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      Rétro et lumineux, Magic in the Moonlight est un cru 2014 réussi pour Woody Allen

      Réalisateur à la cadence de travail digne d’un horloger suisse, Woody Allen, fidèle son habitude de stakhanoviste de la pellicule, remet le couvert et délivre avec Magic in The Moonlight, son cru 2014, une comédie solaire sur fond de duperies et de magie, le tout inondé par la beauté de la French Riviera des années 1920 ! Sublime !

      Ne dérogeant pas à sa sacro-sainte règle du film annuel, Woody Allen nous gratifie donc d’une énième variation sur son thème de prédilection : la duperie. Déjà largement évoquée à travers des œuvres aussi variées que Scoop ou Match Point, celle-ci n’avait pourtant jamais été utilisée pour servir un long-métrage à la teneur hautement comique comme c’est le cas ici. Car débarrassé de la lourdeur somme toute présente de son précédent film, Blue Jasmine, drame existentialiste acide à l’humour noir bien trempé, Allen peut enfin retomber à quelque chose de plus léger, plus guilleret et surtout plus simple.

      Baignant dans une époque où l’apparence et le paraître, conditions sine qua non de la duperie, étaient légion : le Golden Age, Allen peut ainsi donc laisser libre court à sa fantaisie, et ses comiques de situation devenu lapalissade. Car convoquant aussi bien le film historique, le film à costumes, la comédie dramatique et une certaine touche d’amour et de hasard (Marivaux), Allen semble revenir à une certaine forme de cinéma, celle ou la beauté du sujet n’avait d’égale que la beauté du cadre, en somme un mix non avoué entre le glamour Midnight in Paris, et le méconnu Accords et Désaccords, contrastant ainsi beaucoup avec la rigueur formelle de ses précédentes réalisations. Suscitant donc une certaine forme de curiosité pour un réalisateur qui paradoxalement s’est mué au cours de sa carrière en un chantre de l’habitude et de la coutume, Magic in the Moonlight peut donc enfin asséner avec une certaine grâce ses composants rétro, glamour et lumineux. Mis en boite par le chef opérateur Darius Khondji, référence en la matière ayant éclairé David Fincher, Jean-Pierre Jeunet, Danny Boyle, le film peut donc évoluer dans un parfait mélange entre faux-semblants, attachement, amour naissant et tromperie qui renvoie irrémédiablement à une certaine mélancolie.

      Obtenue de manière évidente par le sujet traité et l’époque choisie, chère à Francis Scott Fitzgerald, cette mélancolie sert aussi le long-métrage dans des proportions inavouées. Car à l’heure ou le cinéma ne jure que par des intrigues tarabiscotées ou les twists et retournement de situation sont légion, il est amusant et finalement mélancolique de voir le sieur Allen déjouer tous ces poncifs pour n’en retenir qu’une étonnante simplicité baignant sur l’ensemble, amenant derechef une certaine nostalgie au film. Rétro, anticonformiste, solaire, et lumineux, autant dire qu’Allen a assuré le show avec son cru 2014. Ne reste donc plus qu’à attendre son prochain film avec la malice caractéristique de son auteur et espérer le chef d’œuvre digne de Citizen Kane, comme Allen le souhaiterait.

      Le DVD est disponible chez TF1 vidéo et FranceTV distribution.

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