More
    More

      Line Ancel, une jeune actrice Française qui croit en ses rêves

      “Si vous pouvez le rêver, vous pouvez le faire”

      Rencontre de la jeune actrice Line Ancel à Nice – Photo par Julien Blue

      Voilà ce que nous délivre Line Ancel quand nous lui demandons ce qui la définit. La jeune actrice de 25 ans a accroché cette phrase chez elle, sur un post-it à côté de ses clefs.

      Nous nous interrogeons alors sur les débuts de ce talent, son apparition dans quelques courts métrages et ses débuts à la télévision à travers deux téléfilms.

      Qu’est-ce qui t’as amené à ce parcours prometteur?

      J’ai eu un vrai déclencheur petite. Je devais avoir 6 ans et je  regardais Le Cinquième Élément de Luc Besson. Dans mon esprit d’enfant, je trouvais ça extraordinaire que Leeloo, le personnage principal, était une femme qui allait devoir défendre la vie contre le chaos. Je me suis dit “ouah mais c’est incroyable, je veux faire ça de ma vie!. Si il y a une météorite plus tard qui tombe sur la Terre, j’ai envie de la défendre comme le fait Leeloo”. J’ai demandé à ma mère quel métier c’était et elle m’a répondu “Et bien ça c’est actrice ». Cette phrase m’est restée en tête et je n’ai pas du tout compris sur le coup le côté « actrice » car pour moi le but c’était de sauver le monde. Je l’ai compris plus tard en faisant du théâtre au collège. Puis ensuite au conservatoire où l’on peut « tout » incarner quand on joue un rôle. On peut être cette personne qui va sauver le monde, interpréter une personne qui a existé, vivre toutes les vies et être n’importe qui. Et c’est quand j’ai saisi ça que je me suis dit que je voulais en faire mon métier.

      Où as-tu fais tes débuts? 

      J’ai débuté au Conservatoire d’art dramatique d’Antibes avec Luc Girerd. A Nice j’ai fait une Licence en Arts du spectacle. Pendant ma Licence et pendant le conservatoire, j’ai participé à des courts-métrages avec L’ESRA (École de Cinéma et d’Audiovisuel). J’ai notamment pu travailler avec un de mes meilleurs amis, David Nguyen, qui a réalisé la web série Expressive Movement qui se déroule dans l’univers de la danse. Ça m’a permis de monter ma bande démo que j’ai appris à faire toute seule. J’ai également eu des contrats au théâtre dont Elvire Jouvet 40 mise en scène par Paul Châtieras à Anthea,Théâtre d’Antibes. En outre, j’ai fait beaucoup de figuration et de silhouettes pour voir comment ça se passait sur un plateau et me former on va dire « sur le tas ». Je suis alors devenue intermittente du spectacle. Par la suite, j’ai déménagé à Paris car je voulais des rôles plus importants et pour avoir un rôle plus important, il faut un agent et habiter à Paris. J’ai donc trouvé mon agent il y a deux ans, Mathilde Mayet avec qui j’ai eu mon premier contrat 6 mois plus tard. 

      Comment gères-tu le quotidien d’actrice?

      Dans mon quotidien il y a des moments calmes et des vagues où tout se passe très vite. Se succèdent alors des rendez-vous toute la journée avec beaucoup de choses à préparer entre les essayages et les castings. Moi c’est les moments où je me sens le mieux. J’adore devoir m’organiser pour courir partout et par comparaison j’apprécie d’autant plus les accalmies car je me repose. C’est un équilibre où l’on change de rythme assez souvent. 

      Qu’est ce que cela fait de Jouer avec Mimie Mathy dans Josephine Ange Gardien

      J’ai adoré Mimie, c’est une femme très sérieuse, carrée mais aussi bienveillante. Elle fait en sorte que tout fonctionne pour le mieux afin de permettre à l’équipe de travailler sans difficultés et aux acteurs de se sentir bien sur le plateau. J’aime ça, j’apprécie les personnes perfectionnistes. Je trouve que c’est très agréable de travailler ainsi, avec un temps pour bosser, un temps pour rigoler. Avec Mimie on s’est très bien entendues sur ce côté rigoureux et professionnel. 

