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      [CRITIQUE] Black Hammer Tome 1 chez Urban Comics

      Le scénariste américain Jeff Lemire nous revient ce mois-ci chez Urban Comics avec sa dernière production indépendante : Black Hammer. Accompagné cette fois-ci par Dean Ormston au dessin et de Dave Stewart à la couleur, le premier tome intitulé « Origines Secrètes » est d’ores est déjà disponible dans la collection Urban Indies de l’éditeur ! 

      Arrachés à leurs univers de super-héros par une crise multidimensionnelle, les champions oubliés de Spiral City vivent désormais telle une famille dysfonctionnelle, prisonniers du quotidien paisible d’une petite bourgade américaine. (contenu : Black Hammer #1-6)

      Black Hammer : Origines Secrètes 

      Très prolifique depuis un certain temps, Jeff Lemire a écrit autant pour Marvel (Old Man Logan), DC comics (Animal Man) que pour Valiant (Bloodshot Reborn). A l’origine de nombreux récits super-héroïques chez les éditeurs phares de l’industrie, le scénariste mise également sur la production indépendante, avec Descenders, série de science fiction en cours actuellement dans la collection Indies de chez Urban Comics. Il nous revient donc aujourd’hui avec Black Hammer, une série indépendante fortement influencée par ses précédents travaux et le golden-age du comics super-héroïques. On y suit l’histoire d’un ancien groupe de super-héros composé d’ Abraham Slam (mentor du groupe surentraîner et sans pouvoir), Golden Gail (une sorte de femme-Shazam, se transformant  en une super-jeune fille à l’élocution d’un mot), Barbalien (un martien transformiste à l’apparence végétal), Colonel Weird (ancien astronaute fou possédant la capacité de traverser l’espace temps), Lady Dragonfly (une sorcière des marais) et de Talky-Walky, un robot venant tout droit des années 50. Tout ce petit groupe ce retrouve du jour au lendemain coincé dans une petite bourgade américaine suite à leurs affrontements avec le nemesis suprême de Spiral City et la mort présumé de leur ami Black Hammer dans un flash-bang sans précédent. Comment se sont-il retrouvés là et surtout pourquoi sont-ils prisonniers de ce qui ressemble fortement à l’enfer pour la plupart des membres du groupe ?  Toujours est-il que 10 ans après cet incident malencontreux, cette famille cahotante mijote toujours dans son jus.

      Si chaque membre du groupe nous rappelle forcément des héros que nous connaissons déjà, Jeff Lemire noie facilement le poisson avec son écriture efficace de leurs retraites anticipées. Entre souvenir de leur glorieux passé, questionnement sur leurs existences et tranches de vie pas toujours faciles (en particulier pour Gail, prisonnière de son corps de petite fille), Black Hammer est un récit qui ne mise pas sur l’action pure inhérente au genre. Le mystère entourant leurs disparitions ne cesse de grandir au fil des pages et le scénariste livre un récit distillant ses clés au compte goutte, se préoccupant plus de son casting que de son univers et son contexte. Loin d’être un divertissement moderne au sens strict du terme, Black Hammer fleure bon le rétro avec ses personnages stéréotypés renvoyant aux anciennes gloires du comics. Un hommage appuyé également par Dean Ormston, qui dessine occasionnellement dans le récit des pages renvoyant fortement à ce que pouvait faire Jack Kirby. Cependant, c’est dans les tranches de vies des personnages et l’angoisse qui s’en dégage que le dessinateur s’en sort le mieux, avec ses ambiances poisseuses de bourgade perdue au plus profond des campagnes américaines (bien aidé par la colorisation de Dave Stewart). Un contraste assez saisissant, quand l’aspect visuel général et le découpage, qui sont eux plus proches de la bandes dessinée européenne que du comics « moderne ». On soulignera également de nombreux bonus en fin de tome, avec des croquis mettant en parallèle le travail préparatoire de Jeff Lemire au dessin et celui final de Dean Ormston

      Black Hammer est un récit destiné à un public souhaitant s’affranchir de la barrière du simple divertissement et franchir celles des époques. Un récit qui fleure bon le rétro et l’âge d’or du super-héros, tout en étant très moderne dans la psychologie de ses protagonistes. Chez JustFocus on a fortement hâte de savoir où Jeff Lemire nous emmènera par la suite avec cette série qui, si elle n’est pas parfaite, a le potentiel pour devenir un futur classique. 

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