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      Sherlock : critique d’une saison 4 aux allures d’au revoir

      Le célèbre détective aura encore une fois bien joué avec nos émotions ! La quatrième saison de la série britannique Sherlock s’est faite attendre pendant trois ans, avec un unique épisode spécial diffusé il y a un an pour nous faire patienter un peu plus longtemps. Plus son retour devenait imminent, plus les fans craignaient d’y découvrir l’ultime saison de la série. Le sujet avait déjà été abordé mais jamais vraiment résolu. Si les épisodes de la saison sont assez inégaux en terme de qualité, ils vont totalement crescendo : nous avions eu droit à un premier épisode qui n’était pas à la hauteur de nos attentes, et nous repartons avec une pépite d’or. Retour sur une saison avec ses hauts et ses bas, mais qui a tout de même fini par nous convaincre. Cette critique contient des spoilers.

       

      Trois épisodes déséquilibrés

      Un premier épisode pas complétement satisfaisant, un deuxième bien plus entraînant, et un troisième simplement magnifique. The Six Thatchers s’est imposé comme l’épisode de reprise le plus décevant de la série, scénaristiquement mais aussi esthétiquement. Le développement du personnage de Mary était un excellent point de départ, gâché par une obsession un peu gênante de Sherlock envers elle et une mort trop pauvre et trop simple pour satisfaire une audience. Sherlock fait une fixette sur Moriarty, comme on s’y attend, mais uniquement quand Mary et John ne sont pas trop en danger : le détective semble s’attendrir un peu. Un petit changement qui présageait une saison plus axée sur les relations entre les personnages que sur les enquêtes.

      toby-jonesMais dans le deuxième épisode, The Lying Detective, on a droit à un retour en puissance avec l’arrivée du machiavélique et chic Culverton Smith, joué par Toby Jones, et avec une enquête qui au final n’en est pas réellement une. Sherlock qui se met en danger pour réveiller John de sa période de deuil, c’est un peu gros, un peu triste aussi mais on accepte quand même. Le scénario a déjà l’air plus poussé, on entre plus facilement dans la psychologie des personnages et, ne nous mentons pas, le grand méchant riche est enfin un personnage purement malsain (un peu dans la lignée de Magnüssen mais en un peu mieux). Et puis bien sûr, il y a LA révélation de la saison : l’existence de la sœur de Mycroft et Sherlock !

      Et c’est dans The Final Problem que son personnage est convenablement exploité ! Agissant tel Jigsaw dans les films d’horreur Saw, Eurus guide ses frères et John à travers des pièces en les soumettant à des tests, obligeant Sherlock à exploiter son subconscient pour faire revenir des souvenirs enfouis très loin dans son passé. En fait, Eurus, c’est un peu le plus grand génie de la fratrie Holmes, et au passage le plus grand génie au monde. Rien que ça. On a eu droit en prime à une apparition sans égal de Jim Moriarty dans un super flashback : on en veut un peu à Steven Moffat et Mark Gatiss d’ailleurs, parce qu’on a vraiment cru jusqu’au bout qu’il était bel et bien de retour, mais on les pardonne parce que c’est un « retour » vraiment parfait ! Épisode émouvant, puissant, au scénario développé et aux effets fantastiques, cet épisode est clairement la réussite de la saison

       

      Un développement des personnages très satisfaisant

      Le trio Sherlock-John-Mary malheureusement transformé en duo Sherlock-John dès la fin du premier épisode fonctionne toujours aussi bien. L’amitié entre Sherlock et John est plus que jamais remise en question, leur relation ayant toujours été particulière cela n’est pas très étonnant mais reste bien traité. Sherlock traverse plusieurs phases au cours des épisodes, porté par le jeu d’acteur d’un Benedict Cumberbatch toujours plus talentueux : protecteur, drogué, stressé, perturbé, on voit tout. Martin Freeman quant à lui nous dépeint un John Watson tout aussi perturbé, mais surtout en deuil suite au décès de sa femme. Performance toujours excellente, notre ex-soldat favori est toujours bien ancré et n’ira nulle part ! Mary quant à elle reçoit finalement l’attention qu’elle mérite dans le premier épisode, malgré une mort prématurée qui donne un arrière-goût de gâchis. Petit bémol supplémentaire : Sherlock qui tient beaucoup trop à la promesse faite à Mary de la protéger, à tel point que cela en devient simplement ennuyeux.

