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      Space Bastards ou les livreurs du futur

      Que diriez-vous si votre livreur ou votre postier arrivait couvert de sang ? Vous seriez sans doute choqué. Pourtant, dans le futur de Space Bastards c’est totalement légal…

      Une Poste imprévisible et sanglante

      Dans le futur de Space Bastards, édité par H1 Originals chez les Humanoïdes Associés, il existe un Service Postal Intergalactique rapide mais, dans une société où le chômage explose, les livreurs s’entretuent pour un colis car plus le colis change de porteur, plus son coût de livraison augmente et donc plus le livreur survivant gagne d’argent. Le postier peut donc faire fortune en quelques jours… s’il survit. Le lecteur pénètre ce monde particulièrement étrange par David, un jeune cadre viré de sa multinationale. Une pub le convainc de rejoindre le un Service Postal Intergalactique où il devient le stagiaire de Manicorne, un livreur extraterrestre. Cependant, David est très maladroit et trop doux… mais il va très vite apprendre. Cet épisode qui lance l’ambiance de la série présente aussi une folle galerie de livreurs.

      La folle équipe des Space Bastards

      Cette histoire est d’ailleurs née autour de la naissance de David Proton que le scénariste Eric Peterson dessinait pendant ses cours en 6e. Un dossier très complet en fin de volume reprend l’histoire de son projet. Avec l’autre auteur, Joe Aubrey, ils en font trois courts métrages complètement ratés selon eux. Ce projet leur tient tellement à cœur qu’ils continuent mais la galère continue. Ils lancent avec succès un projet de comics en crowdfunding mais le premier dessinateur se barre. L’histoire devient étrange – mais également douteuse – car le dessinateur Darick Robertson serait venu les sauver au milieu d’un désert. On en sourit mais il est indéniable que le talent du dessinateur de Transmetropolitan et The Boys, est un atout de ce récit complet.

      Le deuxième épisode de Space Bastards nous fait rentrer dans les origines du Service Postal Intergalactique par la biographie de son fantasque patron. Avant de ressembler à un hippie qui aurait regardé trop de westerns, ce patron raciste se fait embobiner par un patron de casino. Il hérite de ce service postal croyant faire une bonne affaire mais il se retrouve avec quatorze millions de dettes. Ignorant totalement la morale, il trouve une solution en frappant l’intimité d’un employé. Mais, hélas, le progrès technologie menace sa belle invention.

      Anarchie et capitalisme

      Les coursiers de Space Bastards

      Space Bastards est une hilarante critique de l’ubérisation. Oubliez tous vos codes moraux ou sociaux car seul le profit compte et le pire c’est qu’on en rit. En effet, le libéralisme sauvage poussé au maximum devient absurde… et donc drôle. Certes, des images peuvent choquer les plus jeunes ou les plus prudes. Non seulement, le sang coule comme une rivière mais un livreur doit s’enlever seul un couteau planté dans le dos avec un balais de chiottes entre les dents pour ne pas crier. D’ailleurs, les lieux d’aisance reviennent très souvent y compris lors d’une réunion de travail. Tous les personnages de Space Bastards sont des salauds et pas un personnage ne permet de s’identifier. Il y a même eu un débat dans la rédaction d’H1 pour savoir s’il fallait le publier. Mais, les scénaristes ne font pas pour autant un éloge de ce service public car ils montrent les racines de la poste américaine, le Pony Express, car le bureau local est dirigé par des amérindiens et des trappeurs. Space Bastards démontre qu’une tension entre multinationales se résout par un siège militaire et des lance-roquettes. Avec cette guerre commerciale où tout est permis, le délire des scénaristes et du dessinateurs passe alors à un niveau supérieur.

      Avec Space Bastards, le duo de scénaristes novices frappe fort et sous la ceinture. Il fallait tout le talent de Darick Robertson pour mettre ce récit en image. La violence verbale et physique illustre la violence du capitalisme et démontre comment la recherche effrénée du profit se transforme en lutte à mort. Pensez-y aàvotre prochaine commande car rien ne vaut les boutiques.

      Si ce titre vous intrigue, vous pouvez retrouver un article sur une autre série du même dessinateur, Ballistic, ou Valhalla Hotel édité par Comix buro, correspondant français de ce style.

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