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      Les Olmèques et les cultures du Golfe du Mexique: L’expo à voir dès la fin du confinement

      Lorsque les olmèques sculptaient leurs divinités sur des blocs de pierre, 400 ans avant notre ère, imaginaient-ils que ces statues monumentales seraient un jour exposées à l’autre bout du monde, au Musée du Quai Branly Jacques Chirac ?

      Se doutaient-ils que cette exposition leur rendrait justice, peuple, qui fut à l’origine de toutes les cultures mésoaméricaines, avant l’arrivée de Christophe Colomb ?

      Monument 4, tête colossale n°4 1200-900 av. J.-C. Site de San Lorenzo Tenochtitlan, État du Veracruz,
      Mexique Basalte Museo de Antropología de Xalapa – © Catálogo Digital Museo de Antropología de Xalapa. Universidad Veracruzana, D.R. Secretaría de Cultura-INAH

      Les olmèques : qui étaient-ils?

      Tout d’abord, un peuple, dont le souvenir fut effacé par les vestiges des civilisations Incas, Mayas et Aztèques.  Olmèque vient du mot Oman, qui veut dire gens du pays du caoutchouc. On a d’ailleurs découvert, des balles en caoutchouc dans les sites où ils ont vécu. Vestiges des jeux de balles qu’ils organisaient.

      Du 17ème siècle au  5ème sècle avant notre ère, les olmèques ont érigé les premières pyramides monumentales du continent, construit les premières agglomérations urbaines, élevé des statuaires imposantes, inventé le calendrier dit du compte-long, l’écriture…

      Leur territoire s’étendait, jadis, du sud du Mexique actuel à la partie occidentale de l’Amérique centrale. Dans cette région du golfe du Mexique et de l’isthme Tehuantepec ( chemin le plus court qui relie l’océan Pacifique à l’océan Atlantique) on parlait une vingtaine de langues, au pied du plus haut volcan du Mexique, le Citlaltepetl.

      Un espace d’échange et de brassage culturel et intellectuel s’y étendait. Là, dans cette zone marécageuse, rayonnait l’une des plus importantes et mystérieuses civilisations.  

      Les Olmèques et les cultures du golfe du Mexique
      © musée du quai Branly – Jacques Chirac, photo Léo Delafontaine

       

      L’exposition montre 300 pièces, dont certaines pour la première fois, hors du Mexique

      La tête colossale de Lorenzo, iconique du style olmèque, n’était jamais sortie du Mexique. On en a trouvé 10, dont celle-ci, à San Lorenzo. 4 à La Venta, 2 à Très Zapotes et 1 à La Cobata. Celle – ci est la plus petite de San Lorenzo, elle pèse quand même 6 tonnes.  Outre le travail de sculpture sur le bloc en basalte de plusieurs tonnes, il faut imaginer l’inventivité de ces peuples pour transporter ces colosses du lieu d’extraction à l’atelier.

      Les sculptures représentent un homme qui porte un casque. S’agit-il d’un dieu ou d’un roi défunt? Certaines portent des traces de mutilation. Peut-être s’agit-il de dirigeants tombés en disgrâce ou de signes magiques pour conjurer le pouvoir d’une fonction.

      Les olmèques les contemplaient de face et de côté, le dos n’étant pas travaillé. On parle de sculptures en ronde bosse, c’est-à-dire non adossées à une paroi. On pouvait en faire le tour. Des traces de peinture indiquent une coloration originelle. Les sculptures dessinaient une allée, placées en ligne parallèle, menant à l’édifice civil ou cultuel. Des vestiges d’un palais ont par ailleurs été mis à jour sur ce site.

      On peut voir dans ces oeuvres une stylisation aboutie des formes. Visages de pierre d’une finesse remarquable, d’une expressivité forte. Lèvres épaisses entrouvertes,  yeux écarquillés de surprise ou de curiosité, sourcils froncés,  soulignent un  réalisme certain et une profonde sensibilité artistique.

      Un imaginaire qui nourrit le savoir autant que la science

      Les Olmèques et les cultures du golfe du Mexique.
      Archivo: Digitalización de las Colecciones del Museo Nacional de Antropología. INAH-CANON.

       

      C’est en ces termes que le Président du Musée du Quai Branly Jacques Chirac qualifie la culture olmèque. Pour lui, elle ressemble à cette fascinante sculpture de femme scarifiée, découverte brisée, intentionnellement dans une eau pure, à la vue de laquelle la femme prend forme. L’art olmèque est un art narratif, il raconte des histoires mystiques, d’une richesse et d’une grande poésie.

      Cette sculpture illustre l’histoire d’une femme « qui vient de loin, du pays humide. Peu l’ont vue. Son secret, le jour, elle est une pierre sur le bord du chemin, la nuit, une rivière, qui coule aux côtés de l’homme.« Emmanuel Kasarhérou, Président musée du quai Branly – Jacques Chirac

      Brisée et incomplète, cette oeuvre constitue un magnifique témoignage de l’art sculptural du Mexique ancien.  Elle daterait des premiers siècles de notre ère. Une offrande, dont on ignore si elle représentait une personnage important ou de grande renommée. Les scarifications sur les cuisses, les formes juvéniles confèrent à ce buste une beauté d’une étonnante sensualité.

      L’art olmèque est intarissable, il n’a cesse de nous intriguer et de nous interpeller. Les Olmèques et les cultures du golfe du Mexique,  une exposition à visiter jusqu’au 15 juillet 2021!

       

      Les Olmèques et les cultures du golfe du Mexique.
      ©Musée quai Branly – Jacques Chirac, photo Léo Delafontaine

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