      024592.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxLa révélation de cette saison, c’est Mycroft : joué par un Mark Gatiss simplement extraordinaire, qui fait toujours figure d’être froid et intelligent. Il perd peu à peu ses moyens et montre qu’il n’est pas aussi intouchable qu’il le fait croire. C’est d’ailleurs dans cette saison que le personnage est le plus développé, cela paraît donc presque évident qu’on ne puisse plus le voir comme la machine sans cœur qu’il prétend être. Beaucoup plus présent pour l’humour et la gravité à la fois, on commencerait presque à adorer le personnage !

      Le petit bonus, c’est bien entendu Mrs Hudson ! La gardienne de Sherlock et John devient totalement badass, à conduire une voiture de sport, enfermer Sherlock dans son coffre et user de sa répartie auprès de Mycroft. Si elle a surtout été développée pour des intérêts humoristiques, il est plus qu’agréable de voir qu’Una Stubbs n’est pas mise sur le banc de touche. On déplore quand même la quasi-absence de Lestrade et de Molly (même si celle-ci a droit à un moment émotion puissant dans le troisième épisode), qu’on aurait aimé voir un peu plus…

       

      Un fil rouge phénoménal

      Eurus. Voici le nom du personnage introduit dans la saison qui a tout guidé, tout organisé, tout vu, tout fait. Tout est relié à elle. La jeune sœur de Sherlock et Mycroft fait son apparition sous les traits de Sian Brooke et c’est clairement grâce à elle que la saison a l’air bien plus riche à la fin qu’au début ! Dans un dernier épisode sous tension, elle cherche à pousser ses frères dans leurs retranchements et ça marche totalement. Sous ses airs de malade mentale, on se rend compte qu’elle est vraiment capable du pire et qu’elle se fiche des conséquences de ses actes, tant que tout va dans son sens. Probablement l’un des personnages les plus complexes et fascinants de la série, Eurus aura été un mystère du début à la fin, jusqu’à un plot twist sur Barberousse qui a changé nos vies et brisé nos cœurs…

      556722.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxOn découvre ainsi que c’est à partir d’elle que Moriarty a pu « revenir à la vie », à savoir uniquement dans des enregistrements vidéos. Vous avez peut-être été aussi déçus que nous, mais Jim Moriarty est bel et bien mort. Les scénaristes nous ont tout de même offert une scène absolument fabuleuse d’Andrew Scott qui est sans aucun doute une des meilleures scènes de toute la série : l’arrivée de Moriarty à Sherringford. Encore une fois, Andrew Scott livre une performance spectaculaire, avec la nonchalance qu’on lui connaît si bien dans ce rôle et qui nous avait franchement manqué.

      L’épisode The Final Problem se conclue donc par une sorte de happy end, si on peut dire. Un nouveau mystérieux disque sur lequel il est écrit « Miss you » est découvert et c’est encore une fois Mary qui apparaît, pour servir à Sherlock et John ce qui semble être une sacrée conclusion pour la saison… Et peut-être même pour la série. En effet, tout rentre dans l’ordre, l’appartement à Baker Street est reconstruit (à l’identique, jusqu’aux impacts de balle dans le mur), Sherlock a l’air d’être le parfait tonton pour Rosemund, bref tout va pour le mieux. Et sur ces images, la voix d’Amanda Abbington livre un discours que pourrait très bien indiquer la fin…

      La quatrième saison de Sherlock se conclue ainsi en beauté ! Mal partie avec The Six Thatchers, la série est vite remontée dans notre estime et on a enfin pu retrouver les raisons pour lesquelles on accrochait à tous ces personnages : leur complexité, leurs relations toujours plus fraternelles, l’humour bien entendu, mais aussi l’esthétique générale de la série, la bande originale et l’évolution de l’intrigue à travers une saison. Si les showrunners ont affirmé vouloir continuer la série, les dernières images de The Final Problem nous poussent à croire qu’ils sont entrain de préparer le terrain avant d’annoncer la fin définitive de Sherlock. Affaire à suivre…

      3 Commentaires

      1. Personnellement, j’ai trouvé l’épisode 1 bof, l’épisode 2 grandiose, et l’épisode 3 tout simplement nul. C’est à mon sens le pire épisode de toute la série, j’ai été très déçue, surtout u la qualité de l’épisode précédent.

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