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      Test de Bloodborne

      A notre époque, les jeux sont souvent décriés pour être trop faciles, et ce même en mode difficile. Le studio From software s’est imposé pour beaucoup comme le contre-exemple depuis 2009 avec la série des Souls. On le doit principalement à Hidetaka Miyazaki, directeur en chef des projets Demon Souls puis du bien connu Dark Souls. Ensuite, Miyazaki a pris plus de distance avec le second opus pour mieux revenir superviser un nouveau projet, cette fois-ci en exclusivité PS4. Bloodborne s’imposait alors comme un événement de ce début d’année, même sans comporter « Souls » dans son titre, il s’annonçait taillé dans le même bois. Mais jusqu’à quel point ?

      Hurlons un bon coup et allons-y !

      Une première constatation s’impose d’elle-même en commençant Bloodorne : vous n’aurez jamais lu le mot « mort » aussi souvent de votre vie. J’exagère peut-être, surtout que le jeu n’est pas beaucoup plus difficile que les Souls. Chacun y va de son jugement : certains trouvent Bloodborne plus difficile, d’autres plus facile. Pour rester prudent, je dirais personnellement qu’il se tient dans la moyenne de la série. Le début du jeu reste délicat. Sans équipement, sans possibilité d’améliorer le niveau de votre personnage, vous devrez persévérer une heure ou deux selon votre maîtrise pour pouvoir dépenser vos échos du sang, ce qui facilitera votre progression. C’est le seul petit regret que j’aurais à formuler à la difficulté : elle peut être trop facilement contournée si l’on joue les « farmeurs chinois » pendant un bon moment. Au départ, si vous ne voulez pas vous faire écharper à tout va, vous ferez beaucoup d’aller retours en jouant sur le repop des ennemis lorsque l’on quitte la zone, pour accumuler tout un tas de fioles de sang très utiles pour récupérer de la vie, des munitions, et des échos de sang permettant soit d’investir dans du matériel soit d’améliorer les statistiques de votre personnage. Mais avec un peu de persévérance et beaucoup de farm, Bloodborne reste faisable sans être trop simple.

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      Ambiance…

       Un gameplay efficace

      Deux attaques par arme blanche, une touche pour l’attaque à distance, une pour l’esquive, une pour utiliser un objet, et une pour prendre une fiole de sang. Cela paraît élémentaire, mais cette petite description suffit à prouver qu’il n’y a pas besoin de faire très compliqué pour réussir un gameplay.  Pour un beat’em all, cela n’aurait évidemment pas suffit. On imagine mal un Devil May Cry dans ce plus simple appareil. Mais pour Bloodborne, ça marche tout à fait. Pourquoi ? Parce que survivre vous demandera de la patience, du timing et de la précision. Si vous n’esquivez pas au bon moment, vous serez blessé voire mort, si vous n’attaquez pas au bon moment, si vous hésitez de trop, vous risquez d’en payer les conséquences, et la moindre erreur, précipitation ou panique peut être fatale. Vous devrez aborder votre progression avec stratégie d’autant plus que votre barre de vie ne descend pas tout de suite lorsque vous prenez un coup. En effet, au lieu de disparaître, une portion de la barre deviendra orangée, et vous aurez quelques secondes pour récupérer de la vie si vous touchez votre ennemi, dans le cas contraire, cette portion de barre sera perdue. A vous de voir si cela vaut la peine de s’exposer encore plus pour récupérer une partie de votre santé, sachant que vous êtes plus proche de la mort.

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      Petite réunion Tupperware

      Des mécanismes de gameplay très « Souls »

      Dans l’absolu, les joueurs habitués à la série ne seront pas dépaysés. Vous retrouverez, étant connectés en ligne, les messages laissés par les joueurs, souvent très vagues du genre « le piège vous tend les bras » ou encore « l’ennemi suivant vous fera souffrir ». Dans le même esprit, vous trouverez les tombes d’autres chasseurs morts, et en les actionnant vous aurez la chance de voir leur fantôme se mouvoir pour assister à leur décès. Cela pourrait bien vous être utile, puisque vous vous en doutez bien, votre but à vous sera d’essayer le plus possible de ne pas faire comme eux. D’autant plus qu’à chaque décès, vous perdrez votre montant actuel d’échos du sang. Vous aurez alors une chance de les récupérer soit par terre, à l’endroit de votre mort, soit en tuant un ennemi de la zone, qui, pour l’occasion, aura une lueur violette dans les yeux. En revanche, si vous mourrez une seconde fois avant de récupérer votre précieux pécule, celui-ci  sera définitivement perdu, de quoi faire doublement attention, surtout que vous n’aurez pas le luxe de gâcher cette précieuse monnaie. Vous pourrez également utiliser une petite clochette afin d’inviter un autre chasseur dans votre partie pour vous aider, ou pour vous bastonner joyeusement en mode pvp.

