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      « Ces gens-là » : la Compagnie des Songes rend hommage à Jacques Brel

      Après avoir enchanté le festival « Culture en fête » de Saint-Benoît-du-Sault dans l’Indre, l’été dernier, puis le Théâtre Michel à Paris, la Compagnie des Songes nous a offert avec le spectacle de théâtre musical « Ces gens-là« , un vibrant et magnifique hommage à Jacques Brel, au Théâtre des Enfants Terribles.

      C’est ce que Jacques Brel aimait par-dessus tout : « raconter des histoires, des petites fables », « être le conteur du village ». Alors pour le comédien et metteur en scène de théâtre et d’opéra François Tardy, créer une belle histoire à partir de ces petites fables que sont les chansons de Jacques Brel est apparu comme une évidence. Et on ne peut que le remercier pour ce merveilleux éclair de lucidité.

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      Crédits photo : Raigisse Galez

      Le spectacle s’ouvre sur un dialogue entre Jacky – qui nous le découvrirons plus tard, n’est autre que l’alter ego de Jacques Brel – et le mystérieux personnage du diable, qui apparaît en tenue de deuil. Le diable lui confie une mission, celle de revenir sur la terre pour redonner aux hommes le goût perdu du rêve, la saveur lointaine de l’enfance, l’envie de redevenir « des chercheurs d’or ».

      Mission – ou plutôt Aventure – qu’il accepte et dans laquelle il nous embarque pour couvrir de soleil la laideur des faubourgs.

      Nous voilà assis au bar de la maquerelle Adrienne de Montalant, en compagnie de Jeff, Pierre, Madeleine, Jojo, Mathilde et Frida. Il se retrouvent, comme chaque jour, pour regarder couler la vie, partager leurs joies, leurs peines, leurs déboires amoureux, leur tristesse depuis le départ de Jacky. Lorsque celui-ci réapparaît après des années d’absence, la joyeuse troupe s’anime et chante le bonheur des retrouvailles, trinque à la santé des femmes, de l’amitié éternelle, et de l’amour.

      Article rédigé par Hermine

       


      Crédits photo : Raigisse Galez
      Crédits photo : Raigisse Galez
      Crédits photo : Raigisse Galez
      Crédits photo : Raigisse Galez


      Sur les arrangements du guitariste Alexandre Debrun et du pianiste Antonin Tardy, Jacky (Jimmy Bregy) entre magnifiquement en scène en clamant sa quête. Jeff (Michaël Barbeiro) fixe désespérément, un bouquet de lilas à la main, son horizon, Madeleine (Océane Dailly/Coralie Prévot), qui n’arrivera jamais à temps pour prendre le tram 33. La dure mais touchante Adrienne (Leila Badraoui) chante qu’elle ne sait rien de tout cela mais que ce qu’elle sait, c’est qu’elle aime encore. Jojo (Arno Nguyen), quant à lui, se sert son énième verre pour noyer son chagrin et être sans tristesse et sans passion. Et tandis que Pierre (Louis Lefebvre) apporte des bonbons à Adrienne parce que les fleurs, c’est périssable, au prix des moqueries d’un monde plein de polissons, Frida (Bérénice Gautier) et Adrienne gravitent elles, folles d’amour, autour de l’étoile Jacky, jusqu’à ce que Mathilde (Charlotte Bigeard) revienne. Enfin, un mendiant (Romain Raymond) déambule lentement, une couverture sur les épaules et des cartons dans les bras, les ramenant brusquement à la réalité, dans des morceaux de silence intense.

      Crédits photo : Raigisse Galez
      Crédits photo : Raigisse Galez

      Les chassés-croisés s’enchaînent, les personnages se tombent dans les bras, se heurtent et se déchirent sur fond de guitare, de piano et de danse folle.

      Ce spectacle nous bouleverse autant par la beauté des mots fredonnés, la poésie des dialogues que par la joie contagieuse des comédiens-acteurs . La voix incroyablement juste de chaque comédien, en particulier celle de Jacky, nous atteint droit au cœur. On ne s’ennuie pas un instant devant les cabrioles de ces simples troubadours aussi hilarants qu’émouvants, on passe du rire aux larmes d’une saynète à une autre. On se prend d’une irrésistible envie de joindre la valse à mille temps portée par les interprétations de chansons comme « Les bourgeois », « Dans le port d’Amsterdam », « l’Aventure » ou de « Sans amour ». Notre cœur se brise subitement en mille morceaux lorsque Jacky et Frida entonnent à l’unisson « Quand on a que l’amour ».

      On sort du spectacle gonflé d’émotion et de reconnaissance. Il a beau pleuvoir sur les trottoirs des grands boulevards, on brûle encore en fredonnant les hymnes que le Grand Jacques faisait aux femmes, à l’amour, à la liberté et à la solitude. On rentre chez soi avec une furieuse envie de réécouter ce sublime répertoire avec un verre de whisky estampillé aux initiales de notre conteur favori, J&B.

      Aucun doute, ces gens-là l’ont atteinte, l’inaccessible étoile.

       

      Infos pratiques

      En attendant que la Compagnie des Songes puisse proposer de nouvelles dates de spectacle, vous pouvez jeter un coup d’œil et prêter une oreille au teaser du spectacle « Ces gens-là ».

      Suivez toute leur actu sur la page Facebook et sur le site web.

      Durée: 1h10

      Crédits photo : Antoine Kimmerlin
      Crédits photo : Antoine Kimmerlin

      1 COMMENTAIRE

      1. Merci à Hermane pour ce commentaire généreux concernant « ces gens-là » vous avez raison c’ est un beau spectacle rempli de poésie.. Tous ces jeunes comédiens (jeunes femmes et jeunes gens méritent toutes ces louanges sans oublier les musiciens et le metteur en scène François Tardy Jacques BREL aurait beaucoup aimé.

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