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      Rise of the Tomb Raider : quand Lara devient Croft !

      Tomb Raider, la licence à succès de Core Design (puis de Crystal Dynamics) débutait en 1996 et mettait en scène une archéologue pas comme les autres : Lara Croft. Belle, intelligente et passionnée, l’Anglaise n’hésitait pas à aller au cœur des légendes pour découvrir la vérité. De 1996 à 2008, 7 épisodes ont fait la réputation de l’aventurière. Une licence qui mêlait énigme, aventure, combat et phase de plateformes, revisitant avec brio les mythes, contes et légendes du globe. 2015 balayera les braises de Tomb Raider avec Rise of the Tomb Raider, exclusivité Xbox (temporaire). Cet épisode enflammera-t-il la toile comme son prédécesseur ? Fera-t-il mieux encore ?

      Racheté en 2010 par l’éditeur Square Enix, Tomb Raider a connu un tournant majeur. 2013 signait le grand retour de l’aventurière, autrefois surnommée « la pilleuse de tombes ». Ce Reboot parvenait à faire découvrir ou redécouvrir Lara Croft au grand public. Crystal Dynamics élabora difficilement pendant plusieurs années les nouvelles origines de la célèbre anglaise. A l’image même du phénix qu’il fallait faire renaître de ses cendres… Le pari fut une pleine réussite, démocratisant massivement la popularité de l’héroïne. Bon nombre de joueurs qui méconnaissaient Lara Croft, tombèrent sous son charme, grâce à cet épisode qui la rendait profondément humaine. La jeune femme apprenait à être une rescapée suite à cette expérience traumatisante que fut l’échouage de son bateau sur l’île de Yamatai…

      Lara, une survivante est née

      Le Reboot de 2013 situait l’action dans le « Triangle du Dragon » (ou Mer du diable), une zone réputée pour sa dangerosité, en raison d’événements climatiques violents. L’intrigue restait localisée dans un « pays », parce qu’il fallait que le joueur suive les doutes de la jeune femme, son besoin de survivre à l’horreur absolue. Partie en expédition avec d’autres étudiants pour découvrir les secrets du royaume Yamatai et de sa reine solaire Himiko, Lara se retrouve désespérément seule face à un environnement hostile.

      Tomb Raider 2013

      Pour commencer, aucun fusil à pompe, Uzi, pistolets ou Magnum, mais un arc de fortune, à la précision incertaine. Lara, jeune étudiante de 21 ans apprend à exploiter son environnement pour subsister. La chasse prend alors tout son sens, on imagine mal sur une île perdue trouver un fastfood local. Cette évolution introduit le système de points de compétences et l’amélioration de l’équipement, totalement absent des anciens Tomb Raider. Il faut d’ailleurs être à proximité du feu de camp pour en disposer (les compétences s’organisent en 3 branches principales : survivant, castagneur et chasseur). Dans cette progression fortuite, Lara peut compter sur l’utilisation d’un piolet, élément indispensable à sa survie. Tomb Raider met en avant la fragilité, l’humanité de Lara. Encore inexpérimentée, la jeune Anglaise essaie d’éviter autant que faire se peut les confrontations directes avec ses ennemis les Solariis, jouant de ruse et de discrétion. Elle ne va au conflit que lorsque cela s’avère inéluctable.

      Lara est obligée d’avancer, son cheminement est davantage motivé par l’instinct que par la recherche. Mais quoi de plus normal, quand une expédition tourne au cauchemar, et que rien de connu ne nous apprend à affronter une telle réalité. A la manière d’une miraculée, Lara avance dans l’espoir de retrouver les autres membres du groupe. Cet objectif l’oblige à être souvent seule, à aller à la lutte, se surpasser pour rester en vie. Loin des bibliothèques de l’université, de la théorie et de la modernité, Lara est confrontée à la violence, l’indicible et doit puiser en elle la force de survivre.

      Croft, l’exploratrice intrépide

      Tous les Tomb Raider (excepté l’Ange des Ténèbres) ont fait de Lara un globe trotteur hors pair. L’archéologue a ainsi parcouru au fil de ses aventures : le Pérou, la Grèce, l’Égypte, la Chine, l’Italie, le Tibet, l’Inde, les États-Unis, le Pacifique Sud, L’Angleterre, l’Antarctique, Le Cambodge, la Russie, l’Irlande, la France, la Bolivie, le Japon, le Ghana, le Kazakhstan, le Népal, les côtes Thaïlandaises, le Mexique, l’île Jan Mayen, l’Océan Arctique, la Mer Méditerranée, la Mer d’Andaman… Chaque épisode était l’occasion de voyager dans plusieurs pays, souvent différents, au rythme trépidant des avancées archéologiques. La multiplicité des lieux visités faisait le charme des Tomb Raider.

      Chaque endroit présentait une identité propre et était suivi d’épreuves éprouvantes. Qui n’a pas haleté au Monument de Saint Francis (Tomb Raider I) en passant les portes de Thor, Damoclès, Neptune et Atlas ? Qui n’a pas tremblé en gravissant les échelles des îles du ciel (Tomb Raider II) ? Qui n’a pas été marqué par les Ruines du Temple (Tomb Raider III), où il fallait traverser des rafales de boulets, la danse frénétique des lames, éviter des trous béants, à coups de leviers vicieux et de blocs à manipuler ? Autant de souvenirs que l’on peut étendre aux autres Tomb Raider, tant les épreuves de rapidité, de bon sens, d’acrobaties faisaient partie intégrante des aventures !

