More
    More
      Array

      Festival d’Avignon : Patrice Laffont

      C’est très étonnant le choc des générations. Ce qui nous parait aller de soi, les expressions, les personnalités ou les émissions que l’on connait… Comme s’il s’agissait d’indicateurs de mesure du fossé qui s’agrandit entre les anciens et les plus jeunes, jour après jour. Et lorsque l’on se retrouve à citer des noms de célébrités que les « d’jeunes » ne connaissent pas, ça donne quelque chose comme : – « Je vais voir le seul en scène de Patrice Laffont ». – « … C’est qui ? » Et là, tu sais que tu es du mauvais côté de la barrière.

      Pour cette première journée du festival d’Avignon, je me suis donc laissée tenter par ce seul en scène de l’ancien présentateur de Fort Boyard (avant Olivier Mine, celui à qui tu ne voles pas le fromage à la cantine de France 2 vu la musculature qu’il s’est développée), mais aussi des chiffres et des lettres et de Pyramide. Une télévision est présente sur scène, avec une caméra old school qui filme en direct les faits et gestes de Patrice. Celui qui cherche donc à s’affranchir du « bocal à poissons », tel qu’il aime à le répéter, ne réussit donc pas vraiment à s’en échapper… Symbole de la télévision tentaculaire qui ne desserre pas son emprise et marque à vie ses protagonistes.

      Patrice laffont
      Patrice Laffont

      Patrice s’adresse directement au public, il déclame qu’il fait une sorte de testament. Le spectacle commence fort, avec beaucoup d’allusion à la mort, celle de sa carrière à la télé, mais aussi celle qui nous attends tous, la vraie. Avec beaucoup d’ironie et quelques bons jeux de mots bien placés sur la vieillesse, il retrace son parcours durant ses 40 ans de télévision. Pas d’anecdotes sur son enfance, son adolescence ou ses propres enfants. Nous resterons uniquement focalisé sur son passage au petit écran, tout comme la caméra avide d’images, qui n’existent donc pas en dehors de son champs. Il y aura bien un passage sur les femmes, mais point trop d’intimité. Avec humour, parfois émotion, Patrice s’amuse de son âge :

      « J’ai des poignées d’amour. Mais comme la vieillesse est un naufrage, j’ai justement emmené ma bouée. »

      La mise en scène est intelligente : plutôt que de basculer dans le racolage, elle s’ajuste, de manière subtile, à respecter l’univers de Patrice Laffont. J’avais parfois l’impression de boire un verre ou de partager une soirée et d’avoir un homme, tout en décontraction, qui me raconte ses anecdotes, ses expériences, dans le frais d’un jardin, le soir. L’on apprendra entre autre que Julien Lepers est un mauvais perdant, que Brigitte Bardot a pleuré dans ses bras et que les hamsters ne supportent pas le feux des projecteurs… Pour déguster la suite, vous savez ce qu’il vous reste à faire… A découvrir durant le festival d’Avignon au théâtre l’arrache-cœur, jusqu’au 26 juillet, à 18h50.

      0

      LAISSER UN COMMENTAIRE

      S'il vous plaît entrez votre commentaire!
      S'il vous plaît entrez votre nom ici

      Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.