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      Critique « Outlander », saison 5 (Netflix) : une saison de transition ?

      La cinquième saison d’Outlander avait débuté le 17 février dernier avec un épisode hebdomadaire diffusé sur Netflix. Cette saison est l’adaptation du cinquième tome La Croix de Feu de la saga littéraire Le Chardon et le Tartan de Diana Gabaldon. Revenons sur les douze épisodes. Attention, spoilers !

      Un ensemble inégal

      Sam Heughan (Jamie Fraser)
      Sam Heughan (Jamie Fraser)

      Si le début de la saison 5 avait débuté avec un climat anxiogène lié à l’éventuel retour de Stephen Bonnet, certains épisodes comportaient des longueurs.

      En effet, l’ensemble paraît inégal. Tandis que certains épisodes se concentraient sur de petites intrigues, d’autres, au contraire, avaient un rythme très soutenu. Parmi ceux-là, nous retiendrons l’épisode 7, The Ballad of Roger Mac, qui est par ailleurs, l’épisode avec le plus de portée historique de cette saison. Il mettait en scène la répression des Régulateurs par l’armée qui eut lieu le 16 mai 1771, à Alamance.

      Les scènes de bataille d’Outlander, quant à elles, sont toujours aussi grandioses. Celle-ci diffère des précédentes, puisque ce sont des Ecossais qui s’affrontent, répartis entre la milice de Jamie et les Régulateurs. Nous voyons également qu’il s’agit d’une bataille asymétrique, car les combattants de la couronne sont bien plus à même de se défendre que les rebelles, modestement armés. De plus, l’organisation des rangs est bien plus au point du côté des manteaux rouges. Jamie se retrouve alors dans une position délicate, et tente de dissuader l’ambitieux gouverneur Tryon. Notre protagoniste est d’ailleurs contraint de porter le manteau rouge. Avant même que la bataille n’ait lieu, les canons sont mis en évidence grâce à certains plans.

      Par ailleurs, les prestations de Sam Heughan (Jamie Fraser) et Duncan Lacroix (Murtagh Fitzgibbons) étaient particulièrement remarquables. On pense notamment à la loyauté de Murtagh vis-à-vis de Jamie qui a entraîné sa mort, et à la tentative désespérée de son filleul de vouloir le sauver. Ces scènes n’en sont que plus bouleversantes quand on connaît le lien qui unit les deux hommes depuis la première saison d’Outlander.

      Une intrigue attendue mais trop peu exploitée

      Caitriona Balfe (Claire Fraser) & Ed Speleers (Stephen Bonnet)
      Caitriona Balfe (Claire Fraser) & Ed Speleers (Stephen Bonnet)

      L’épisode 10, Mercy Shall Follow Me, où Stephen Bonnet fait enfin son retour, mettait certainement en scène un des moments les plus attendus de la saison. Le personnage incarné par Ed Speleers était au moins aussi terrible que Black Jack Randall, qui marqua les premières saisons d’Outlander.

      On peut reprocher à cet épisode de combiner trop d’éléments. Ainsi, Bonnet revient, capture Brianna, et manque de la vendre à un homme dans la traite des blanches. Dans le même épisode, on assiste à sa mort, trop expéditive à notre goût, malgré le fort impact de Bonnet sur la famille Fraser.

      Brianna la précipite d’ailleurs, portant le coup fatal alors que Bonnet était condamné à mourir par noyade. Ce geste semble être expliqué par une scène particulièrement troublante de l’épisode, où on découvre un côté plus humain chez le terrible capitaine. Cette sensation de huis clos lors de la captivité de Brianna, développe la psychologie des deux personnages qui se retrouvent en face à face. Ces scènes soulignent particulièrement le côté imprévisible de Bonnet, tantôt sensible, tantôt extrêmement violent.

      Pourtant, nous restons sur notre faim, le scénario n’ayant pas exploité au maximum le potentiel de ce personnage complexe.

      Une réalisation de l’épisode final hors du commun

      Caitriona Balfe (Claire Fraser)
      Caitriona Balfe (Claire Fraser)

      L’épisode final est l’apothéose de cette cinquième saison, tant par rapport au jeu des acteurs – particulièrement celui de Caitriona Balfe – que par rapport à sa réalisation soignée.

      Claire subit les conseils médicaux donnés sous le nom du docteur Rawlings. Mais, jusqu’où Claire peut aller pour prodiguer ses conseils aux femmes, comme pour leur éviter une grossesse ? Trop en avance pour l’époque, elle finit par en faire les frais lors de scènes très éprouvantes psychologiquement.

      On a une alternance entre ces scènes difficilement supportables et les projections internes de Claire. Elle dissocie son corps de son esprit pour survivre. Ainsi, elle s’imagine dans son époque, dans les années 60, avec sa famille quasiment au complet. Cependant, Brianna et Roger manquent à l’appel. Murtagh, par contre, reprend vie dans les pensées de Claire. C’est une réalité qui nous semble fantasmée, presque onirique quand on prête attention à la photographie de ces scènes. Le fond musical avec Never My Love. L’écho des voix renforce cette sensation de rêve. Nous suivons également les personnages comme si nous étions à la place de Claire, les plans étant filmés à leur hauteur. Le visage de Jaime est par exemple filmé en contre-plongée.

      Sam Heughan (Jamie Fraser) & Caitriona Balfe (Claire Fraser)
      Sam Heughan (Jamie Fraser) & Caitriona Balfe (Claire Fraser)

      Le décor semble être comme un Fraser’s Ridge modernisé, puisque la maison se trouve au coeur de la nature. Notre regard s’est également porté sur certains détails. Claire voit entre autres un lapin, qui pourrait sembler anodin. Il nous rappelle pourtant celui que Jamie voit lors de la bataille de Culloden. Il se pourrait que l’animal soit un clin d’oeil à la mythologie celtique ; une banshee prendrait cette forme animale.

      Quoi qu’il en soit, on retrouve bien la signature d’Outlander, avec ses moments d’émotion et ses moments de violence. Il est cependant regrettable que certains épisodes ne fassent pas vraiment avancer l’intrigue. Au contraire, certains épisodes semblent aller trop vite d’un point de vue scénaristique. Le scénario a survolé la question du retour dans les années 60 de Roger et Brianna. Le final ouvre une intrigue prometteuse sur la question de comment Claire se remettra de ce traumatisme. Il se peut que cette saison ait été volontairement plus lente pour laisser place à la guerre d’Indépendance dans la prochaine.



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