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      Weezer sort un nouveau clip

      Weezer ! Mais si, ce groupe californien né au début des années 90 et qui ne se prend pas au sérieux, se jouant des codes de l »‘American way of life » et se moquant du statut de rock star. Pour cette catégorie de musique, l’Amérique d’alors est marqué durablement par les Pixies, dominé par Les Red Hot, Pearl Jam et Nirvana, et toutes les radio-cassettes passent « Give It Away » ou « Alive » en boucle. Toutes? Non! Un petit groupe d’irréductibles trublions résiste encore et toujours aux envahisseurs.

      Hymnes potaches et pastiches

      Weezer, les seuls capables d’écrire une chanson sur un pull – « Undone (The sweater song) » de l’album éponyme de 1994 – et de nous émouvoir avec. C’est que cette chanson est ce qu’on appelle en américain un anthem – un hymne en quelque sorte – un véritable brûlot de jouvence saturée et un refrain obsédant, d’une solennité aussi grande que la frivolité du thème (un mec à qui on arrache un pull, ouais man, c’est une expérience initiatique de malade). Toujours du même album, un autre moment croustillant est ce clip de Buddy Holly. S’y incrustent notamment des scènes originales de la série mythique des années 80, Happy Days (dont le scénario se déroule dans les années 50, les années du chanteur Buddy Holly donc). Cette série qui surfe alors sur la nostalgie qu’a l’Amérique pour ses 30 glorieuses – mais avant 68, les glorieuses encore puritaines, tout juste brouillées par un zeste de grivoiserie, pas plus, à l’instar de Grease. Parmi les protagonistes, nous avons le cuisinier Al, et surtout surtout, le fameux Fonzie et son perfecto indémodable (joué par Henry Winkler) qui ici fait fureur entre le solo et le couplet final de la chanson. Tordant d’humour et de second degré, le décalage entre l’ambiance bon enfant de la série et la guitare carrément punk, entrecoupés de mines moqueurs du groupe, fait mouche.

      Bons standards et bons vieux pots

      En plus de ces frasques lumineuses, le groupe a sorti des standards indie rock qu’un Green Day ou qu’un Supergrass (venus d’Angleterre cette fois) a pu égaler pendant la même période (« The Photograph », « Say It Ain’t so »). Et qu’au vue de quelques unes de leurs mélodies sucrées à plusieurs voies, les Beach Boys ont pu fredonné sans faire exprès sous leur douche en se disant : « mais on l’a chanté quand ce morceau déjà? ». Après le Green Album de 2001  (et son single guimauve à succès « Island in the sun« ), le groupe traverse globalement depuis un désert semi-aride (avec quand même l’oasis « Beverly Hills », seul bon morceau de « Make Believe » en 2005), et c’est avec curiosité qu’on découvre ce nouveau single « King Of The Word ». Même aisance, même tonalité légère et même tendance aux refrains abruptes et salutaires, le tout avec des guitares qui n’ont pas quitté 1994 (ça veut dire que c’est bien) et avec une chanson neuve. Le futur album (encore) éponyme a une pochette aux tonalités blanches. De là à dire que ce sera « l’album blanc de Weezer » comme pour parler de celui des Beatles, il n’y a qu’un (grand) pas que la (haute) qualité (très) hypothétique de l’album aiderait à franchir (enfin pour rivaliser avec les Beatles, bon courage quand même).

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