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      Une certaine idée de la SF

      Le renouveau de la Science-Fiction est avant tout dans sa relecture. Autrefois considérée comme manne de romans de gare, aujourd’hui comme domaine exclusif des geeks, cette « bonne vieille » SF n’est pas à enterrer mais à (re)découvrir. Ne nous attardons pas que sur la forme.

      Le danger du vintage

      Le statut de la littérature de science-fiction n’a, depuis ses origines, pas beaucoup décollé. Elle est certes devenu référence, passionnément populaire, éminemment graphique ou encore « vintage ». Mais cela ne suffit pas. On a trop « typé » la SF. Entre les space-operas, le voyage dans le temps, la robotique, les dystopies politiques colorées de totalitarisme et de guerre froide, et l’imaginaire de la conquête spatiale, son univers est vaste mais parait stéréotypé et vieillot. C’est pourtant un genre qui n’est pas à ranger, à étiqueter, comme si son champ d’action était clos. Sa tendance à l’anticipation et à la méta-réflexion, la clairvoyance et le recul qu’elle autorise, en fait un genre littéraire qui sera toujours moderne.

      Notre récurrent amour du vintage, qui n’est pas en soi une mauvaise chose, a parfois tendance à nous faire oublier la substance de ces grands romans. Et surtout, à caractériser quelque chose comme vieux. Plus que par volonté de servir un genre esthétique, il ne faut pas oublier que, en se servant de son statut de littérature typée, la SF est un support privilégié pour discuter de politique, de métaphysique et de philosophie. Les spéculations sur les évolutions scientifiques et technologiques sont le prétexte de ces discours et d’excellentes bases esthétiques, mais ne fournissent pas en eux-mêmes la substantifique moelle des œuvres.


      Cinéma et Littérature

      Big BrotherDans son industrie qui manque cruellement de bons -ou de connus- scénaristes, le cinéma ne finit pas, à raison, de piocher dans cette SF vieillotte des histoires pour apporter du « fond » aux effets spéciaux. Et cela fonctionne à merveille. Sur les 20 derniers films de SF, 18 doivent être tirés d’un classique du genre. [NB : cela ne signifie pas que le cinéma ne produise pas sa « propre » SF, qui est parfois excellente, et ce depuis le Metropolis de 1927.] On vient même à oublier que des classiques tels que 2001 L’Odyssée de l’espace, La Planète des singes ou La Mouche sont des adaptations d’œuvres littéraires.

      Il en est de même pour d’autres disciplines graphiques : la bande-dessinée ou les jeux vidéos. Tant et si bien que l’on vient à se dire que la science-fiction n’est plus l’apanage des livres. Au contraire ! La SF est par essence un monde de papier. Les images et théories qu’elle engendre doivent être complétées par l’imaginaire d’un lecteur. La force de l’incontestable référence 1984 et de « Big Brother » est qu’il a donné lieu à une multitude d’adaptations graphiques, et à une vision politique souvent d’actualité. On continue d’ailleurs à qualifier -un peu trop systématiquement- d’Orwellien, toute nouveauté actuelle qui touche à la restriction de liberté.

      Alors, avant d’enterrer ce genre mort-vivant ou de l’attendre vers d’autres horizons, retournons à ce support désuet qu’est le livre. Il nous réserve encore beaucoup de surprises.

       

      Moralité de l’histoire

      La SF n’est pas qu’une couverture séduisante ou le terreau d’un certain cinéma américain. Nous avons intérêt à nous ré-attacher à ses idées, à sa mythologie, et se replonger au plus profond des livres eux-mêmes. Ces derniers, pour la plupart peu reconnus, souffrent de l’absence de rééditions et de présence numérique. Tout au mieux, on trouvera un vague synopsis ou la biographie de l’auteur sur la toile. Pour y remédier, à une infime échelle, JustFocus propose pour l’année 2015 des fiches vous faisant redécouvrir des grands romans de SF tombés dans l’oubli.

      L’avantage suprême est que la littérature de SF est très facilement abordable et accessible. Fouillez les bouquinistes ! Pour rien du tout, vous trouverez sans doute un chef d’œuvre en édition de poche, avec une couverture déchirée et surréaliste, et un petit « 2€ » griffonné à la hâte en haut à droite de la 3ème page. L’auteur sera tombé dans l’anonymat et ne vous diras peut être rien. Dans ce cas, il suffit de lire la 4ème de couv’, de tomber amoureux, et de sacrifier la pièce habituellement réservée au caddie.

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