète Terre. Alors que l’apocalypse approche, à cause de cataclysmes mondiaux entrainant la disparition du monde tel que nous le connaissons, elle est le dernier espoir de l’humanité.

       

      A la poursuite de demain

      Un film écologique?

      « A la poursuite de demain » est un long métrage écologique, aux fondements intéressants et potentiellement passionnants. Il met en avant la possible disparition du monde, la décrépitude de la planète Terre. Brad Bird rappelle que le monde est au bord du gouffre et qu’il s’apprête à plonger dedans, il rappelle que le point de non retour s’apprête à être passé et que le monde court à sa perte.

      « A la poursuite de demain » cherche à toucher les plus jeunes mais aussi les adultes sur l’état actuel de la planète. Le long métrage veut inculquer à son spectateur un civisme écologique mondial. Il veut faire comprendre à son public que le monde va beaucoup plus mal qu’il ne le pense et qu’il ne le conçoit, qu’il s’apprête à être détruit par la faute de l’Homme. Brad Bird signe un film engagé, au fond louable et complètement légitime et défendable. De cette base, de cet horrible cataclysme qui se rapproche à grand pas de l’Homme, le réalisateur s’offre quelques voyages temporels relativement divertissants. Une véritable course contre la montre s’engage, la fin du monde est un véritable compte à rebours beaucoup plus court que prévu.

      Dans le long métrage, l’apocalypse est prévue dans un peu plus d’un mois. Il existe cependant un moyen de sauver le monde. Un futur a été créé. Un monde moderne, écologique et accueillant. Hugh Laurie (alias docteur House) est le chef de ce monde, il s’agit d’un robot créé par des ingénieurs humains. Mais alors que ce monde était censé accueillir l’humanité avant la destruction de la Terre, le personnage de Hugh Laurie s’est refusé à entamer une telle action. N’ayant pas confiance en l’espèce humaine, n’ayant pas confiance en leurs agissements et étant persuadé que ces derniers détruiraient également ce nouveau monde, Hugh Laurie a refusé d’inviter l’humanité à Tomorrowland.

      A la poursuite de demain

      Un casting à la hauteur?

      Ainsi, on a une adolescente censée être unique, repérée par un robot de cet autre monde. Elle sera la clé du problème qui permettra de trouver la solution. Vient ensuite George Clooney, le vieil ingénieur qui a perdu l’espoir d’un monde meilleur. Ces trois personnages vont être réunis, utiliser leurs efforts en commun pour sauver le monde d’un cataclysme sans précédent.

      La base de « A la poursuite de demain » est suffisamment intéressante et prenante pour offrir un long métrage de qualité. Mais le scénario n’est pas suffisamment étiolé pour être complètement performant et permettre à Brad Bird d’en faire réellement quelque chose de passionnant.

      Le long métrage veut se lancer dans des voyages temporels et dimensionnels sans réellement préparer son spectateur à de tels événements. Ainsi, le flou reste présent quant au véritable statut de Tomorrowland. S’agit-il du futur terrestre ou d’une ville d’une autre dimension ?

      Quant aux voyages temporels ils ne restent que trop peu expliqués ou exprimés de manière profonde, honorable, scientifique ou philosophique. Brad Bird utilise ce concept pour surfer sur la vague de succès des voyages temporels. Mais ceux-ci, à part en tant que simple moyen de transport, ne sont pas mis en valeur et utilisés de manière originale. Le scénario met ensuite en avant certains phénomènes scientifiques et de fictions de manière assez gratuite, simplement pour créer des situations et des péripéties. Ces petits détails en apparences insignifiants font parfois du long métrage un film fade, aseptisé et superficiel qui se refuse de traiter en profondeur des fondements classiques, cultes et passionnants de la science fiction moderne. Le long métrage se concentre d’avantage sur les scènes d’action que l’utilisation intelligente et travaillée des fondements de science-fiction qu’il vient soulever gratuitement et sans en tirer le moindre profit scénaristique, dialoguiste ou philosophique.

      Brad Bird choisit classiquement de prendre une adolescente en personnage principal. Pour toucher la tranche d’âge adolescente, le réalisateur choisit de tomber dans le banal. Alors que le personnage est censé être unique et combatif, la jeune femme est surtout terriblement agaçante. Le scénario lui a décerné le rôle de la curieuse agaçante et inlassablement bavarde. Ainsi, le spectateur découvre un personnage qui monopolise à la fois l’écran et les dialogues, qui parle sans arrêt et interrompt les autres personnages en permanence et ce dès les premières minutes du film. Cela est assez cocasse au début, grâce à quelques répliques bien senties, mais très vite ces situations et ces coupures de conversation ou ces incessantes questions deviennent très lourdes et fatigantes. Le personnage finit par devenir lui aussi antipathique. En cherchant à faire un personnage permettant de donner du rythme et de l’intérêt au long métrage, Brad Bird a créé simplement un protagoniste qui vide totalement la force du spectateur. Mais le plus frustrant dans cette histoire c’est que ce personnage à cause de ses incessantes questions n’obtient que peu de réponses. Pourtant, ce personnage aussi bavard soit-il pose des questions pour le moins utiles et intéressantes pour la compréhension des subtilités du film. Mais le réalisateur s’abstient de donner des réponses convenables et pertinentes qui auraient pu permettre une meilleure approche du long métrage.

      A la poursuite de demain

      Un long-métrage dans la lignée des Disney?

      George Clooney est quant à lui à l’aise dans son rôle, convaincant et appréciable dans son personnage de scientifique à la retraite. Pour le reste, « A la poursuite de demain » n’évite pas les sujets communs et pratiquement impossibles à esquiver des productions Disney, à savoir l’amour, la perte et la renaissance de l’espoir comme source intarissable de réussite et de succès. Mais « A la poursuite de demain » est en réalité un long métrage suffisamment efficace pour divertir complètement son spectateur.

      Brad Bird arrive à vendre son scénario bancal pour en faire un petit blockbuster pour jeunes adolescents. Dans un souci d’altruisme, Disney s’est essayé à la sensibilisation écologique ce qui est tout à son honneur. Le résultat est relativement atteint, de manière quelque peu rudimentaire mais attachante. « A la poursuite de demain » traite d’un sujet malheureusement d’actualité et très utile, est une production qui offre des péripéties moins idiotes que certains autres longs métrages similaires. Une semi réussite donc.

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