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      Critique « X-Men Apocalypse » de Bryan Singer

      Sorti ce mercredi sur le territoire français, X-Men Apocalypse est le 9ème film de la franchise X-Men (si l’on y inclut les deux films sur Wolverine et le récent Deadpool), et le 4ème film de Bryan Singer au sein de la saga.

      Mutagène, dieu et mythologie.

      Ce nouvel opus apparaît dans la continuité directe de la seconde saga, initiée par Matthew Vaughn en 2011 avec X-Men : Le Commencement. Bryan Singer met de nouveau en scène Michael Fassbender et James McAvoy dans leurs rôles respectifs de Magnéto et Professeur X, les deux protagonistes anthologiques des X-Men. Cette fois, les mutants de Charles Xavier, où les jeunes Diablo, Jean Grey ou encore Scott, sont de retour, et vont se confronter à l’immense Apocalypse, premier mutant universel aux pouvoirs démentiels, capable de renverser un monde à lui tout seul.

      Apocalypse
      Apocalypse

      Que ce soit clair, X-Men Apocalypse n’atteint pas la qualité de ses deux prédécesseurs, mais ne déshonore pas pour autant une saga de super héros ambitieuse et brillante, aux thématiques fortes et profondes. X-Men Apocalypse s’ouvre sur une séquence présentant la genèse de Apocalypse. Le spectateur assiste à la naissance du méchant avant le retour du générique à la sauce Singer, qui renvoie expressément au premier X-Men il y a 16 ans, porté par la musique de Michael Kamen. La suite s’avère laborieuse. Après une mise en place lente et parfois maladroite, Singer entre dans le vif du sujet après une très longue demi-heure, par le biais d’une mythologie contrôlée à la perfection. Ainsi, le metteur en scène de Usual Suspects, joue avec les codes des X-Men, et influe une valeur biblique intéressante. Apocalypse s’auto présente comme le Messie de la race mutante, comme Magnéto avant lui, et est persuadé que la solution finale est le seul moyen de vivre en paix sur un monde équilibré. Accompagné de ses quatre cavaliers de l’Apocalypse, référence directe à la Bible, le mutant originel tente de purifier la Terre des hommes. Faire le bien par le mal, la renaissance par les cendres. Véritable Dieu mutant, Apocalypse remet en doute les religions de l’Homme, remet en doute ces faux dieux qui guident l’existence de la race humaine. Les thématiques demeurent passionnantes et véritablement bien pensées. Pour autant, l’écriture de Singer est limitée, et ne permet pas de développer le total potentiel de cette histoire préalablement bien imaginée.

      L’écriture paresseuse de Bryan Singer empêche un renouvellement indispensable.

      x-men-apocalypse

      X-Men Apocalypse ne parvient pas à se hisser au niveau de ses grands frères, à cause d’un défaut d’écriture indéniable et un manque total de renouvellement. Singer ressort des tiroirs des personnages connus du grand public. Ainsi, X-Men voit le retour de Jean Grey, Cyclope, Diablo, Tornade et Angel, pour des utilisations parfois douteuses. Si ce n’est Jean Grey, qui prend une certaine importance, et est un outil de fan service très efficace, référence au phoenix évidente, et à la puissance impressionnante, les autres protagonistes n’ont malheureusement pas l’épaisseur qui leur ai due. Tous ces anciens, ramenés à l’âge de la puberté, ne possèdent que quelques lignes de dialogues, ne font que quelques apparitions de ci de là, et n’ont une présence que relative dans le long métrage. Il en va de même avec l’écriture du méchant, Apocalypse n’étant qu’un visage boursouflé derrière lequel Oscar Isaac ne parvient pas à s’exprimer. Lui ou un autre acteur, aucune différence. Singer ne donne aucune portée à son méchant, le présentant comme un mégalo, certain de son idéologie très rudimentaire. Apocalypse, méchant emblématique et surpuissant de l’univers X-Men sur le papier, s’apparente plus au Fatalis fade du premier film Les Quatre Fantastiques, un personnage charismatique et stylisé, mais aux intentions communes et lassantes. Le cinéaste ne parvient pas à lui insuffler la petite dose de magie pour en faire un méchant mémorable.

      Encore une fois, X-Men Apocalypse repose sur les épaules de Charles Xavier, Magnéto et Mystique, où leurs relations ambiguës et compliquées continuent de rythmer l’univers X-Men. Avec leurs notions floues de bien et de mal, leurs visions opposées du monde, leurs motivations parfois liées, ces protagonistes restent et resteront la touche de pertinence de cette saga. Subtile et intelligente, la vision de ces vieux amis est l’intérêt premier des films, et accessoirement des comics X-Men. Pour autant, Magnéto comme Professeur X, sont eux aussi relégués au rang d’outils, pour faire avancer une intrigue légèrement réchauffée. Magnéto, personnage immensément puissant, très bien présenté par Singer, reste malheureusement à l’état de personnage rudimentaire, manipulé à des fins horribles. La saveur du personnage disparaît, sauvée in-extremis par son esprit torturé et la classe folle de Michael Fassbender. Mais ce nouveau X-Men ne parvient pas à se renouveler, énième confrontation entre bien et mal, pourtant subtilement représentée par des personnages ambigus.

      X-Men Apocalypse : une magnifique claque visuelle et un profond respect des personnages.

      X-Men-Apocalypse

      Heureusement, la réalisation de Bryan Singer fait bien souvent oublier le scénario parfois fragile, grâce à un rythme subtilement dosé, une exposition des personnages respectueuse de leurs caractères et particularités. Singer, précurseur du genre super héroïque au cinéma avec X-Men, respecte profondément les personnages créés par Stan Lee et consort, respecte leurs aptitudes, leurs faiblesses, leurs peurs, etc… Sa photographie très réussie et les effets spéciaux renversants permettent une qualité d’image rare, une fluidité supérieure à de nombreux films du genre. La beauté des effets spéciaux permet d’offrir une réalisation des pouvoirs de chaque mutant avec classe et réalisme. À l’image de la séquence tant attendue avec QuickSilver, le mutant le plus rapide du monde, qui court de nouveau à toute allure pour sauver une dizaine de jeunes mutants sur Sweat Dreams de Eurithmics. Après la très grande scène d’action qu’offrait le personnage dans Days of Futur Past, Singer est parvenu à réaliser une scène encore plus aboutie. Avec une maîtrise hallucinante, il offre une séquence encore plus impressionnante. Une claque au milieu du film. Quant aux fans du mutant griffu, son caméo, sans être transcendent, reste diablement efficace. Rassurez-vous, son apparition est un peu plus longue que la mémorable punchline de X-Men Le Commencement, et beaucoup plus musclée. Wolverine est venu, a vu, a vaincu.

      Finalement, ce X-Men Apocalypse demeure un divertissement très efficace, maitrisé, et abouti dans sa réalisation, mais la fadeur de certains combats, le manque d’épaisseur de certains personnages, et la répétition des thématiques et enjeux, dévoilent un terrible manque de renouvellement. 

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