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      Un Obus dans le Cœur ou le voyage initiatique de l’homme

      Quel chemin parcouru pour Grégori Baquet aujourd’hui seul en scène dans « Un Obus dans le Cœur ». Redécouvert l’année dernière dans « Les Cavaliers » adapté du roman de Joseph Kessel, incontestable bijoux théâtral, il n’en finit plus de nous surprendre.

      « Il n’y a qu’une peur d’enfant pour terrasser une autre peur d’enfant ».

      Ces mots résonneront certainement encore dans votre tête après avoir assister à « Un Obus dans le Cœur », comme ils résonnent encore dans celle de Wahab. Alors qu’il n’était qu’un enfant vivant au Liban, il toucha la mort du bout des doigts. « Frère de cette guerre », comme il le dit lui-même, il vit l’horreur et en fut marqué à tout jamais.

      Grégori Baquet - Un Obus dans le Cœur
      Grégori Baquet – Un Obus dans le Cœur

      C’est à cet instant précis que la dame aux bras de bois, incarnant la mort, fit irruption dans sa vie et sa mémoire. C’est cette peur d’enfant qui ne le quittera plus.

      Nous vivons la rétrospection personnelle de cet homme, venu au chevet de sa mère sur le point de mourir. Malgré le deuil inévitable, Wahab ne peut se résoudre à aimer cette mère dont le visage a complètement changé le jour de ses 14 ans. Un visage qu’il ne reconnaît plus. Qui l’effraie et le fera fuir.

      Cette fuite n’est pas sans réponse. C’est en grandissant qu’il tentera de combattre ce désamour pour sa mère, et ses démons afin de répondre à certaines questions et comprendre la réalité des choses, de la vie.

      L’écriture de Wajdi Mouwad pour « Un obus dans le Cœur » est un véritable travail d’orfèvre. Les mots sont forts, précis, mêlant poésie et violence. L’interprétation qu’en fait Grégori Baquet est tout simplement bouleversante. Il semble complètement habité par son personnage. Sans surjouer, tout en finesse et en puissance, ce dédoublement de personnalité est une véritable performance.

      Le jeu de lumière remarquable de Philippe Lacombe vient parfaire cette subtile mise en scène de Catherine Cohen en apportant une profondeur intense aux mots.

      Chacun vivra la pièce plus ou moins intensément, selon son propre vécu. Ce qui est inévitable c’est que l’on en sort complètement déboussolés, touchés en plein cœur.

      Si vous n’avez pas encore eu la chance de découvrir le virtuose Grégori Baquet dans « Un Obus dans le Cœur », il sera présent pour deux dates exceptionnelles au Vingtième Théâtre les 23 et 30 septembre à 20h00.

       

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