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      « Une belle fin » : Critique du film

      Uberto Pasolini, producteur notamment de « Full Monty », réalise son premier long métrage intitulé « Une belle fin ». Celui-ci raconte la vie d’un modeste fonctionnaire dans une banlieue de Londres, passionné par son travail, interprété par Eddie Marsan. Lorsqu’une personne sans famille connue décède, c’est lui qui est chargé de retrouver les proches du défunt et d’offrir une fin honorable à la personne. Alors que le personnage enquête sur le décès de son voisin, cette affaire va changer sa vie.   

      Eddie Marsan, aperçu dans les « Sherlock Holmes » de Guy Ritchie ou en grand méchant dans « Hancock », est un second couteau talentueux et connu du septième art. Avec « Une belle fin », l’acteur britannique obtient enfin un véritable premier rôle de composition.

      L’acteur est époustouflant, absolument parfait. Il interprète un homme seul, méticuleux, précis et maniaque. Sans ami, ni famille, ce personnage donne tout son temps à son travail qu’il accomplie avec talent. Le personnage fait tout pour offrir un dernier monceau de bonheur aux défunts, en essayant de réunir leur famille. C’est un personnage terriblement touchant que nous offre Pasolini. Un personnage altruiste et véritablement attachant, en apparence chétif et faible mais au cœur puissant et d’une infinie bonté.

      Le long métrage est à l’image du personnage. Un film lent, précis, jamais ennuyeux, et efficace. « Une belle fin » est passionnant et soulève des thèmes puissants et grandioses. D’abord la solitude. Mettant en scène un personnage complètement seul, le film présente à son spectateur la solitude, la vraie. Mais le réalisateur met en scène un personnage fort et battant. Le protagoniste principal est aussi seul que les défunts sur lesquels il enquête, un parallèle se crée. Ainsi, on suit cet individu qui cherche à combattre sa solitude en rencontrant des gens brisés, tristes, eux même seuls, en essayant de les comprendre, de les connaître, de les rendre joyeux tout en offrant une belle fin aux individus décédés. A travers son emploi, à travers ses rencontres, le personnage de Marsan combat sa propre solitude et celle des autres.

      Le réalisateur vient aussi traiter de l’impact du temps sur l’être humain. Il vient rappeler que l’être humain est éphémère, qu’il n’est qu’anecdotique dans le monde qui l’entoure et qu’il ne peut échapper au temps qui passe. Un thème qu’il rapporte au rythme trop rapide de la société dans laquelle son protagoniste évolue. Il démontre que l’être humain tente de fuir l’impact du temps, tente de fuir l’inévitable en accélérant au maximum sa vie, en ne prenant plus son temps et en passant le plus vite possible d’une chose à l’autre sans se rendre compte qu’il délaisse parfois le plus important. Une critique de l’Homme actuel, obligé, poussé par une société en perpétuelle changement, à aller toujours plus vite.

      Enfin, le dernier grand parallèle se trouve tout simplement dans la comparaison entre la vie et la mort. Ce personnage vient simplement rappeler à son spectateur que la jouissance et le bonheur se trouvent dans la vie. Il vient rappeler à l’homme de vivre intelligemment, d’aller au plus important et à l’essentiel. « Une belle fin » est une véritable étude du caractère humain mais aussi de sa place dans la société. Il vient démontrer à quel point l’homme peut être seul, mais aussi à quel point il peut être avenant, bon, présent et indispensable. Ce personnage de Eddie Marsan est un véritable guide. Un guide qui vient apporter la réponse au sens de l’existence de l’être humain. Un personnage qui vient confronter la mort à son spectateur pour que ce dernier s’oblige à vivre pleinement. Il vient confondre l’importance des gens ou justement leur futilité. Certaines personnes vivantes du long métrage ont tout simplement moins de place, moins de portée que les défunts inconnus. La portée émotionnelle du long métrage n’est pas négligeable et touche sans pathos, avec beaucoup de spontanéité et de simplicité le spectateur. La photographie, la mise en scène et la bande originale finissent par faire de « Une belle fin » un succès.

      Le long métrage réserve des passages tout simplement sublimes, très beaux et très touchants. Le film en apparence très triste et morose est en réalité une formidable ode à la vie et à l’existence. Le personnage est d’un attachement sans égal. Les protagonistes peu nombreux apparaissent comme des fantômes issus d’un lointain souvenir, pourtant, ces derniers alors inconnus du spectateur, parviennent néanmoins à le toucher. Ne serait-ce pas cela la finalité du long métrage, créer une véritable empathie dans l’esprit et le cœur du spectateur ? S’il s’agit en effet du but à atteindre, alors le succès est total.

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