      A la fin du tournage, j’ai eu la chance de pouvoir aller la voir dans sa loge pour la remercier. Elle m’a un peu coupé l’herbe sous le pied en me disant des mots que j’oublierais jamais et qui m’ont vraiment confortée dans l’idée que je suis faite pour être actrice.

      D’où est venue l’idée nouvelle de raconter l’histoire de plusieurs clients au lieu d’un seul pour cet épisode de Joséphine? 

      Je ne sais pas comment l’équipe a eu cette idée. Peut-être qu’ils voulaient innover. Il y a eu une grande inspiration de la vague créée par la série Elite sur Netflix, notamment pour les uniformes. On a tourné à l’université Paris Sud dans les nouveaux très beaux bâtiments géométriques. En tout cas le rythme de tournage est très soutenu : on venait me chercher à 5h30 du matin chez moi. Je rentrais à 20h30 et il arrivait même que je rentre à 23h30. Ce sont vraiment des journées où il faut bien manger, se faire des tisanes et ne pas tomber malade (rires). Parce qu’en septembre on était en brassière dans le froid de Paris pour le besoin de certaines scènes. 

      Comment se prépare-t-on à un sport que l’on ne connaît pas comme l’athlétisme dans cet épisode? 

      J’avais de l’avance sur ça. Entre mes 15 ans et mes 17 ans j’ai fait du relai vitesse dans des compétitions intra lycées. C’était donc exactement le sport qui était demandé. Je l’ai dit lors de mon casting quand j’ai rencontré le réalisateur. On a eu quand même un coach tout l’été. On le voyait une fois toutes les deux semaines pour apprendre à bien courir, à passer un relais, etc. Donc on a eu une vraie préparation de groupe à 5.

      Comment en es-tu arrivée à jouer aux côtés de Ryan Bensetti dans le téléfilm Il était une fois à Monaco

      Ça c’est un peu un concours de circonstances. Autant je fais beaucoup de castings et les ”dir cast” (directeurs de casting) appellent l’agent qui te dit “bon je te propose ceci”. Là tu es prise ou non.  Pour ce téléfilm c’est un directeur de casting du sud, Jean-Marc Gaudet, avec qui je travaillais quand j’étais dans le sud et avec qui j’ai continué à travailler en étant à Paris. J’ai également gardé contact avec Jacques Emmanuel Astor avec qui je m’entretiens régulièrement. 

      Ce que j’ai bien aimé chez Rayane Bensetti c’est qu’il était très riche de propositions à l’improviste au niveau des textes pour enrichir le tournage. Ça reste professionnel mais ça rend le tournage un peu plus amusant. 

      A quel moment du téléfilm apparais-tu?

      Ils avaient besoin d’une jeune femme en tenue de soirée. Ils m’ont demandé si je savais jouer au poker et c’était le cas. On m’a dit “bon tu as le tournage tel jour”. J’y suis allée, sur le plateau on était plusieurs personnes désignées comme jouant au poker. Ils ont dit “viens toi, toi et toi”. Ils nous ont mis à la table et c’est à ce moment là que nous avons eu le texte. Je ne devais pas du tout parler à la base, enfin je n’étais pas au courant en tout cas. Et c’est sur le tas quand on a commencé à tourner que les directeurs on dit “la scène est bien mais venez on fait des plans sur Line, venez on fait des plans sur un tel, etc.” J’ai pour finir eu plusieurs répliques qui sont assez courtes et quelques réactions qu’ils nous demandaient aussi. Le tournage réalisé par Frédéric Forestier, Asterix aux jeux olympiques, était très intéressant. On a pas mal rigolé aussi parce que c’était tout le temps moi qui perdait, forcément il fallait bien que quelqu’un perde (rires).

      As-tu été prévenue que tu apparaitrais lors de la diffusion?

