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      Critique de « Love and Anarchy » : une romance, qui peine à convaincre

      Deuxième série suédoise en exclusivité Netflix, Love And Anarchy est une courte série romantique de 8 épisodes d’une demi-heure en moyenne. Elle met en scène la romance entre Sofie, mère de famille, qui vient d’être embauchée pour sauver une maison d’édition au bord de la faillite et Max, jeune informaticien, qui vient de décrocher son premier emploi stable. La série est rythmée par la dynamique de leur histoire ; Max va inventer un jeu de challenges où les deux personnages vont devoir aller de plus en plus loin dans des défis qui vont remettre en question eux-même et leurs perceptions du monde.

      Un visage différent de l’amour

      S’il y a quelques années, une femme plus mature et un jeune homme choquaient, ici, un seul personnage y fait allusion. Ce n’est pas un point essentiel. Néanmoins, beaucoup d’autres aspects peuvent être surprenant au premier abord. En effet, le début de la relation de Sofie et Max est en premier lieu dû au fait que Max l’a filmée alors qu’elle regardait un film pornographique au travail. L’autre aspect pouvant paraitre choquant est la tromperie de Sofie ; elle commence une relation avec Max alors qu’elle est mariée depuis de nombreuses années.

      Dans Love and Anarchy, les codes des comédies romantiques sont totalement bouleversés. Loin de l’image de demoiselle en détresse ou de chevalier servant, les deux personnages sont à l’opposé de la perfection des personnages de films romantiques dont est accoutumé tout spectateur de ce genre de films.

      Une histoire mal développée

      Malgré un scénario prometteur, Love and Anarchy peine à convaincre. L’histoire semble presque forcée tant les personnages se connaissent peu. La seule trame de cette série est ce jeu de défis, qui, certes, contredit des normes sociales mais qui n’installent que peu de dialogue entre les personnages. Il faudra atteindre l’épisode 5 pour que Sofie apprenne juste si Max a des frères et sœurs. Ici, les évènements s’enchaînent mais n’ont pas de liens. Ce jeu, qui agit comme liants aux intrigues ressemblent plus à des jeux d’enfants qui s’ennuient qu’à des adultes dans la vie active. Comme par exemple, quand Max laisse le défi à Sofie de marcher en arrière plusieurs heures d’affilée ou de venir habillée en Cindi Lauper.

      De plus, la série commence beaucoup d’intrigues mais en finit peu. De nombreux thèmes sont abordés : l’addiction aux films pornographiques de Sofie, pourquoi la mère de Max s’est détachée de lui… Si la série appelle clairement à une deuxième saison, elle finira sans doute ces intrigues qui, plus qu’être laissées en suspens, donnent l’impression de n’avoir pas de réelles importances.

      Une critique de la vision moderne de la littérature

      Une grande partie de la série est consacrée à la maison d’édition. Love and Anarchy fait ici une véritable critique sur le manque d’intérêt vers la littérature. Si cette maison d’édition coule, c’est parce que non seulement les gens ne lisent plus mais aussi, que le monde a changé. Le personnage de Friedrich, un des attachés de presse principaux de l’entreprise et personnage secondaire important, agit comme la voix d’un homme en contradiction avec la société moderne en raison de son goût prononcé pour les belles-lettres et qui se retrouve dépasser par celles-ci. On va le voir tenter des choses, qui sont en dehors de sa zone de confort pour se dépasser et c’est cette difficulté à le faire, qui le rend si attachant et si réaliste pour le téléspectateur.

      Au-delà de cette critique de la société moderne, on peut le voir aussi comme une métaphore de l’évolution inévitable du monde. Tout comme Friedrich ou la maison d’édition, il est inévitable d’évoluer pour rester d’actualité.

      Si aucune deuxième saison est annoncée pour l’instant, les scénaristes ont très clairement laissé assez de place pour qu’elle puisse se faire. Bien qu’elle n’ait reçu aucun prix pour l’instant, Love and Anarchy a su se glisser dans le top 10 de Netflix France, ce qui pourrait influencer les décisions vis-à-vis de l’éventuelle production d’une suite. Ni totalement mauvaise, ni excellente, cette série a le mérite d’essayer de faire quelque chose de nouveau et d’arriver à rendre intéressante une histoire étonnante sur de nombreux aspects.

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