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      White Dog, une adaptation percutante du roman de Romain Gary

      Après le succès de R.A.G.E, Les Anges au Plafond, sous la mise en scène de Camille Trouvé, poursuivent leur exploration autour de Romain Gary. Avec White Dog, adaptation du roman Chien Blanc de ce dernier, ils nous embarquent une fois de plus dans leur univers aussi poétique que poignant. A découvrir sans plus tarder au Théâtre Mouffetard jusqu’au 11 février, puis en tournée nationale…

      Une métaphore en forme de thriller social

       

      États-Unis. Années 1960. Le combat des Noirs-américains pour les droits-civique gagne le Pays. Dans une Amérique orpheline de Martin Luther King, l’Histoire s’écrit désormais en lettres de sang. Romain Gary, alors installé à Hollywood avec son épouse, l’actrice Jean Sieberg, est jeté dans cette agitation sociale.

      C’est d’abord Jean Seberg qui prend position publiquement en faveur de la cause Noire. Puis arrive un chien errant que le couple adopte. Alors que celui-ci se montre doux et affectueux, arrive un jour où l’animal montre un tout autre visage. Dangereux, sans prévenir, il s’avère être un « white dog » . Le familier bascule dans le terrifiant. Il s’avère qu’il a été dressé à attaquer systématiquement les personnes « de peau noire ».

       

      Une réflexion en forme d’humanité

       

      Un chien peut-il être raciste ? Et surtout, peut-il désapprendre ? Par une nuit d’insomnie, Romain Gary mêle cette page de l’histoire à celle de ses proches. La quête du « redressage » de ce chien devient un véritable but humaniste pour l’écrivain qui espère montrer que la haine de l’autre n’est pas forcément écrite dans les gènes à jamais. Mais pour atteindre ce but et changer son comportement, quels moyens mettre en œuvre ? Peut-on tout tenter ? Et à quel prix ?

      Né après les attentats du 13 novembre 2015, White Dog entre en écho avec toutes ces images de violence qui parsèment les médias. Et résonne avec le désir d’interroger la capacité des Hommes à vivre ensemble, au-delà de leurs différences. Qui de l’humanité ou de la bestialité prendra le pas ? Avec ce pamphlet, Camille Trouvé nous interroge sur les moyens de désamorcer la spirale de la haine et de la violence…

      Résidence Saint Priest

       

      Un spectacle en forme de papier froissé

       

      Pour donner vie au récit de White Dog, Les Anges au Plafond déploient toute leur ingéniosité, leur méticulosité et leur univers de papier. Les pop-ups jaillissent de partout sur scène, les ombres dansent sur de grands papiers et les feuilles virevoltent. Voilà le décor dans lequel évoluent les marionnettes qui permettent de basculer de la vie de Romain Gary auteur, à l’histoire de Romain Gary narrateur.

      On est surpris par ce décor mouvant qui se déplie nous nos yeux, et dont Yvan Bernardet tire les ficelles. On est impressionnés et touchés par ces marionnettes (une mention spéciale pour Batka, le chien et pour une Jean Seberg à croquer !). Aussi belles, truculentes que touchantes, elles sont animées par un Brice Berthoud à la palette vocale et corporelle impressionnante et un Tadié Tuéné non moins charismatique. Enfin, la batterie de Arnaud Biscay, vient donner un relief de « fièvre, d’urgence » à ce thriller social.

      Narration, marionnettes, musique, dans une énergie généreuse, tous les ingrédients d’un spectacle réussi… Et d’une ode à la création… Bref, on a adoré White Dog !

       

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