      Je l’ai quasiment dit à personne car j’étais même pas sûre qu’on me garde au montage. J’ai été surprise et je n’avais même pas suivi la diffusion quand je reçois des notifications Instagram où on me tague dans des stories. Je savais quand était le prime mais je me suis dit “on va peut-être pas me voir autant.” C’était chouette quoi. C’est un petit rôle mais c’était très agréable de voir ça. 

      Comment s’est passé le tournage du court métrage Ragnarök? 

      J’adore parler de Ragnarök car c’est une expérience hors du commun. Au moment du casting, on m’a demandé d’imaginer d’affronter toute une armée où mes copines se feraient tuer. Quand j’ai visualisé la chose, j’en pleurais en fait. C’est horrible de voir toutes ses copines mourir devant soi. Et puis voilà il y a une rage qui est montée et j’ai eu envie de tuer tout le monde. A cet instant là j’ai composé avec une énergie intérieure qui m’a permis de me sentir comme une guerrière. J’ai fait une roulade avec le bouclier, je hurlais, je donnais des coups de hache. J’ai cette vidéo là chez moi du casting, un moment où seule la personne immergée peut comprendre le moteur qui a permis d’imaginer tout ça.

      Avais tu déjà joué avec des effets spéciaux auparavant?

      Et bien, c’était la première fois. Pour l’histoire, le personnage d’IIlevi est une guerrière qui va affronter le serpent monde qui cause le Ragnarök, donc la fin du monde. Dans la mythologie nordique c’est Thor qui va le tuer mais là ils ont choisi une guerrière. Quand j’ai vu le casting sur Facebook, je me suis dit « Mais il faut que je le fasse ! T’es une guerrière, ça a l’air dingue et tout ! » Je suis donc allée faire le casting à Montpellier et j’ai été choisie. On a eu cinq jours de répétitions avant le tournage où on a créé mon avatar en 3D. C’est une photogrammétrie (où l’on enregistre le visage en 3 dimensions) qui passe autour de la tête par l’intermédiaire d’un casque pour être vraiment très près du crâne.

      Mon avatar est utilisé sur certaines scènes en particulier. Il y a un moment où mon personnage saute d’un bateau et fait une roulade. Ça c’est mon avatar et on me reprend où je me cogne la tête, où là c’est vraiment moi.

      Comment s’est passé le grimage pour te faire ressembler à une guerrière? 

      La coiffure et le maquillage étaient très élaborés. Des bijoux venaient s’implanter dans les  tresses et j’avais une prothèse qu’on me changeait tous les deux jours. Donc je dormais avec , je rentrais avec. On allait boire un verre, j’avais ma prothèse sur la joue et j’avais toujours mes tresses aussi. C’est tellement long à faire qu’on gagnait du temps en les gardant. Et je les ai vraiment gardées toute la semaine

      Dans les maquillages FX Il y a du sang. Il y a un produit qu’on appelle la croûte qui est de la croûte, le pus, beaucoup d’éléments avec lesquels nous avons du composer. 

      Comment est construit un environnement si particulier? 

      Alors, c’était quasiment que du fond vert : le sol, les murs, l’espace en fait. Il n’y avait rien, sauf pour une scène, celle du début où je me réveille en fait et où je crache de l’eau. Ça, c’est le sol d’un endroit qui s’appelle Saint Fréchou. Ils ont rajouté un fond vert portable derrière. 

      Quel genre d’interaction a-t-on avec un espace totalement recréé en post production? 

      On te dit « en face de toi, il y a un dragon et t’as super peur ! ». Mais en fait si l’image du dragon est à un endroit et que tu regardes ailleurs, ce n’est pas crédible. Il faut qu’on te dise à l’avance « il y a un dragon très précisément à cet endroit » pour que ton regard apporte de la crédibilité aux effets spéciaux et par conséquent à l’histoire. 

      Concernant l’utilisation d’objet, il y a une scène où je saute pour tuer le serpent monde. Je me retourne, je prends la lance d’Odin qu’il m’a envoyée. La lance était un néon avec un fil un fil peint en vert. 

