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      L’exposition « Pierres précieuses » : des origines de la pierre jusqu’aux bijoux

      Au cœur de la Grande Galerie de l’Évolution, le Muséum national d’Histoire naturelle nous présente l’exposition Pierres précieuses. Cette exposition nous invite à découvrir l’univers des pierres, faisant dialoguer minéralogie, gemmologie et joaillerie. En collaboration avec Van Cleef & Arpels, elle raconte l’histoire des pierres, des origines de la Terre jusqu’aux somptueuses créations de bijoux. Elle met aussi en lumière la fascination que nous portons pour les pierres depuis toujours. Une exposition à découvrir jusqu’au 22 août 2021.

      Vue d’une vitrine de l’exposition « Pierres précieuses »

      « Chaque pierre a une âme qui lui est propre » – Claude Arpels

      Au cœur d’un dialogue inédit

      L’exposition Pierres précieuses est le fruit d’une collaboration exceptionnelle entre le Muséeum national d’Histoire naturelle et la Maison du joaillier Van Cleef & Arpels. Cette collaboration s’illustre parfaitement dans le commissariat d’exposition avec pour la partie muséale, Didier Julien Laferrière et François Farges, et pour la partie joaillerie, Émilie Bérard et Lise Macdonald. Au-delà de cet échange entre deux univers, l’exposition fait côtoyer la minéralogie, la gemmologie et la joaillerie. Des rencontres évidentes mais rares. Tant esthétique que scientifique, elle donne à voir une collection dense, riche et exceptionnelle : plus de 500 minéraux, gemmes et objets d’art issus de la collection du Muséum, côtoient ici plus de 200 créations joaillières de la Maison Van Cleef & Arpels.

      Montrer ces différents échanges devient le fil conducteur de l’exposition. Ainsi, le visiteur découvre dans la première vitrine, les trois différents états du rubis. Du rubis brut au gemme, en finissant dans un bijou de haute joaillerie. La vitrine nous donne un voir un somptueux bijou, connu sur le nom du clip Fuchsia signé Van Cleef & Arpels. Chacun de ces éléments se retrouve côte à côte, sans hiérarchie.

      Joaillerie présentée dans l'exposition "Pierres précieuses"
      « Clip Fushia », platine or jaune, Serti Mystérieux rubis, diamants, collection Van Cleef & Arpels, 1968.

      Pierres précieuses : une exposition triptyque

      Dans une immersion totale de l’univers des pierres, l’exposition triptyque Pierres précieuses nous raconte l’histoire plurimillénaire des minéraux. S’offrent à nous diamant, rubis, émeraude, aigue-marine, turquoise, citrine et tant autres pierres, qui suscitent émerveillements et convoitises depuis des siècles. Tantôt objets de séductions, tantôt instruments de pouvoirs, les pierres deviennent à partir du XVIIIe siècle un sujet de recherches scientifiques.

      Vue d’une vitrine de l’exposition « Pierres précieuses »

      Des origines de la Terre à la formation de la pierre

      Se déployant en trois parties, le voyage débute au commencement, c’est-à-dire dans les entrailles de la Terre. Pierres précieuses nous raconte l’histoire de la terre, formée il y a un peu plus de 4,56 milliards d’années. Le visiteur découvre alors une frise depuis les origines en mettant en parallèle différents spécimens et pierres précieuses. Cette première partie explique comment tous ces minéraux extrêmement variés – météorites, roches, cristaux, fossiles – se sont formés avec le temps. Elle met en lumière les différentes histoires sur les techniques et le savoir-faire de l’Homme, qui se sont perfectionnés au fil des siècles dans le but de sublimer l’éclat de la pierre.

      Ensuite, le visiteur découvre la formation des pierres, c’est-à-dire tous les phénomènes naturels permettant la métamorphose des pierres, des roches et des cristaux. Nous comprenons comment ces phénomènes – la pression, la température, les fluides, l’eau, l’oxygène, la vie et le métamorphisme – ont un impact dans la formation des pierres.

      Paris, un haut lieu de savoirs

      À gauche : Jean-Gabriel Prêtre (1768-1849), « Paradisier petit-émeraude », dans « Histoire naturelle des oiseaux de paradis et des épimaques » de René Primevère Lesson (1794-1849), 1835. Eau-forte réhaussée à l’aquarelle sur papier. (Collection MNHN) À droite : « Clip oiseau de paradis », or jaune, rubis, saphirs, diamants, 1974. (Collection Van Cleef & Arpels)

      La troisième partie s’inscrit dans une dimension historique, scientifique et artistique, faisant de Paris, un haut lieu de savoirs. En effet, Paris a permis non seulement d’importantes avancées, mais aussi de diffuser les connaissances minéralogiques auprès d’un large public. Citons par exemple les scientifiques, les marchands, les esthètes, les naturalistes, les collectionneurs et les fameux cabinets de curiosité, les artisans d’art et les artistes.

