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      Polémiques & démission collective… Quel avenir pour les César ?

      Ce jeudi 13 janvier, la Direction Générale de l’Académie des César a annoncé sa démission collective. Outre l’impact symbolique très fort que cela représente pour le cinéma français, tout le monde se pose désormais la question : quel avenir pour cette institution fragilisée par les polémiques ?

      Une déchéance inévitable ?

      Déjà fragilisée par divers scandales, l’académie des César fut vivement critiquée le 29 janvier dernier, suite à l’annonce des nominations. Réaction à prévoir lorsque le film en tête des nommés est J’accuse de Roman Polanski. Il faut dire que cette révélation a eu lieu tout juste après que le Président Alain Tierzan ait évoqué une « modernisation essentielle » de l’académie (mauvais timing quand tu nous tiens…).

      J’accuse est en tête des nominations pour les César 2020

      Face à la polémique, Alain Tierzan s’est exprimé de façon très claire :

      «L’académie n’est pas une instance qui doit avoir des positions morales» […] «Sauf erreur de ma part, 1,5 million de Français sont allés voir son film. Interrogez-les.»

      Alain Tierzan

      Mais trop tard… La polémique est relancée et le cinéma français se voit accusé une fois de plus de protéger Roman Polanski. Si la qualité de son film J’accuse n’est pas remise en cause, les gens s’interrogent sur le message qui est envoyé avec cette mise à l’honneur du réalisateur.

      La contestation des 400

      A la polémique Polanski s’est ajoutée une tribune farouche signée par 400 figures du cinéma français. De nombreux éléments y furent alors critiqués, notamment :

      • Le dysfonctionnement du dîner des révélations.
      • Le gestion opaque de comptes de l’académie.
      • Le manque de diversité.
      • Le peu de femmes nommées.

      A cela s’ajoute une critique virulente des statuts n’ayant « pas changé depuis longtemps » et reposant sur la « cooptation ». En bref, un coup dur pour l’Académie, alors que la cérémonie de 2020 approche à grands pas…

      C’est donc avec un grand fracas que quelques jours plus tard, le Conseil d’Administration annonce sa « démission collective ». Une décision d’autant plus surprenante, quand on sait que celle-ci a été prise à l’unanimité.

      Une démission collective… Et après ?

      Si cette démission est un acte symbolique très fort, que peut-on espérer pour la suite ? Plusieurs points ont d’ores et déjà été abordés, à commencer par une modernisation de l’institution, jugée dépassée. Marc du Pontavice, producteur de J’ai perdu mon corps, a déjà fait des propositions et souhaiterait « instaurer un système plus démocratique qui procède plus par un système d’élections ». De cette façon, l’ensemble de la profession pourrait être représentée au Conseil d’Administration.

      En outre, celui-ci a proposé une limitation du nombre de mandats ainsi qu’une plus grande transparence concernant les comptes. Selon lui, « l’opacité génère de la suspicion et du fantasme ». 

      J’ai perdu mon corps est nommé dans 3 catégories aux César 2020

      La parité ainsi que la diversité ont évidemment été pointées du doigt, notamment par l’actrice Marianna Ascaride :

      « Il faut repenser la parité. Il faut repenser la diversité. l’Académie des César ne peut pas être un club de bridge un peu fermé où, au bout du compte, on est hermétique à ce qui est en train de se passer à l’intérieur de la société et donc à l’intérieur du cinéma »

      […]

      « C’est une situation étrange de ne pas prendre en compte l’évolution du cinéma français : les jeunes réalisateurs, les réalisatrices… Il n’y a pas de représentation au sens large. Est-ce que ça vient des votants, de la manière dont on vote, de qui peut voter ? Il faut se poser toutes ces questions. »  

      Une importante assemblée générale est déjà prévue après la Cérémonie du 28 février. Celle-ci aura notamment pour but de modifier les statuts du Conseil d’Administration, afin de les moderniser. Tout cela se fera sous le regard attentif du CNC (Centre National du Cinéma) et devrait apporter un vent frais au sein de cette institution.

      Espérons donc que cette assemblée générale permettra une véritable avancée pour le cinéma français dans les années à venir. Espérons également que cela aidera à la découverte de nouveaux talents, dont le cinéma français est rempli.

      S’agit-il d’une Révolution au sein du cinéma français ? Ou juste d’une action symbolique qui sera rapidement oubliée ? Nous le saurons dans les années à venir. Quoi qu’il en soit, n’oubliez pas de regarder les César le 28 février prochain, car cette cérémonie risque d’être particulièrement intéressante !

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      Robin Uzan
      Journaliste, photographe et réalisateur indépendant, écrire pour Justfocus est un de mes plus grands plaisirs. Bonne lecture !

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