      Tout le monde est en traveling, en train de me courir après pour avoir le son et l’mage. Je hurle au moment où je saute et je me rattrape sur le sol avec mon avatar en 3D. C’était trop bien car je devais composer avec mon imagination. Je devais tout sortir de mes tripes et c’était trop agréable de me dire « je suis une guerrière, je vais sauver le monde ».

      Plus tard au moment de la post-production, au moment de refaire les sons comme celui ou le cri de la guerrière est ajouté ; j’ai fait un malaise juste après. (rires) J’ai vraiment tout donné dans le micro. Quand c’était fini, je me suis assise par terre et j’ai du demander un verre d’eau avant de refaire d’autres prises. 

      Quels sont tes futurs projets? 

      J’ai tourné une pub pour La Redoute en décembre par la réalisatrice Audrey Dana, Sous les jupes des filles. Elle est assez connue donc c’était agréable de pouvoir la rencontrer. Et c’est pour la Reboucle. C’est comme une sorte de Vinted en fait. Tu peux ramener tes vêtements et avoir des bons d’achat. Donc c’est écolo et ça, ça me plait !

      J’ai également tournée une pub pour Typology. C’est une marque de cosmétiques française qui créée avec des produits très naturels. Il y a pour l’avenir un projet de court métrage, et j’attends une réponse pour un long métrage cinéma qui se passe en 1542 . Cette époque me fascine. J’ai un visage particulier qui peut s’adapter à pleins d’époques, ce qui est un atout. 

      Pour le reste, je suis aussi en train de monter une pièce de théâtre. Ce sera la première pièce que j’espère jouer à Paris. J‘ai aussi le projet d’aller en Angleterre, à Londres,  afin d’y passer des castings, car je suis capable de jouer en Anglais, et y trouver un agent pourrait me permettre de concrétiser cela.

      Ensuite, malgré la période de pandémie, j’essaie de rester active. En spectacle vivant c’est compromis, ainsi que pour la danse. Mais par contre, les tournages se font alors je croise les doigts.

      Justement, comment vis-tu cette conjoncture un peu particulière, régie par l’épidémie de la Covid-19?

      Les règles sur les plateaux sont assez rigoureuses, avec des tests Covid à faire très souvent. Le plus difficile en cette période c’est que dans la vie on a besoin d’amour, de contact avec les gens. Ça me fait plaisir dans la vie normale de croiser une personne et d’échanger un sourire. Le masque cache les expressions et comme on ne peut pas sourire, on a tendance à moins regarder les personnes par peur que le regard soit mal interprété car le visage est changé. Je pense aussi aux étudiants, seuls dans leur chambres universitaires, et aux personnes âgées qui sont du coup les plus isolées.

      J’ai cette phrase en tête « Par peur de mourir je vais m’empêcher de vivre ». J’ai un papa très asthmatique et ça m’embête de ne pas pouvoir le prendre dans mes bras. Du coup je me dis que je vais rater des moments avec lui. Il y a toutes ces contrariétés dues à la bienveillance, à la chaleur, à l’amour qu’on peut donner aux autres et qu’on peut recevoir et la pandémie nous prive de ces instants. 

      Un mot pour la fin ? 

      On m’a beaucoup écrit après Joséphine, on m’a beaucoup écrit sur les réseaux et souvent après des projets en général qui sortent. Pour tous ceux qui veulent se lancer à travers leurs rêves, les jeunes qui ne savent pas par où commencer, moi je ne savais pas non plus et j’ai fait quelques bêtises, comme apporter un book photos. Et on m’a dit « qu’est-ce que tu veux que je fasse de ça? » (rires). J’aurais pu venir avec une clé USB ou envoyer un mail. C’est bête mais moi j’ai fait ça par exemple et je le déconseille (rires).

      Mais si j’avais une seule chose à conseiller c’est de foncer et de croire en ses rêves car comme je l’ai dit « si vous pouvez le rêver, vous pouvez le faire ».

      +1

      LAISSER UN COMMENTAIRE

      S'il vous plaît entrez votre commentaire!
      S'il vous plaît entrez votre nom ici

      Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.