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      Le comic book : histoire d’un phénomène culturel

      Les personnages de comic books, notamment les super-héros de chez DC comics et Marvel comics, sont aujourd’hui bien connus du grand publique. Un succès que l’on doit en grande partie aux blockbusters hollywoodien dont ils sont les vedettes. Tout le monde a déjà entendu parler de Superman, Spider-man ou Iron Man, mais connaissez-vous les origines du comic book ?

      Du papier et de l’encre

      Journaux et Dime novels

      Nombreux sont les personnes qui pensent que le comic book est né en 1938 lorsque Superman a vu le jour. Le héros à la cape est certes le premier super-héros, mais l’origine du comic book est bien plus ancienne. C’est en fait en 1842 que tout commence.

      Dans The adventure of Mr. Obadiah Oldbuck, paru dans le n° 9 de Brother Jonathan, on peut déjà voir un ancêtre de nos comic books moderne. Pourtant, ce titre de quarante pages n’a pas beaucoup de points communs avec les comics tels que nous les définissons de nos jours. L’ouvrage nous propose une suite de dessins, mais on ne trouve aucune bulle de parole et les actions sont simplement évoquées au bas de chaque case. De plus, il s’agit là d’une réédition, l’œuvre originale étant attribué au suisse Rodolphe Töpffer.

      En vérité, le premier ouvrage dessiné par un américain date de 1849. Réalisé par l’illustrateur Jeremiah Saddlebag, Journey to the Gold Diggins se présente dans un petit format de soixante-huit pages. Le récit s’inspire de la ruée vers l’or qui a débuté l’année précédente.

      Au 19eme siècle, l’intérêt pour ces « bandes dessinées » reste relativement modéré. Cela est dû au prix de vente qui est alors vingt-cinq fois supérieur à celui d’un journal quotidien. De plus, la publication de ce nouveau type d’ouvrage est fortement concurrencée par celles des « Dime Novels », de petits assemblages de nouvelles ou de romans, vendus pour seulement dix cents.

      Un goût pour les images

      La guerre de Sécession (1861-1865) et l’afflux d’immigrants favorisa l’essor de la presse aux États-Unis. Friand d’informations, la population se passionne pour les comptes rendus d’opérations que de grands magazines comme Life ou Truth prennent l’habitude d’illustrer de photographies ou de dessins. C’est durant cette période que se développe le marché des journaux en couleurs, ainsi qu’un certain goût pour le dessin humoristique. La maison d’édition White, Stokes & Allen fut sans doute la première à proposer des livres cartonnés reproduisant des dessins d’humour. Cependant, ils n’obéissaient encore à aucune véritable règle de conception.

      C’est seulement à partir de 1919, avec l’éditeur Cupples & Leon, que s’impose progressivement auprès du public et des éditeurs concurrents une manière de faire. En effet, l’éditeur systématise un mode de présentation à travers la diffusion d’ouvrages au format carré, de 25 cm de côté, dont les quarante-deux pages en noir et blanc, brochées ou reliées, se vendent dans les kiosques pour la somme de 25 cents. Au vu de la somme demandée, ces récits restaient pour autant destinés à une classe moyenne.

      L’avènement des pulps fictions

      De la bande dessinée pour tous

      Durant les années 1910, le marché est considérablement bousculé par l’arrivée d’un nouveau venu, le « Pulps Magazine », un type d’ouvrage bon marché vendu entre cinq et dix cents. Le premier fut réalisé par Frank Munsay avec la volonté de s’adresser aux classes populaires, un lectorat jusqu’alors inexploité. Pour garantir un prix de vente peu élevé, les promoteurs de ce type d’ouvrage avaient recours à une technique de fabrication particulière fondée sur l’emploi de pâte de bois (« wood pulp »). Les Pulps, qui présentent un format et un nombre de pages bien supérieurs à ceux des Dime Novels, étaient agrafés et se distinguaient par d’attrayantes couvertures en couleurs, des couvertures que nous retrouvons aujourd’hui sur nos comics modernes.

      En 1915, parut Detective Story Magazine, le premier des grands Pulps consacrés aux fictions policières.

