Une Main Lave l’Autre : l’album d’Alpha Wann enfin certifié Disque d’or !

Une main lave l’autre (ou UMLA) est le premier album d’Alpha Wann. C’est le 21 septembre 2018 que ce premier album tant attendu a vu le jour. En effet, plus de 2 ans après la sortie de l’album , le projet vient tout juste d’être certifié disque d’or. A l’heure du streaming, où les certifications tombent à la pelle pour les artistes (Ninho en tête), on est en droit de se demander comment UMLA, qui est considéré comme l’un des meilleurs album de l’année 2018, a prit autant de temps à atteindre cette distinction. Focus ! 

Un album très attendu

« Très peu probable que je tape un platine, faut que j’fasse un classique » . Nous voila prévenu des ambitions du rappeur Alpha Wann. Il a fallu attendre le 21 décembre 2018 pour qu’il sorte son premier album. Le rappeur parisien a su cultiver l’attente autour de lui et peaufiner son style par la même occasion. Après des apparitions remarquées avec son collectif L’entourage, le public attendait logiquement un projet solo de la part du Don. Cependant, il n’a dû se contenter que de 3 (très bons) EP du nom d’Alph Lauren avant qu’UMLA voit le jour.

Cette attente, on peut l’expliquer de plusieurs façons. Premièrement, c’est probablement car il estimait que ce n’était pas le bon moment. Il a préféré soigner le fond et la forme plutôt que de sortir un album trop tôt et pas assez abouti. Deuxièmement, c’est aussi à cause du fiasco qu’a été le premier album de son pote Sneazzy. En effet , Super, le premier album de Sneazzy a très mal été accueilli par la critique. Au point que Sneazzy a dû faire une pause pour mieux revenir. La patience est d’or et ça, Alpha l’a bien compris.

Une promotion discrète

Lorsqu’un artiste sort un projet, quel qu’il soit, il veut qu’un maximum de personne soit au courant. Logique. Plusieurs procédés sont mis a disposition pour que l’artiste puisse s’exprimer et « défendre » son travail. Interviews, réseaux sociaux médias … Pléthore de supports nécessaires pour promouvoir son projet. Cependant, certains artistes fonctionnent aux antipodes de ces méthodes classiques. Dans le rap, des artistes comme PNL ont prouvé que le silence et l’absence médiatique peuvent être tout aussi forts (voire plus) qu’une communication rondement menée. Alpha Wann applique le même principe : des réseaux sociaux quasi vides et il n’a donné qu’une seule interview pour le média Yard.

Incohérent, vu l’attente qu’a suscité l’album, le rappeur devait sûrement avoir le choix parmi une multitude de proposition. Toutefois, c’est honorable de sa part. Il fait parti de ces artistes qui préfèrent laisser l’art parler de lui-même. Peut-être estime-t-il avoir déjà tout dit dans ses sons. Cependant, c’est dommage pour son public qui aurait aimé entendre le rappeur s’exprimer sur la confection de son album.

Une tracklist incomplète

Alpha Wann est un rappeur proche de Nekfeu. Les deux ont beaucoup collaboré et leurs duos sont très appréciés par le public. On le sait, Nekfeu est devenu une des têtes d’affiches du rap français. Chacune de ses apparitions en featuring crée un engouement. En effet, les albums Masque blanc de S.Pri Noir ou Nuit de Jazzy Bazz partagent un point commun : Un featuring avec Nekfeu. Le plus intéressant dans cette information, c’est que, systématiquement, les morceaux dans lesquels Nekfeu apparait sont les titres les plus streamés des projets. Imaginez l’impact qu’aurait pu avoir l’album si les deux artistes avaient collaboré. Le plus frustrant, c’est qu’un featuring été initialement prévu sur le titre langage crypté, mais le couplet de Nekfeu fut retiré car il ne correspondait pas au thème du morceau.

De plus, un featuring avec Ateyaba (anciennement Joke) était aussi prévu ! Pour rappel, le dernier projet d’Ateyaba date de 2014. Le featuring n’a finalement pas été retenu. Combien d’artistes peuvent se permettre de supprimer des featurings aussi précieux que ces deux la ? Pas beaucoup… Son objectif était donc de faire vivre son album dans son intégralité et non d’avoir un album porté par un ou deux featurings aguicheurs.

Une véritable consécration

Ah le disque d’or ! Cette fameuse certification tant convoitée par les artistes. Elle est atteinte lorsque l’album passe la barre des 50 000 ventes. Même si le nombre de ventes en reflète en aucun cas la qualité d’une oeuvre ou le talent de l’artiste, cette consécration démontre tout de même une certaine reconnaissance et un soutien de la part du public. Beaucoup d’auditeurs attendaient l’annonce du disque d’or. Peut-être même plus qu’Alpha lui-même.

Il n’a suffit que d’une seule annonce de la part du média Midi Minuit , qui affirmait qu’il ne restait que quelques streams à Une main lave l’autre pour être certifié officiellement disque d’or, pour que la propagande se mette en route. Les écoutes de l’album sont reparties à la hausse de façon considérable. L’une des forces du Don Dada, c’est qu’il bénéficie d’un public solide et dévoué.

Instagram midiminuit

Prochain roi sans couronne

« J’suis pas un winner, me parler de gagner, c’est parler de permis à un mineur » Voila la pensée d’Alpha Wann. Conscient de ses capacités mais atteint par un complexe de Jonas, il est totalement résigné à l’idée de briller, de « gagner » comme il le dit. Et finalement, ce n’est peut-être pas si dramatique. Malgré les incohérences volontaires au niveau communication, UMLA est définitivement un très bon album qui se bonifiera dans le temps tel un bon vin. Son histoire pourrait s’apparenter aux fameux « Rois sans couronnes » du rap français. En effet, un roi sans couronne est un artiste ayant eu un impact dans le rap et un grand succès d’estime mais pas de succès commercial à cause de la chute de l’industrie du disque dans les années 2000. On peut citer des artistes comme Nessbeal ou encore Salif.

Même s’il ne rencontre pas le succès des têtes d’affiches actuelles du rap, il est dans le cœur de beaucoup de fans de rap. Souvent catégorisé comme « le rappeur préféré des rappeurs », on citera son nom quand on énumérera les meilleurs rappeurs français de la décennie 2010.

Pour finir, Alpha Wann est un artiste complexe et son oeuvre l’est tout autant. En effet, Une main lave l’autre a reçu des critiques dithyrambiques mais a vu son impact commercial seulement 2 ans après. Il a privilégié l’art et le fond plutôt que la forme. Il a peaufiné sa plume au fil des projets et délivré un projet plus qu’abouti qui vaut l’écoute. 

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