More
    More

      Critique : C’est la vie au Théâtre du Rond Point

      « C’est la vie », un récit autobiographique, prenant et décalé, au Théâtre du Rond Point. Une mise en scène de Claude Brozzoni qui s’est terminée le 13 décembre.

       

      c'est la vie afficheC’est la vie : un monologue autobiographique

      Pour comprendre le contenu du texte de C’est la vie, il faut tout d’abord s’intéresser à son auteur Peter Turrini. Né le 26 septembre 1944 en Autriche, dans une famille modeste issue de l’immigration italienne, Peter débuta une carrière théâtrale controversée. Sa première pièce La chasse aux rats fit scandale à Vienne et à Munich et ses autres créations eurent du mal à se faire une place dans les théâtres de l’époque. A plus de 70 ans, l’auteur retrace sa vie. Une enfance compliquée à l’écart des autres, une soif de lire boulimique, des débuts timides avec le sexe opposé, la guerre, ses débuts en tant qu’artiste, les moments de gloire, les frustrations… Autant d’événements qui ont marqué sa vie et qui ont forgé l’homme et l’artiste qu’il est.

      « Quand on vient au monde, on ne sait pas si on sera heureux ou malheureux » Peter Turrini (première phrase de la pièce)

      « C’est la vie » est un texte poignant, intime et d’une grande sincérité. Porté par la voix et le jeu très particulier de Jean-Quentin Châtelain, on se laisse vite captiver par l’histoire qui nous est racontée. La diction du comédien, déroutante au début, créait finalement un personnage attachant, très singulier et charismatique. Les mots sont incarnés, la tension est palpable du début à la fin.

       

      Une mise en scène musicale expérimentale

      Peter Turrini a offert ce texte à Claude Brozzoni, son ami qui souhaitait à nouveau le mettre en scène. Peter décide alors d’écrire une revue. « C’est la vie sera un spectacle de témoignage et de confession, un cabaret expressionniste écrit comme un oratorio. Il passera en revue la vie d’un auteur sous forme de revue « tour de chant », à la recherche d’une démesure poétique. »

      Une fois l’oeuvre écrite, Claude Brozzoni a voulu y incorporer des textes politiques et des chansons afin de montrer toute la dimension engagée de l’auteur. Car en plus de ses pièces, Peter Turrini donna de nombreuses conférences politiques durant une trentaine d’années. Il y critiqua les dysfonctionnements de la société autrichienne, la religion, l’économie, « les pouvoirs de l’égoïsme », le rejet et le racisme.C'est la Vie-2 @Isabelle Fournier

      Pour mettre tout cela en scène, Claude Brozzoni a choisi d’accompagner le comédien de deux musiciens live sur scène. La musique s’apparente à une forme expérimentale, dissonante, apportant une touche qui se veut moderne, mais qui dénote trop du jeu traditionnel du comédien. Par ailleurs, une vidéo expérimentale est projetée pour accompagner le texte mais ne vient pas nourrir le propos dramatique.

      Le décors et l’habillage sonore semblent venir combler une peur du vide mais ne forment pas un tout harmonieux avec le jeu du comédien. La forme globale est un peu trop décalée par rapport au ton employé par le comédien qui nous fait voyager dans une époque révolue et poétique.  A vouloir utiliser des procédés en vogue et modernes, certains metteurs en scène s’éloignent du modernisme. Dans ce cas précis, le texte aurait pu être porté avec moins d’artifices. Le texte est riche, le personnage se met à nu, alors pourquoi vouloir trop l’habiller ?

      Interview de Jean-Quentin Châtelain

      Informations pratiques

      C’est la vie est joué au Théâtre du Rond Point
      2bis av Franklin D. Roosevelt – 75008 Paris
      01 44 95 98 21

      Cette pièce n’est malheureusement plus jouée pour le moment.

      Durée : 1h15

      0

      LAISSER UN COMMENTAIRE

      S'il vous plaît entrez votre commentaire!
      S'il vous plaît entrez votre nom ici

      Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.