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      Critique de la pièce de théâtre Un contrat

      Un étrange patient vient consulter un psy renommé. Il s’agit en réalité d’un truand pris régulièrement de crises d’angoisses, maux de ventre et suffocations. Il est victime d’une sorte d’ennemi invisible qui lui tombe dessus à l’improviste, alors qu’il est accoutumé à des situations autrement plus périlleuses et que la peur fait partie de sa vie, explique-t-il au psy. Selon lui, il n’y a rien à craindre, sinon la crainte elle-même.

      La crainte de la crainte, la peur de la peur, voilà bien le pire ! Et elle est là, obsédante ! Des situations terribles où il a l’impression d’avoir un troisième œil au-dessus de sa tête qui le regarde et le menace atrocement, bien pire que le regard de Dieu, même s’il n’est pas croyant.

      La première consultation s’achève. Le psy est très réticent à le prendre comme patient, mais lui fixe en fin de compte un deuxième rendez-vous, suite à un chantage affectif et des menaces sur sa propre famille.

      La thérapie débute.

      Lucide, le truand fait observer que tant qu’il y a la souffrance, le bifteck du psy est assuré. Je vais vous payer pour m’écouter, comme une pute ! Il lui fait comprendre qu’il s’agit de soigner ses peurs et non son sens moral.

      Les consultations vont se dérouler entre loi du silence et désir de parole du côté du truand, et secret professionnel et malaise du côté du psy.

      Ces deux formes de secret seront-elles mises à mal? Que résultera-t-il de cette rencontre inédite entre deux hommes que tout oppose ?

      Un contrat est un polar psychanalytique empreint d’émotions, avec des dialogues ciselés et un sens de l’introspection qui met en exergue les failles, les doutes, les peurs, les vérités enfouies en chacun des protagonistes lors d’un huis clos surprenant et intense qui tient le spectateur en haleine jusqu’au dénouement, inattendu.

      Le duo d’acteurs fonctionne remarquablement bien. Nous saluerons l’interprétation plein de justesse et d’élégance de Jérôme Jean dans le rôle du psy, et la performance magistrale d’Olivier Douau dont le jeu puissant et parfois violent, les expressions angoissées, la gestuelle expriment une sensibilité à fleur de peau.

      La mise en scène sobre et efficace est de Stanislas Rosemin.

      Un moment de théâtre époustouflant !

      Un avis rédigé par Fabrice GLOCKNER

       

      De Tonino Benacquista

      Avec Olivier Douau et Jérôme Jean

      Mise en scène Stanislas Rosemin

      Lumières David Ripon

      Attachée de presse Dominique Lhotte

       

      Au théâtre de L’Adresse à Avignon du 7 au 31 juillet à 19h15 (relâche les 12,19 et 26)

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