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      Deauville 2017 – « The Rider » de Chloé Zhao : Une fable sur les cow-boys des temps modernes

      Le Festival du Cinéma Américain de Deauville continue et nous emmène dans le monde des cow-boys avec The Rider. Réalisé par Chloé Zhao, The Rider relate l’histoire de Brady, jeune cow-boy ayant survécu à une grave blessure à la tête. Privé de sa passion qu’est le rodéo, celui-ci commence alors à se reconstruire tout en se cherchant une nouvelle identité. Contemplatif et sensoriel, The Rider nous présente l’amour du rodéo et de sa pratique, au cœur de l’Amérique profonde.

      Un thème original

      The Rider aborde un thème peu connu du public non-américain : le rodéo. Et quand bien même le public serait américain, beaucoup de citoyens des USA ne sont pas non plus familiers avec cette pratique. Le film dénote donc tout particulièrement de par son sujet si peu abordé. The Rider nous fait non-seulement découvrir la passion pour le rodéo, mais également les détails qui entourent sa pratique. Le dressage des chevaux, les postures à avoir sur la bête, la façon d’enfiler l’équipement… Tous les petits détails qui semblent tant tenir à ces dresseurs. Si la pratique du rodéo est discutable et peut faire l’objet de débats, là n’est pas la question dans ce film. Ici, seule la pratique compte. Monter à dos de cheval ou de taureau et ne pas s’en faire éjecter est présenté comme une passion, une façon de vivre. Il est appréciable de découvrir, via le cinéma indépendant, ce genre de passions différentes de ce que nous avons l’habitude de voir. 

      Il est également appréciable de découvrir de quelle manière vivent ces cow-boys des temps modernes. Si le rodéo est inscrit dans leurs gènes, cette pratique s’inscrit dans un mode de vie bien plus large, autour des chevaux et des fermes dont ils s’occupent. Ce n’est donc pas seulement une passion que nous découvrons, mais tout un mode de vie, avec les difficultés que cela apporte parfois. 

      Une mise en scène lente et contemplative

      The Rider est un film très contemplatif, nous laissant le temps d’apprécier chaque détail de ses environnements. Cela vaut notamment pour les vastes plaines ainsi que pour les chevaux. Ces derniers sont présentés dans les moindres détails et font presque office de créatures mythiques, tant Brady semble y être attaché. Nous pouvons d’ailleurs suivre durant des scènes entières la façon dont il dresse les montures, ainsi que l’adresse dont il fait preuve. Cette façon de mettre en scène permet de ressentir les mêmes émotions que le personnage principal, tout en nous laissant admirer les paysages grandioses servant de décors. Les plans nous laissant profiter des paysages ne sont pas sans rappeler Merrick, présenté lors du Champs-Elysée film Festival cette année, bien que The Rider ne soit pas aussi impactant que ce dernier en terme d’imagerie. 

      Un problème d’attachement aux personnages

      Peut-être est-ce le principal défaut de The Rider. L’attachement émotionnel aux personnages est particulièrement compliqué. Il est surtout trop tardif. En effet, il faut attendre la toute dernière partie de film pour que les personnages nous apparaissent comme étant un minimum sympathiques. Bien évidemment, cela est volontaire du fait du parcours initiatique de Brady. Cependant, il est difficile de s’impliquer dans les dilemmes d’un personnage, quand celui-ci est constamment apathique.

      Heureusement, la fin nous permet de réellement nous attacher à ce protagoniste. Cela est dû notamment à la relation qu’il entretient avec son ami séjournant à l’hôpital, pour qui il semble vouer un amour sans bornes. C’est également le cas grâce à sa petite sœur handicapée mentale, qu’il veut protéger par-dessus tout. Les seuls personnages appréciables dès leur arrivée sont probablement les amis de Brady, qui s’inquiètent réellement pour lui tout en continuant d’admirer le dresseur qu’il est. 

      Si l’ambiance et les personnages de The Rider ne conviendront pas à tous les publics, ce film est à découvrir pour son sujet original, le rodéo étant un univers méconnu par beaucoup d’entre nous. Après tout, il est toujours bon d’élargir sa culture, notamment concernant les traditions venant des pays étrangers. 

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      Robin Uzan
      Journaliste, photographe et réalisateur indépendant, écrire pour Justfocus est un de mes plus grands plaisirs. Bonne lecture !

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