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      Critique « Lost In Space » (Netflix)

      Encore un énième reboot ? Au grand risque de vous décevoir, il semblerait bien que ce soit le cas. Mais celui-ci touchera votre coeur d’enfant nourri aux films de Spielberg. Si c’est pas mignon.

      « Les grands exploits à travers l’Histoire,
      Ont été la conquête de ce qui semblait impossible. »

       Charlie Chaplin

      Famille, coopération et amitié

      An de grâce 2046, la Terre se meurt. La famille Robinson fait partie d’une multitude d’autres familles sélectionnées pour explorer les confins de l’espace, et le coloniser, dans le but d’offrir une alternative viable à une Humanité à court de souffle. Victime d’un accident, la famille va être obligée d’atterir en urgence sur une planète en apparence inhospitalière, mais renfermant de nombreux secrets.

       

      Dans les étoiles : une infinité de possibilités, l’infinie vacuité scénaristique 

      D’aucun diront que cette série joue la facilité. Et ce n’est  pas faux : les personnages sont des clichés, les enfants sont tous surdoués, les problèmes sont résolus avec une aisance déconcertante et les facilités scénaristiques tombent à point nommé. Ces éléments agrémentent le parcours de notre famille malchanceuse, et peuvent tendre à faire décrocher l’oeil avisé. Mais justement, ces incohérences se conçoivent dans la naïveté qui empreint ce genre de réalisations. Loin de pousser à la réflection philosophique comme pourrait le faire l’excellent Moon ou dans l’acclamé Interstellar, la série Lost In Space s’amuse de ces facilités afin d’en faire un divertissemment familial. Les décors et la bande-son, il faut l’avouer soignés, sont là pour donner au spectateur l’envie de voyager, d’oser rêver, plus que de se poser des questions sur le sens de la raison qui nous entraîne. Nous regretterons que justement, les réalisateurs ne se soient pas pris au jeu de la folie. La planète qui accueille plus ou moins contre leur gré les Robinson, aussi inhospitalière soit-elle, rappelle terriblement la Terre et ne donne pas cette part de mystère et d’émerveillement comme a pu le faire un Avatar ou un Star Trek

      Ainsi Lost In Space pourrait être considéré comme un conte moderne, prônant l’esprit de famille, l’entraide, la découverte de l’autre (notamment avec la relation entre le robot extraterrestre et le jeune Will, malheureusement pas assez poussée). Et avec ce titre, doit lui être apposé un traitement plus souple, sans doute plus innocent. 

      Les années 1980 en 2018

      Reboot d’une série des années 1960, elle même rebootée dans un film de 1998, la nouvelle série de Netflix semble utiliser les codes des années 1980 avec les moyens de 2018. Mettant en scène une famille composée majoritairement d’enfants ou de jeunes adolescents, il semble difficile de ne pas effectuer de parallèle avec les films de notre enfance, d’E.T. l’Extraterrestre aux Goonies en passant par L’Histoire Sans Fin ou encore Jumanji. Faisant fi du kitsch digne de Dr Who de la série de base, à une lointaine époque où l’on considérait que la conquête spatiale se ferait en tenue d’aluminium, Lost In Space utilise volontiers le langage de cette culture  de la science-fiction sans jamais en abuser. A l’image de certaines productions Netflix, dont l’argument Stranger Things fait figure d’autorité, l’entreprise américaine semble tout miser sur la nostalgie. Et elle fait bien, car c’est ce qui semble marcher. Pour preuve, la série Lost In Space vient d’être renouvelée pour seconde saison, prévue courant 2019.

      Bande annonce de Lost in Space

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