Le retour de la malédiction de la Silver Coin

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La pièce maléfique revient pour un deuxième tome et l’explosion créative est toujours aussi redoutable que la Silver Coin. Laissez votre porte-monnaie en lieu sûr avant de lire la chronique.

Une pièce maudite pour tous les réunir…

Silver Coin ou les méfaits des jeux
Silver Coin ou les méfaits des jeux

Silver Coin est une série d’horreur à part. Chaque chapitre est écrit par un scénariste différent. Pourtant, au fil des épisodes, le lecteur suit l’histoire d’une pièce maudite réalisée par le même dessinateur. Michael Walsh joue avec la mise en page. Dans le récit écrit par Matthew Rosenberg, la première page est construite comme si le lecteur regardait un gratte-ciel de l’extérieur avec les riches en haut et les pauvres en bas.

Dans le même épisode, sans dire un mot, Michael Walsh montre l’obsession montante d’un homme pour la Silver Coin par une image revenant régulièrement de la pièce. Être chez un éditeur indépendant, permet à l’artiste de montrer des passages très crus. Michael Walsh assure également la colorisation avec Toni Mari Griffin. Les mêmes teintes réduites dominent. Silver Coin semble exposé à un filtre bleu foncé qui n’est rompu que par le sang.

Le tome précédent expliquait l’origine de la pièce maudite. Cette Silver Coin vient de la période de la chasse aux sorcière. Un inquisiteur avait brûlé une femme. Pour se venger, elle avait lancé un sort se prolongeant dans le temps en passant de main en main. Cette femme apparaît désormais parfois aux possesseurs de la pièce et elle revient dans le dernier récit écrit par Michael Walsh. Cette pièce est un œil se nourrissant du sang de son propriétaire, mais également du mal que son possesseur fait. Elle permet à une dimension sombre de se nourrir.

Les personnages principaux de Silver Coin sont souvent des exclus ou des marginaux : un rockeur sans succès, une fillette harcelée, des jeunes délinquants, dans le tome précédent et un enfant pauvre, un joueur compulsif, un travailleur âgé pauvre… Sans forcément en être conscient, le possesseur de la Silver Coin signe un pacte démoniaque. Dans un premier temps, la pièce leur permet de réaliser leur rêve. Cependant, le propriétaire de la pièce subit le prix de cette aide providentielle et trop rapide.

La main pleine de pièces…

Le mal de Las Vegas par la Silver Coin
Le mal de Las Vegas par la Silver Coin

La Silver Coin est un prétexte au développement d’une histoire qui, souvent, dénonce le monde moderne. Dans High Score, le scénariste Josh Williamson critique l’excès de jeu vidéos. Il vous fait voyager au temps des jeux d’arcade. Un enfant s’échine sans succès à jouer à Horror Fighter 2. Les plus grands se moquent et il n’a plus d’argent. Il est appelé par la Silver Coin. Grâce à elle, il devient un champion. Dans l’euphorie il se perd dans le virtuel faisant basculer l’épisode dans l’horreur.

Ram V pour Tzompanco critique Las Vegas, ville du faux et du mensonge. C’est aussi un parallèle très fin entre la religion précolombienne basée sur le sacrifice et la religion moderne, l’argent qui trompe ceux qui croient à l’enrichissement rapide du rêve américain. Matthew Rosenberg pour La Chute de l’empire américain utilise la pièce pour donner sa version acide du capitalisme. Vita Ayala dans Le danseur suit un ripou endetté. Il doit alors rembourser sa dette en incendiant des immeubles pour la mafia. En bonus, on trouve Instrument iniques, le compte-rendu de l’interrogatoire imaginaire d’un policier de l’internet par Aditya Bidikar. Elle image une secte d’ado qui vénère la pièce pour obtenir ce qu’ils veulent.

Le malheur se prolonge dans ce deuxième tome édité par Huginn & Muninn. La Silver Coin continue de maltraiter les plus faibles et de révéler les faiblesses humaines tout en décrivant la dure société moderne. Avec une telle qualité, vous pouvez compter sur nous pour mettre de côté toutes nos pièces afin d’acheter la suite.

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