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      Océanerosemarie au Théâtre de la Gaité Montparnasse : attention, chatons violents

      Avez-vous jamais été accueilli avec un gros câlin en entrant dans une salle de spectacle ? Moi oui, pour la première fois de ma vie, une ouvreuse m’a prise dans ses bras avant de m’indiquer quelle était ma place. Le Théâtre de la Gaieté Montparnasse porte bien son nom, dans la mesure où on nous promet, d’emblée, un moment plein d’amour. Et d’humour. 

      Après avoir brillé plus de 550 fois avec son spectacle « La Lesbienne invisible », Océanerosemarie est de retour avec l’hilarant et engagé one-lesbian-show Chatons violents, qu’elle joue jusqu’au 30 janvier 2017 sur la scène de la Gaieté Montparnasse.  

      Copyright : Théâtre de la Gaîté Montparnase
      Copyright : Théâtre de la Gaité Montparnasse

      Chatons violents : un oxymore qui en dit long 

      Tout commence avec la mère Océanerosemarie qui a perdu son chat Froustinette, qui s’en est allé sur le toit de l’immeuble voisin. Dès les premières minutes, elle donne le ton en montrant qu’elle est du genre à briser les a priori : pour récupérer son chat en détresse, elle fait appel à un pompier dont la possibilité d’arriver au plus vite l’intéresse bien moins que la tenue qu’il porte. Car, non,

       « ce n’est pas parce qu’on est lesbienne qu’on n’a pas le droit de fantasmer sur les pompiers ! ».

      Un événement qui provoque encore une dispute entre elle et sa femme et qui se solde par une envie irrépressible de tout envoyer valser et de partir, loin, très loin, à mille lieues de Paris, de ses boutiques au label bio-éthique-engagé-éco-responsable, de ses bars où les verres de villageoise sont à 9 euros, où le quotidien du métro-boulot-dodo est le plus universellement partagé, pour changer d’air. Direction : Marseille. 

      Une artiste pleine d’énergie qui s’engage, à nous faire rire

      Même si elle nous fait voyager, la comédienne n’y va pas par quatre chemins pour dénoncer, avec un mélange corrosif d’humour et de cynisme dont elle seule a la recette, tous les petits travers de notre société qui juge tellement qu’elle n’arrive plus à prendre de recul sur elle-même.  

      Les sujets (trop) d’actualité, le racisme, les sempiternelles querelles autour de la tolérance, de la laïcité, du communautarisme, les travers de notre douce France, sont abordés avec malice et intelligence. Pendant une heure, tout le monde y passe : la cagole marseillaise, les « BBB » (« B » comme « Bobo« , « Blanc« , « Bio« , « Bienheureux-d’habiter-à-Montreuil » ou « Bambou-addict »), les radins de gauche, les mais-non-mais-non-non-je-ne-suis-pas-raciste. Elle n’hésite pas à tourner en dérision ces caricatures qui prennent de plus en plus vie autour de nous et qui nous rappellent étrangement cette personne que l’on connaît bien, cette amie de notre mère… A moins que ce ne soit cet ami d’ami que nous croisons régulièrement en soirée, ou cet ex qui s’est installé il y a peu en banlieue, à « seulement 12 minutes de Paris »… pour nous rendre finalement compte que c’est de nous qu’il s’agit. C’est nous, qu’elle pointe du doigt. Nous, qu’elle force, avec humour et douceur, à l’introspection.

      Entre les imitations tordantes, les mimiques irrésistibles et les discours humouristico-politico-rigolo d’Océanerosemarie, la salle miaule de bonheur et applaudit de bon cœur, de tous ses coussinets

      On dit merci à Froustinette – qui, on vous l’annonce, non pour spoiler, mais pour vous rassurer, a fini par rentrer au bercail – de nous avoir offert l’occasion de cette réflexion sur un des sujets qui nous passionnent le plus : nous-mêmes.

      Infos pratiques 

      Tous les dimanches et lundis à 20h30, jusqu’au 30 janvier 2017

      Théâtre de la Gaité Montparnasse

      26, rue de la Gaité

      75 014 PARIS

      Article rédigé par Hermine

       

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