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      Rubin Steiner : la pensée humaine d’abord

      Le tourangeau Rubin Steiner – Fred Landier de son vrai nom – est l’auteur d’une discographie prolifique qui dépasse 2 décennies, que ce soit en tant qu’auteur principal qu’en tant que collaborateur. Ayant l’électro toujours bien dans ses baskets, que de vir(s)ages différents pourtant, le dernier bébé étant « Vive électricité de la pensée humaine ».

      La cuvée Steiner 2016 a cette fois une saveur qui évoque le big beat soft des débuts 90s (Propelleheads, Death in Vegas…), ce son un poil easy-listening, organique, dance et exotique à la fois.  « Uranus Samba » serait la traduction musicale d’un oxymore de type « obscure clarté » : nappes de synthé un peu flippos au début, dans la lignée de son dernier projet krautrock « Drame », suivies de lignes de synthé mélodieuses. Le tout donnant un air de rétro-futurisme exotique baigné dans une imagerie utopique surannée. Une sorte de jeu décomplexé des codes musicaux non identifiés, qui transforme des expérimentations (ici des instrus africaines, là des bruitages concrets) en une rave party tournant au ralenti, qu’une petite bouffée d’alizée à la samba discrète aura fini par caresser.

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      Bon, ça c’est pour une première partie (les 8 premiers titres pour résumer), tour de chauffe avant d’attaquer le gros œuvre de l’album : le titre 9, « Mars murderer », est un quasi-hymne spatial et massif, un flambeau potentiel des grands de la proto-french touch des années 70 – 80 (suivez mon regard vers la compile « Cosmic Machine»). Sans doute le gros hit des années 2010, si les radios n’avaient pas à se soucier des audiences et du bankable. Rubin n’a que faire des compromissions artistiques pour le roi-argent : « Black Wave » se déploie tranquillement dans toute son amplitude, et papillonne progressivement vers une transe noire, tout en déhanchant les jambes sur un dancefloor où, vers 2 – 3 heures du mat, seuls les vrais subsistent. « Solar Eruption Around Venus » rend la galette plus aimable encore, puisqu’on a là une symbiose étrange, cachée entre les chœurs fantomatiques du « Virgin Suicide » de Air, les parties instru du « Discovery » de Daft Punk, et surtout, ce petit rythme Kraut derrière, qui décidément ne le quitte plus. Atterrissage dans le ciel avec le magnifique exercice de style poétique Back To Earth. Plutôt que d’avoir les pieds sur terre (et dans les billets), Rubin Steiner a une nouvelle fois prouvé qu’il n’en faisait qu’à sa tête (dans les étoiles) et qu’il sait parler aux vrais pèlerins perpétuels de la musique que nous sommes.

      « Rubin Steiner présentera « Vive l’électricité de la pensée humaine » à la Mécanique Ondulatoire mardi 15 novembre, avec également Yuksek et Stéphane Laporte ».

       

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