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      [Critique] Mademoiselle Frankenstein, un moment d’effroi à la Folie Théâtre

      L’histoire de Frankenstein étant connue de par le monde entier, on en oublie l’origine. Âgée seulement de 19 ans, l’auteure, Mary Shelley, dévoile sa noirceur à travers l’écriture de l’œuvre Frankenstein. Empreint d’une féroce curiosité, Lazzaro Spallanzani use de sadisme à l’encontre de la jeune écrivaine afin de comprendre les rouages mécaniques de sa créativité.

      Quelles vérités se cachent derrière l’écriture de cette épouvantable histoire ?

       

      Mary Shelley, une auteure déroutante

      Épouse du défunt poète Shelley, la jeune femme répond quelques années plus tard à l’invitation de Lazzaro Spallanzani, durant un soir orageux du mois de juin 1826. De la séduction à la contrainte puis à l’hypnose, tous les moyens sont employés afin de comprendre les raisons qui ont amené la jeune romancière à accoucher de cet œuvre.

      Nous retrouvons Frédéric Gray et Christelle Maldague dans un huis-clos énigmatique. A travers leurs rôles respectifs de Lazzaro Spallanzani et Mary Shelley, les comédiens instaurent une ambiance lugubre et trépidante.

      Disposant d’un talent d’écriture admirablement « terrifiant », l’intrigue apparaît sous la forme d’un combat de joute verbale singulier. Un combat dans lequel l’enjeu semble primordial dans la quête de la vérité absolue. Assimilé à un  monstre dès sa plus tendre enfance, Lazarro maîtrise parfaitement les rouages de la torture. Seulement, le créateur et le monstre ne semblent pas être ceux que l’on croit aux premiers abords. Un rapport de force s’instaure entre les deux personnages, tour à tour à la fois dominant et dominé. Ils évoquent l’idée selon laquelle, réside en chacun d’entre nous une part de monstruosité.

      Mademoiselle Frankenstein constitue une réflexion philosophique intéressante sur la nature humaine. Par ailleurs, le projet de Trans humaniste qui consiste à vouloir modifier certains aspects de l’être humain nous incite à nous interroger sur les possibilités futures qu’offre la médecine. Sujet exploité également en cinématographie avec X-men ou Human Centipede, les fantaisies humaines qui pourraient devenir réalité doivent-elles être considérées comme une nécessité ou une abomination ? Lazarro évoque cette quête de l’évolution humaine en affirmant que le monstre créée peut être capable de sentiments compte-tenu de sa propre expérience.

      Mademoiselle-Frankenstein

       

      Madame Frankenstein: mise en scène d’une œuvre chaotique

      A l’ouverture du rideau, nous avons la surprise de découvrir les personnages dans le laboratoire du cruel Spallanzani. Toutes sortes d’objets étranges sont disposés de part et d’autre. Le faible éclairage apporte un aspect lugubre au lieu. Une chaise en métal au milieu de la pièce incite aux confessions extorquées. Au sein de ce laboratoire d’expérience occupé par Lazarro, un savant fou qui maîtrise la torture morale d’une main de maître. Le public est happé par le jeu de scène des personnages compte tenu du jeu de lumière et des bruitages. Cette inquisition nous tient en haleine tout au long du spectacle.

      Les costumes portés des années 1830 participent grandement au réalisme de la scénographie. Nous voilà projetés à une période durant laquelle le style romanesque aux tons neutres est compatible avec la bienséance bourgeoise.

      Suspendu aux lèvres des comédiens, il nous tarde de découvrir les abominables vérités que nous cachent les personnages. Le comédien Frédéric Gray est époustouflant dans le rôle du cruel Lazarro Spallanzani. Il parvient à nous capter par sa gestuelle et l’expression d’une folie animale mêlée à une humanité dissimulée. Christelle Maldague nous présente une Mary Shelley à la fois fragile et intrépide. C’est avec un remarquable charisme qu’elle parvient à le tourmenter insidieusement pour finalement se laisse ébranler par les remarques acerbes de son ravisseur.

      Même si la pièce s’essouffle légèrement lors du dernier acte, Mademoiselle Frankenstein vous plongera indubitablement dans l’univers machiavélique d’une œuvre considérée comme l’un des premiers romans de science-fiction.

      Ne ratez pas les prochaines représentations qui auront lieu du 02 septembre au 26 novembre 2016. Par ailleurs, une représentation spéciale Halloween aura lieu le 31 octobre 2016 à 20h.

       

      Infos pratiques

      Le spectacle «Mademoiselle Frankenstein» c’est A La Folie Théâtre
      6 Rue de la Folie Méricourt, 75011 Paris 
      Réservation au 01 43 55 14 80.

      Tous les vendredis et samedis à 21h. Relâches les 30 septembre, 1er, 21 et 22 octobre 2016.

       

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