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      Sagesse, c’est vite dit !

      Un univers sombre et réussi

      Au cours du jeu, vous évoluerez à travers une dizaine de tableaux assez variés, chacun se terminant par un boss unique. Le tout constitue un univers sombre, glauque, et très réussi mêlant le fantastique à un monde qui fait penser à l’époque victorienne. Le level design est particulièrement réussi, incorporant de nombreux passages secrets, zones cachées, coffres et objets qui vous seront d’une grande aide dans votre progression. Les niveaux sont construits de façon à ce que les différentes parties du tableau ne se ressemblent pas, ce qui évite d’être perdu sans reconnaître d’où l’on vient. De toute façon, les nombreux allers-retours que vous devrez faire imprimeront dans votre esprit les plans des zones que vous traverserez, et ce bien mieux qu’une carte. Vous avancerez donc doucement dans le jeu avec votre avatar que vous aurez créé au départ. A noter que l’outil de création de personnages est très original et ouvre de grandes possibilités. Vous pourrez jouer des mines torturées et autres gueules cassées comme rarement il est possible de le faire. Côté graphisme, ça reste correct pour la PS4, la direction artistique arrivant largement à faire pardonner d’éventuelles faiblesses, sauf pour les fréquents ralentissements sans raisons apparentes, qui donne légèrement envie de se taper la tête contre un mur.

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      Pouvoir donner à son avatar la tronche d’Ozzy Osbourne, ça n’a pas de prix !

      Des donjons calices mitigés

      En plus de votre progression principale, vous pourrez générer des donjons aléatoires en payant un certain nombre de ressources. A l’intérieur, vous trouverez d’autres matériaux, des objets divers ainsi que de l’équipement pouvant être obtenu que par ce biais. L’idée est assez originale et au demeurant sympathique, mais il faut bien avouer que l’impression de déjà-vu arrive beaucoup plus vite dans les donjons calices que dans l’aventure principale. En effet, qui dit génération aléatoire dit construction automatique. Et dans Bloodborne, comme souvent, il s’agit de pièces emboîtées les unes aux autres qui constituent trois étages, chacun terminé par un boss. Et, d’un donjon sur l’autre, il est fréquent de se dire «  ah bah oui, tiens, cette salle je l’ai déjà eu trois fois ces deux dernières heures », ou encore « ce boss ? Encore lui ? ». Certains se plaindront aussi du peu de récompenses générées par les donjons calices, surtout dans les premiers. En effet, au départ, vous aurez un peu l’impression de vous donner beaucoup de mal pour pas grand-chose, surtout que le nombre d’échos du sang gagnés en tuant des ennemis est quasi nul comparé au montant attribué dans l’aventure principale. Et pourtant, il est tout aussi facile de perdre ces gains ! En réalité, ces petits défauts ne sont pas éliminatoires, et les donjons calices restent un ajout plaisant à parcourir, d’autant plus que les récompenses peuvent s’avérer très intéressantes si l’on reste un tant soit peu persévérant.

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      L’univers est très immersif, et c’est peu dire !

      Au final, ce Bloodborne est-il le digne le successeur des Souls ? Malgré ces quelques défauts, il est évident que oui. Il réussit à proposer un univers à lui, avec un gameplay exigeant, une difficulté adaptée au genre renforcée par un level design de qualité. La direction artistique rend le tout très réussi, à tel point que cela fait oublier quelques gros défauts. La pilule passe mal pour les chutes de framerate, mais il est un défaut que peu de joueurs ont réellement relevé. En effet, on avance en explorant les niveaux, de boss en boss, et au final on se rend à peine compte que la narration est inexistante. L’histoire pourrait se tenir en une phrase « c’est l’histoire d’un chasseur qui doit chasser des monstres ». Les quelques PNJ qui se comptent sur les doigts d’une main apportent bien quelques éclaircissements sur le background de l’univers, mais il faut bien avouer que ça fait un peu léger. On aurait préféré une vraie histoire, avec des cinématiques, plus de dialogues, et une meilleure exploitation de cet univers sombre qui aurait pu être bien mieux mis en valeur, surtout que le bestiaire est à la fois très original et vraiment excellent. Mais on ne va pas bouder son plaisir, Bloodborne c’est une excellente expérience de jeu, avant tout, c’est ce que les joueurs lui demandaient. Et ils ont été exaucés…

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