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      WEI OR DIE, notre critique du cinéma de demain

      A la fois violente et interactive, telle se présente cette nouvelle fiction, WE OR DIE, d’un autre genre qui sera lancée sur le web par le réalisateur, Simon BOUISSON. Des étudiants de première année d’une Grande Ecole se retrouvent pour un weekend d’intégration qui va prendre les allures d’un thriller social lors de la découverte d’un corps gisant dans un lac. Suite à la contradiction des témoignages, la police décide de saisir l’intégralité des images filmées à ce qui s’apparente à un ‘’traditionnel bizutage’’.

      Un film qui nous rappelle Projet X

      L’innovation résulte du fait que les scènes filmées sont retranscrites sur la Real timeline. Extraordinaire concept qui permet à l’internaute d’aborder les différents points de vus en visionnant les images en temps réel provenant d’un drone, d’un portable et d’une caméra, appartenant aux différents protagonistes. Nous pouvons suivre les personnages que nous souhaitons selon les séquences filmées. Wei or Die apparaît comme un long-métrage qui nous rappelle Project X. Tourné caméra au point, nous suivons les enregistrements réalisés par un certain nombre d’étudiants dont le rendu permet à l’internaute d’être au plus près des évènements. Nous sommes alors placés au coeur du dispositif Transmédia. Cependant, le déroulement du film est assez linéaire. On commence par suivre l’arrivée en bus des étudiants survoltés puis le début des festivités commence au bord de la piscine. L’ambiance monte crescendo, le soleil est présent, l’alcool coule à flot, la musique s’amplifie et les étudiants semblent prêts à relever les défis. Plus nous avançons dans le film, plus nous sommes tiraillés entre l’angoisse amplifiée par la musique assourdissante et l’absurdité du comportement démesuré de ces jeunes à l’image de La Crème de la Crème. C’est alors que nous avons conscience qu’il peut arriver n’importe quoi dans les secondes qui suivent. L’intégration est filmée à son paroxysme.

      Simon BOUISSON aborde un sujet d’actualité devenu récurrent au travers les thèmes du bizutage, de l’intégration et des traditions étudiantes qui s’accompagnent avec l’entrée dans les Grandes Ecoles. De nombreux dérapages ayant fait la une des journaux, nous amènent à nous interroger sur les conséquences, les dangers et l’évolution de la pratique interdite en France depuis 1998. Il apparaît tout au long de la projection que certains rites d’intégrations peuvent être drôles en premier lieu puis apparaissent déstabilisants voir dangereux après réflexion.

      La définition du bizutage n’étant pas la même pour tous, on remarque dans le film quelques personnages qui remettent en question la légitimité et la dangerosité de certains rites. Lorsqu’un ‘’Ancien’’ renverse du pâté pour chien sur Anna, ou bien lors du plongeon JB dans la piscine sous la pression du groupe alors qu’il avait précisé qu’il ne savait pas nager. D’ailleurs son refus est sanctionné par l’animateur, Alexandre, qui lui maintient la tête dans l’eau à son retour et lui attribue le surnom de ‘’Loser’’. Les étudiants flirtent avec la frontière morale au travers de ces expériences d’intégrations. Mais par qui est-elle fixée? Les ‘’Anciens’’ veillent à repousser les limites de chacun afin d’assoir leur domination. On retrouve ce rapport de force par la sexualité qui constitue l’une de ces limites exacerbée par l’alcool et les pulsions presque animales tant le désir est palpable.

      wei or die meilleure oeuvre transmedia

      Il convient de rappeler que le bizutage est devenu un délit punissable de 6 mois d’emprisonnement et de 7500 euros d’amende depuis la loi du 18 juin 1998 portée par Ségolène Royale. La définition porte principalement sur l’importance du ‘’consentement’’ de la victime lors de la pratique et de l’absence d’actes ‘’humiliants ou dégradants’’. Est-on réellement libre d’y participer? Théoriquement oui dès lors que les étudiants semblent s’attendre à devoir endurer des épreuves difficiles comme le démontre la scène dans le bus au début du film: ‘’On va en chier’’. Cependant, entre en jeu la théorie de la « soumission librement consentie » qui s’enchaîne par une sorte d’escalade d’un engagement qui consiste à dire « puisque j’ai consenti à participer donc je vais jusqu’au bout. Et si j’ai accepté c’est que ce n’était pas si terrible. »

      Saluons le travail d’écriture qui nous tient en haleine jusqu’à la résolution de l’enquête. Wei or Die est un jeu immersif qui nous implique en temps réel dans une maison devenue l’expression la plus perverse de la jeunesse estudiantine. Chacun pourra se reconnaître à travers les personnages dépeints, se remémorer certains souvenirs et très certainement aboutir à une prise de conscience des dérives dangereuses, voir mortelles.

      Pour plus d’informations sur le film:

      Lucienne

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