      À la suite de ce titre emblématique, le Pulp Magazine se développa pour finalement aborder tous les genres : l’horreur avec Weird Tales en 1923, la science-fiction avec Amazing Stories en 1926, la guerre, le sport…

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

      The Shadow, l’ombre de la justice

      Les pulps connurent un succès durable à partir de 1931 quand Street & Smith publièrent The Shadow – A Detective Magazine, mettant en scène un justicier masqué qui, s’il n’était pas le premier de son espèce, sut séduire les lecteurs grâce à son rire d’outre-tombe et ses pouvoirs hypnotiques. Si vous ne connaissiez pas déjà le personnage de The Shadow, sachez qu’il a inspiré les auteurs d’un autre héros devenu célèbre et ce n’est autre que Batman !

      It’s a bird, it’s a plane, it’s a Comic book !

      De la lessive pour un comic

      En 1929, lors de la grande dépression, de nombreuses publications sont contraintes de s’arrêter. Néanmoins, les Pulps Magazines survivent grâce à leur prix de vente abordable et la capacité d’adaptation de certains éditeurs. En effet, c’est à cette période qu’une synergie s’opère entre les maisons d’édition et un autre média naissant, la radio. Avec l’augmentation du nombre d’auditeurs, les programmes se diversifient. A la musique, aux informations, s’ajoutent des émissions d’humour, des fictions contées, ou encore des énigmes policières. Dans un sens, ces programmes radiophonique sont les ancêtres de nos podcasts modernes. Grâce à ce nouveau mode d’expression, les éditeurs peuvent promouvoir leurs produits et inciter les lecteurs à l’achat.

      C’est dans ce contexte que naît le Comic Book ! Cet ouvrage accessible et attrayant, se veut l’équivalent graphique des Pulps magazines. Entièrement composés d’aventures illustrées, ces fascicules imprimés en couleurs, apparaissent dès 1933. Cela, dans le but de servir la politique commerciale de la société Procter and Gamble. Ainsi, l’unique numéro de Funnies on Parade s’obtient en échange de quelques bons obtenus sur les paquets de lessive de la marque.

      L’avènement d’un modèle

      En 1934, Malcom Wheeler-Nicholson, crée National Allied Publication, une société spécialisée dans la publication de magazines illustrés. Quelques mois plus tard, la jeune maison d’édition publie le premier numéro de New Fun comics. Un magazine d’aventure et d’humour, dont les quatre-vingt-quatre pages en couleurs sont vendues pour une somme modique.

      Voici un magazine d’histoires illustrées plein de rires et de sensations fortes, des personnages comiques de toutes les couleurs, des chevaliers et des vikings d’autrefois, des héros aventuriers, des détectives, des aviateurs casse-cou d’aujourd’hui et des héros surhumains des jours à venir ! – Malcom Wheeler-Nicholson

      Dès 1937, de nouveaux titres apparaissent, comme Detective comics, mais la société est en déficit. Lorsque paraît le premier numéro d’Action comics, en avril 1938, Malcom Wheeler-Nicholson n’est plus propriétaire de sa société. Une société alors rebaptisée Detective Comics Inc. (l’ancêtre direct de DC Comics !). Avec Action Comics n°1, apparaît le personnage de Superman, création de deux jeunes artistes, Joe Shuster et Jerry Siegel. Grâce à ce personnage, les deux hommes définissent les caractéristiques d’un nouveau type de héros. Un héros moderne aux capacités surnaturelles, qui comme Zorro, né quelques années auparavant, dissimule son identité derrière un costume facilement identifiable.

      Avec Superman, Detective comics donne naissance au genre du super-héros. Par la suite, d’autres maisons d’édition comme Timely comics (l’ancêtre de Marvel comics), créent leurs propres héros costumés. Ensemble, ils vont faire du comic book le monument culturel que nous connaissons aujourd’hui, mais ça, c’est une autre histoire… 

      Goblinleader96
      Collectionneur de comics depuis l'enfance, je suis également l'auteur d'un mémoire sur la représentation historiques dans les comic books américain. L'univers geek c'est mon rayon, les super-héros c'est mon truc, mais pas que !

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