More
    More
      Array

      Secret Walls : les murs du Comptoir Général ont tremblé sous le graffiti !

      Secret Walls… Cela ne vous dit peut-être rien mais ils n’auront bientôt plus aucun secret pour vous !
      Cette compétition de graffiti se déroulait dans la Capitale ce lundi 27 avril dans un lieu chaleureux et novateur : le Comptoir Général.

      Pour commencer, quel est cet endroit ?
      Le Comptoir Général a ouvert il y a quelques années au 80 quai de Jemmapes, proche du canal Saint-Martin où il fait bon vivre à cette période de l’année. Ce lieu de partage culturel basé sur l’histoire africaine a pour ambition de promouvoir une façon d’échanger différemment, une façon de se cultiver autrement et surtout d’aller de découvertes en découvertes. C’est ainsi que vous pourrez autant vous y rendre pour une projection d’une scénariste ivoirienne que pour aller boire un savoureux « Secousse » entre amis après une longue journée de travail. Lieu d’échange et de transmission des différentes cultures, l’entrée du Comptoir Général s’effectue sur donation, afin de laisser chacun libre de donner ce qu’il voudra et selon ses moyens. Enfin, l’ensemble des bénéfices récoltés lors des différents évènements sont entièrement reversés « dans le financement de ses projets artistiques et solidaires ». Ce lieu était donc l’endroit parfait pour un tel évènement.

      Le principe est simple : deux artistes de street-art renommés de la Capitale, deux toiles blanches, 90 minutes et leur seule arme : des marqueurs noirs. Ce lundi 27 avril, à 20h, Wa Roox et Djalouz s’affrontaient pour une précieuse place en demi-finale.

      20 heures pétantes, les deux artistes installés l’un à côté de l’autre font face à un public curieux de découvrir deux styles sur le point de s’affronter. Installés sur de simples bidons quelque peu bancals, Wa Roox et Djalouz posent alors leurs premiers traits. C’est ici que la magie commence, nous laissant découvrir la façon de procéder de chacun d’eux.

      Djalouz, street-artiste au style aiguisé en trois dimensions tente à travers son travail de sortir le graffiti de ses codes en laissant sa trace sur différents volumes, à différents endroits. Perfectionniste et précis, il est possible d’entrevoir à travers son trait, figuratif lorsqu’il l’est, quelques clins d’oeil à l’immense Enki Bilal.

      Ce lundi, Djalouz annonce la couleur dès le départ en débutant sa composition en griffonant l’élément principal de son oeuvre au centre et de façon massive : un crâne humain, autour duquel il élaborera par la suite toute sa composition. Un voyage assez morbide mais totalement maîtrisé peut alors commencer. Rappelant la bande dessinée, Djalouz utilise massivement le Posca afin de donner plus de volume à ses formes en estompant la gouache de ses doigts. Soucieux du détail et ultra-concentré, sa toile évoluera lentement mais sûrement. Les minutes défilant, l’oeuvre commence à prendre forme et force notre regard à suivre un certain parcours grâce à une composition maîtrisée.

      image3

      De l’autre côté, Wa Roox avance dans un style totalement différent.
      Wa Roox est un artiste ayant grandi sur la terre volcanique de l’Ile de la Réunion et y a découvert et pratiqué le graffiti pendant des années. Suite à ces années d’entraînement sur les murs réunionnais, l’artiste s’orientera petit à petit vers la création de véritables toiles traduisant un esprit street-art innovant et encore jamais vu notamment salué par un public international en ayant eu la possibilité d’exposer jusqu’à Dubaï. Mêlant un esprit ludique et des airs de Dubuffet, Wa Roox accumule les formes figuratives afin de ne former qu’une seule et même oeuvre.

      Contrairement à son adversaire, Wa Roox commence sa composition par le haut de la toile et à travers des traits vifs, épais et précis. La toile de l’artiste avance pour sa part beaucoup plus vite, celui-ci ne s’attardant pas, en premier lieu, sur les détails.
      Les grandes lignes de sa toile tracées après trois quarts d’heures, Wa Roox peut alors s’attaquer au remplissage et à l’élaboration de chaque petits détails qui rendront par la suite sa toile incroyablement atypique et attrayante. On rencontrera alors à travers cette toile une télévision côtoyant un Dodo la larme à l’oeil, ou encore un sablier représentant le temps qui passe et qui s’avère cette fois-ci crucial pour l’artiste.

      90 minutes plus tard, le clap de fin est annoncé, ne laissant pas le temps à Wa Roox de finir le fin cadre qu’il était en train de tracer au marqueur afin de finir son oeuvre en beauté. Le vote du public, à notre plus grand amusement, se fera à l’applaudimètre, grâce à une application pour smartphone du futur… Les supporters des deux camps crient corps et âmes, quitte à y laisser quelques cordes vocales. Wa Roox est désigné vainqueur par le public malgré le minuscule écart le séparant de son adversaire. Rien n’était cependant joué et Djalouz pouvait alors encore compter sur le vote de jurés issus du Comptoir Général. Ces derniers auront cependant la même sensibilité que le public et voteront à l’unanimité pour la fraîcheur,la modernité et la composition incroyablement maîtrisée de Wa Roox.

      image8
      Djalouz n’en n’aura cependant pas moins démérité en nous offrant une toile au trait maîtrisé et à l’ambiance prenante. On regrettera cependant un petit manque de fair play à travers une évocation de la compétition sous le léger détail en contre bas de sa toile énonçant « RIP Waroox ». Quoi qu’il en soit, le street art est plus que jamais présent et vivant, et nous pouvons remercier le Comptoir Général de nous laisser profiter de cette magie, gratuitement, et dans une bonne humeur qui fait un bien fou !

      0

      LAISSER UN COMMENTAIRE

      S'il vous plaît entrez votre commentaire!
      S'il vous plaît entrez votre nom ici

      Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.