      Tomb Raider 1 damocles

      Il y a toujours eu une personnalité forte pour incarner le pan négatif de Lara, une personnalité prête à garder un artefact de puissance pour satisfaire son ego mégalomane et à qui l’archéologue savait savoureusement donner la réplique : Jacqueline Natla, Marco Bartoli, le docteur Willard, Von Croy, Amanda Evert…Antithèse qui a manqué dans le reboot de 2013, car l’heure n’était pas à la rivalité mais à la survie. Le véritable ennemi qui prenait corps dans cette épreuve de Yamatai, c’était Lara elle-même au travers de ses doutes.

      Lara marquait par ses qualités athlétiques et son caractère bien trempé. Capable de survivre dans les plus grands tombeaux, elle révélait l’étendue de ses compétences grâce à une connaissance sans faille des anciennes civilisations. La belle anglaise n’était pas qu’une plastique, elle validait le proverbe d’une « tête bien pleine dans un corps bien fait ». Archéologue aguerrie, elle se montrait téméraire et moqueuse à l’égard de ses rivaux. On garde en mémoire, cette sublime cinématique à l’Opéra dans Tomb Raider : Sur les traces de Lara Croft.

      Lara Croft, à l’aube d’un nouveau mythe

      Alors quels sont les enjeux du nouvel opus : Rise of the Tomb Raider ? Outre le fait d’assoir la légitimité de la licence auprès du grand public, il reste un enjeu de taille : convaincre les anciens joueurs de Tomb Raider (dont je fais partie). Ceux qui considèrent que le Reboot est un très bon jeu, une merveilleuse aventure, mais un Tomb Raider plutôt moyen tant il s’éloigne de l’essence de la licence. Les raisons ? L’absence d’énigmes, la trame archéologique reléguée au second plan au profit de la survie, les joueurs constamment pris par la main et pour finir, le manque d’impertinence de Lara.

      Plus encore Rise of the Tomb Raider va devoir expliquer le passage de la survivante à l’exploratrice. Une évolution qui doit prendre corps et amener le joueur vers des sentiments forts. L’expérience devra être viscérale, à la hauteur du premier épisode de 2013. Tomb Raider n’était en fait que la première partie du reboot, celle qui devait émouvoir le joueur, le rendre témoin des souffrances d’une Lara plus humaine que jamais. Rise of the Tomb Raider se situe un an après les événements de Yamatai. Lara, miraculée de l’Endurance, vit persuadée que le surnaturel existe et que les légendes s’appuient toujours sur une vérité. Mais qui peut croire de telles convictions ? Les archéologues de métier la font passer pour une illuminée et Lara doit faire face à l’oubli, au silence, à l’abandon. La jeune anglaise trouve une nouvelle motivation en partant à la recherche de la cité perdue de Kitezh en Sibérie. Cette cité du XIIIème siècle renfermerait une relique, capable de donner la vie éternelle. Avec son ami Jonah, elle part avec l’idée de prouver au monde que ses propos sont sensés. Ce voyage pourrait être un moyen pour Lara de trouver la paix et de devenir « ce à quoi elle est destinée ». Espérons aussi que cette excursion assoira le caractère de la jeune anglaise…

      Rise of The Tomb Raider in game

      L’exploration et les énigmes seront bien rendez-vous dans cet épisode. Crystal Dynamics s’est montré à l’écoute des joueurs d’antan et a promis de nombreuses tombes à sillonner. Comme dans les anciens volets, elles feront la part belle aux pièges, énigmes et défis. L’observation, la réflexion et l’agilité seront donc de la partie. Reste à voir si cette promesse sera tenue dans son intégralité ou si elle ne sera qu’une chimère. Comme dans Tomb Raider, la survie sera toujours d’actualité. Mais cette fois, elle ne tiendra pas uniquement à la menace vivante, elle sera aussi le fruit d’environnements. La neige, le froid, la glace seront autant d’ennemis à prendre en considération que le sont les hommes armés ou les animaux.

      La chasse quant à elle, devrait être plus approfondie, elle prendra une place prépondérante dans l’aventure de Lara. Non seulement, chasser sera la clef pour améliorer les compétences de la belle brune mais plus encore, cela sera une expérience zoologique unique. Pour traquer un animal, il faudra connaitre ses habitudes, comportements et préférences. Cette démarche devrait rendre les confrontations plus intenses et jouissives. Ce souci du détail se retrouve dans la modélisation, tout devrait être fait pour que les animations et environnements soient aussi réalistes que possibles. L’amélioration des armes pourrait être revue à la hausse, et plus généralement le Craft, permettant à chaque joueur de s’approprier Lara et d’écrire son aventure.

      Tout en continuant sur la lancée de son prédécesseur, Rise of the Tomb Raider semble vouloir renouer avec les adeptes de la première heure. En peaufinant les nouveautés introduites dans le Reboot et réintégrant le principe même des anciens Tomb Raider au travers d’énigmes archéologiques, Rise of the Tomb Raider pourrait bien rassembler les anciens joueurs et les modernes. Il n’y a pas de plus belle façon de mettre fin à cette querelle qu’en réécrivant le mythe de Lara Croft : celui de la « pilleuse de tombes».

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