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      Dead of Summer : critique du pilot

      Cet été voit débarquer une nouvelle série sur ABC, Dead of Summer, co-création de Ian Goldberg, Edward Kritsis et Adam Horowitz (tous deux de Lost et Once Upon a Time) ;

      Après le reboot télévisuel de Scream et la série originale et Scream Queens, il semblerait que le slasher ait le vent en poupe. Le genre, popularisé par le Halloween de John Carpenter (1979) s’était vu dépoussiéré avec le Scream de Wes Craven (1994), donnant naissance à une vague de néo-slashers dans les années 90 et au début des années 2000, une réforme horrifique qui voyait ses œuvres jouer des codes du genre dans une espèce de second-degré burlesque. En cela, Dead of Summer devrait elle aussi suivre cette voie, mais qu’en est-il vraiment ?

      La série rappelle ainsi immédiatement Vendredi 13 (1980) de Sean S. Cunningham, et tous les prequels/remakes/reboots qui l’ont suivi, dont l’intrigue bien connue se déroule dans une camp d’été dans lequel rôde un tueur masqué massacrant un à un les moniteurs, peu de temps avant l’ouverture. Ici, le principe est le même : dans les années 80, un groupe d’adolescents se retrouve à Stillwater Camp quelques jours avant l’ouverture pour préparer le terrain, mais d’étranges phénomènes ont lieu dès leur arrivée. Parallèlement, nous découvrons le passé de l’héroïne, Amy, et la raison de sa venue au camp.

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      Le problème, ce que ce qui semblerait être un pastiche nostalgique à la base, apparaît plus comme une accumulation désagréable et indigeste de clichés : les personnages sont ultra-archétypaux (la bombasse prétentieuse, le gay efféminé, le beau gosse protecteur, le rocker marginal et mutique) et artificiels, comme s’ils avaient été spécifiquement écrits pour répondre aux poncifs vus et revus. Et c’est là que se situe tout l’enjeu de la série: parvenir à apporter un nouveau souffle à un genre sur-exploité, usé jusqu’à la moelle, et dont nous connaissons d’avance toutes les issues.

      Aussi, malgré quelques tentatives, le pilot pose son cadre sans que rien de surprenant ne vienne le secouer : le jardinier rappelle les hillbillies de Massacre à la tronçonneuse ou La colline à des yeux, les beuveries autour du feu n’ont rien de terrifiants, et même le passif d’Amy – qui, elle, intrigue, cela dit –, divulguée entre quatre scènes relativement expéditives, sent le réchauffé. C’est sans compter sur une mise en scène qui tue la tension dans l’œuf, clairement calibrée pour une audience pré-adolescente, et une ambiance qui ne parvient jamais à distiller la moindre angoisse.

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      Surtout qu’on a du mal à y croire, tant les personnages font preuve d’une effarante crédulité. En quarante minutes d’épisodes, déjà un mort, une maison en feu, un cerf éviscéré, et des branches d’arbres qui sortent de nulle part, mais les personnages parviennent quand même à dormir sur leurs deux oreilles et n’ont pas peur d’aller rallumer le compteur électrique de l’autre côté du bois quand le courant a mystérieusement sauté. Cet anti-réalisme abusif n’aurait rien eu de dérangeant si l’on avait misé sur un humour parodique pour le contrebalancer, mais les dialogues eux-mêmes sont d’une frivolité sérieuse et improbable (comprenez qu’on nous fait croire que les intérêts des personnages sont importants même quand ces-deniers n’ont rien à dire).

      A voir, désormais, si le reste de la saison parviendra à rehausser le niveau et à offrir quelque chose de neuf, si elle n’est pas envahie par des sous-intrigues niaises, juvéniles et par dessus tout recyclées et prévisibles : pour l’instant, c’est un peu tout ce qu’on a vu.

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