      Cette salle souligne également l’influence de la création du Jardin des Plantes par Louis XIII sur la mode parisienne et les bijoux jardin ou giardinetti. Des bijoux inspirés de la nature. Toutes ces influences se retrouvent encore aujourd’hui au cœur de la joaillerie de Van Cleef & Arpels. De plus, des interviews filmés présentent les récentes découvertes et avancées scientifiques en matière de géosciences.

      À la découverte de trésors

      Des trésors restaurés

      L’exposition Pierres précieuses est aussi l’occasion de mettre en avant d’incroyables trésors. Nous pouvons citer la table des Orsini en marqueterie de pierres qui représente des fleurs et des animaux, ou encore L’Arbre aux tourmalines créé par Jean Vendôme. Pour Nicolas Bos, président de Van Cleff & Arpels, cette pièce qui a été restaurée grâce à l’initiative de cette exposition est « une œuvre d’art au carrefour de la joaillerie, du design et de la sculpture ».

      Création présentée dans l'exposition "Pierres précieuses"
      Jean Vendome, « Arbre aux tourmalines », tourmalines elbaïte et liddicoatite, béryls, quartz, opale. Total de 746.9 ct et hauteur : 45 cm, Paris, 1976. Reconstruit et restauré par Thierry Vendome en 2019.

      Des trésors reconstitués

      Certains trésors sont également visibles grâce aux dernières avancées scientifiques. Ainsi, nous pouvons voir grâce à une reconstitution La Toison d’or de Louis XV, réalisée en 1749. Il s’agit d’un bijou extraordinaire comportant en son centre, le plus gros diamant bleu jamais taillé. Volé pendant la Révolution, le bijou n’a jamais été retrouvé. Il ne reste que le diamant bleu, retaillé et exposé au Muséum national d’Histoire naturelle de Washington et une gouache, présentée dans l’exposition.

      Pièces présentées dans le cadre de l'exposition "Pierres précieuses"
      À gauche : Pierre-André Jacqmin (1720-1773), « Insigne de la Toison d’or de la parure de couleur de Louis XV », aquarelle, 1749. (Collection privée). À droite : « Reconstitution de l’insigne de la Grande Toison d’or de Louis XV », répliques en zircone cubique des deux diamants bleus de Louis XV (69 ct et 33 ct), spinelle « Côte de Bretagne » (107.5 ct), saphirs jaunes, zircones cubiques incolores, jaunes et rouges sur argent. Hauteur : 17 cm. (Collection privée)

      Des trésors créés

      Le visiteur termine l’exposition par une pièce exceptionnelle, créée spécialement pour l’exposition. Cette pièce s’intitule Le Rocher aux merveilles de Van Cleef et Arpels. Cette création unique qui a demandé deux années entières de travail, révèle tout le savoir-faire de la Maison. Sur une roche de quartz bleu, se dresse une pierre de lapis-lazuli de 6,2 kilos, telle une montagne escarpée. Dans ce jeu de clair obscur, les ombres dissimulent des trésors tandis que la lumière sublime un monde merveilleux entre forêt enchantée de cristaux, fées et licorne.

      Pièce spécialement créée pour l'exposition
      Van Cleef & Arpels, « Objet extraordinaire Rocher aux merveilles », lapis-lazuli (6.2 kg), quartz poli, saphirs de couleur, émeraude, rubis, tourmalines bicolores, grenats tsavorites et spessartines, perles de culture blanches, diamants, or blanc, jaune et rose, 2020.

      Un parcours dans une scénographie incroyable

      Conçue par Patrick Jouin et Sanjit Manku de l’agence Jouin Manku, la scénographie de Pierres précieuses est à la fois contemporaine et originale. Dans une semi-obscurité, l’exposition nous immerge à l’intérieur d’un prisme de diamant. En effet, des parois, semblables aux facettes de la pierre précieuse, jalonnent le parcours. Chaque lumière est minutieusement disposée, de façon à mettre en avant chaque pierre. Entre jeux de couleurs et jeux de lumières, l’atmosphère des salles est à la fois onirique et féérique.

      Ainsi, une quarantaine de vitrines crée un dialogue permanent entre les minéraux et les bijoux. Dynamique et pédagogique, l’exposition se prolonge grâce aux nombreuses tablettes et vidéos explicatives.

      « Collier de Dina Level », tourmalines, spinelles, alexandrites, péridots, oeils-de-chat, saphirs de toutes couleurs, or, Paris, vers 1960. (Don : Dina Level, 1979, Paris, MNHN)

      Ainsi, Pierres précieuses est une exposition exceptionnelle, aussi bien pour sa collaboration que pour ce qu’elle donne à voir. En effet, ces objets d’art prestigieux et ces pierres sont rarement visibles auprès du public. Ils restent souvent à l’abri des regards, dans les réserves du Muséum. L’exposition suscite à la fois émerveillement et curiosité pour le visiteur qui peut soit se laisser porter de vitrines en vitrines, soit chercher à percer tous les secrets des pierres.

      Marion Caudal
      Rédactrice et autrice en art contemporain

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