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    I saw the devil : Ces films coréens géniaux que vous avez raté

    Jee-Woo Kin est un réalisateur incroyable. De film en film, il a réussi à toucher presque tous les sujets. Le drame familial dilué dans la sauce terreur, Deux Sœurs, très Alejandro Amenábar.  Le thriller fataliste et chef d’œuvre A Bittersweet Life. Le western-spaghetti transféré en Chine,  Le Bon, la Brute et le Cinglé . Ou The Age of Shadows, sur l’occupation japonaise.

    I saw the devil pourrait être dans la lignée de ce que la Corée du sud se complaît à reproduire depuis ces dernières années. A savoir, le thriller ultra violent où il est question de vengeance ou de règlement de comptes. Ou les deux. Ici, une nouvelle donne s’ajoute : le gentil n’est pas si gentil que ça.

    Jee-Woo Kin confronte deux bêtes sauvages qui jouent au chat et la souris à tour de rôle, explore tout le mal inimaginable, concentré dans la peau d’un serial-killer. C’est une nouvelle étude sur la réalisation du mal poussé à l’extrême limite. Et puis, il ne va pas de main morte. Vous en verrez de toutes les couleurs, rouge, de préférence.

    L’histoire

    Un serial killer viole, découpe et tue (par cet ordre) la fiancée d’un agent secret. Celui-ci jure de se venger et une traque impitoyable commence. Cependant, il le relaisse partir dès qu’il réussit à l’attraper.

    Fiche technique

    Réalisateur : Jee-woon Kim
    Scénario: Park Jung Hoon
    Photographie: Lee Mo-gae
    Année : 2010
    Pays : Corée du Sud
    Durée: 141 min.
    Langue : coréen
    Avec : Lee  Byung-hun, Min-sik Choi

    Impressions sur I saw the devil

    Trop, trop. Peut-être que même certains d’entre vous vont regarder des scènes du coin de l’œil. Ou ne pas les regarder du tout. Ames sensibles s’abstenir. I saw the devil, qui a été défini comme « dévastateur et sadique » est sans aucun doute l’un des films les plus violents que vous n’aurez jamais vu de toute votre vie. Et puis, 141 min c’est long !

    Ici, il n’est pas question de qui va finir avec qui, mais le jeu. Ces 141 minutes se tiennent par une interprétation des plus époustouflantes des deux acteurs principaux (les actrices féminines sont juste là pour se faire découper dans les plus atroces souffrances, oh, mince, je viens de vous raconter les trois quarts du film…!). Choi Min-Sik (Oldboy, Sympathy for Lady Vengeance) incarne le plus infamant des psychopathes (et ce n’est rien) avec une férocité propre d’une hyène enragée. Le Joker, que Dieu ait son âme, était un enfant de cœur à côté de lui.

    Jee-woon Kim s’est appliqué à nous montrer deux hommes complètement opposés. L’un est un animal acharné, habillé n’importe comment, taches de sueur, transpiration et autres, assorties à ses yeux vides et ses cheveux dégoulinants. C’est la crasse, la saleté, l’abomination. Plus crédible dans son rôle de diable que d’autres acteurs ou figures fantastiques. Enfin, la gamine de « L’exorciste » était à vomir, ou Robert de Niro avec ses ongles parfaitement limés dans « Angel heart« , très effrayant. (Et cet œuf dans les mains représentant l’âme, l’horreur)

    Mais plus le film avance, plus on se demande qui a vu le diable, et surtout qui est le diable. Lee Byung-Hun, vous le connaissez. Il s’agit de l’homme derrière le masque noir de Squid game. Avec cette beauté d’éphèbe (dur) qu’il se trimballe, il incarne cette fois-ci un agent secret assez exécrable aussi dans son genre. Parfaitement habillé, propre, impeccablement rasé et coiffé, il jure sur le bric-à-brac de la dépouille de sa fiancée, d’infliger mille fois la souffrance qu’elle a subi au tueur. Alors, la chasse commence.

    Lui aussi est un animal plus qu’enragé. Calculateur, sûr de lui. On se demande s’il a été pris d’une folie passagère ou s’il était déjà un homme violent. Mais J’ai rencontré le diable n’est pas un film qui lorgnerait dans la finesse et se permettrait des approfondissements dans l’analyse. On s’en fout de pourquoi un chat joue avec une souris. Ce qui compte c’est que c’est hypnotique. Et obsessionnel. Plus la souris comprend qu’elle va mourir, plus le chat s’excite.

    Lee Byung-Hun, acteur fétiche de Jee-woon Kim est capable, rien que par ses expressions (n’oublions pas, à l’asiatique, donc assez discrètes), nous faire ressentir le moindre de ses sentiments. Plus expressif que Batman, (dont les influences du dernier épisode, « The Dark Knight » du réalisateur britannique Christopher Nolan, se font sentir dans I saw the devil) il est aussi plus entier, plus dynamique. Avec ce charisme qui le caractérise, il nous amène avec lui dans sa vengeance diabolique.

    Fin bâclée, des points qui auraient pu être plus développés, trop de carnage, I saw the devil est néanmoins une expérience innovante par le sujet mais aussi par la façon de filmer. Presque toujours à l’intérieur d’une voiture accentuant la peur de l’autre, I saw the devil est « quand même » un tournant du cinéma coréen.

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