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      Retour sur Fury de David Ayer, et son coffret blu-ray Steelbook.

      Cinquante ans après, la Deuxième Guerre Mondiale n’a pas fini de faire parler d’elle et d’inspirer cinéastes et écrivains. Avec Fury, David Ayer nous relate l’histoire de ces hommes confinés dans leurs tanks, et nous livre le portrait sombre d’une guerre sans merci. Un film d’un réalisme cru et dénué de toute idéalisation patriotique. 

      Allemagne, 1944. La guerre semble proche de la fin, mais les troupes sont loin de capituler. L’impitoyable sergent Don (Brad Pitt) mène son équipe avec une poigne de fer face aux troupes allemandes. Si la violence sanglante de la guerre ne semble pas l’atteindre, tout l’enjeu du film est porté par le jeune bleu Norman (Logan Lerman), qui, faute d’effectif, se retrouve malgré lui fusil en main à bord du tank « Fury », alors qu’il était assigné à l’origine à un simple poste de dactylographe. Entouré de militaires pour qui la guerre ne parait être qu’une simple formalité meurtrière, il apprendra par la force et le sang la réalité cruelle de cette dernière.

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      Loin de l’image habituelle des héros servant leur pays de manière glorieuse et sans faux-pas, le réalisateur nous dépeint dans Fury le portrait réaliste d’une armée que rien n’arrête, plongée dans une rage de vaincre animale qui dépouille les soldats de toute morale et humanité. On trouve alors dans le film une ambiguité interessante d’un point de vue psychologique, puisque David Ayer n’hésite pas pour cela à salir l’image des soldats américains, que l’on voit alors aux proies d’une cruauté sans faille face au camp ennemi. Fort de montées en tension haletantes qui ne pourront qu’immerger totalement le spectateur, le film ne prétend pas dresser ici un portrait stratégique ou politique de la guerre, mais bien de lever le voile sur les “petites-mains” de cette dernière, et ce qui s’y passe réellement d’un point de vue interne et relationnel. Les liens entre l’équipe du tank évoluent alors au fur et à mesure de l’intrigue, et les cinq hommes confinés dedans semblent être pris au piège d’un huis-clos pesant dont la seule issue se trouvera dans la mort.

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      Non sans tomber dans les archétypes habituels, on retrouve un panel de personnages que l’on peut regretter peut être de ne pas être plus original, mais qui aura au moins le mérite d’être quelque peu varié et d’apporter une dimension psychologique interessante à l’intrigue: un Shia Labeouf bigot et marginal qui n’hésite pas à sortir sa bible entre deux tirs de missile, un Brad Pitt sans pitié, parfaitement à l’image du typique sergent américain psychorigide, baigné dans le patriotisme extreme, ou encore un John Bernthal dont la violence excessive semble être poussée par l’aliénation meurtrière de la guerre. Tant de personnages qui mettent en avant la candeur et le regard terrorisé que porte le jeune Norman sur la barbarie qui l’entoure.

      Ces différents portraits que nous dresse Ayer de soldats aux psychologies diverses sont avant tout documentés de manière concise, comme nous l’apprend les bonus du coffret Steelbook, disponible depuis le 23 Février. En effet, afin de se préparer au mieux à endosser leurs rôles, les acteurs ont rencontré de véritables vétérans tankistes, s’enfermant pendant de longues heures avec eux afin de discuter de leur expérience et s’empreindre de leurs souvenirs. A noter que même le réalisateur n’a pas eu le droit d’assister à ces échanges. Dans les nombreux bonus présents dans le coffret blu-ray, on retrouve également les témoignages des ces véritables combattants, attestant de la véracité historique auquel le film peut prétendre. Présents dans les tanks alliés face aux troupes ennemies, leur récit apporte un véritable témoignage historique sur lequel le film prends appui.

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      Si la plupart des films de guerre répondent à certains codes cinématographiques, l’ambition du réalisateur était ici de retrouver ceux des documentaires d’époques, afin d’en faire un film de terrain, au plus près de la réalité. Pour cela, Ayer n’hésite pas à plonger le spectateur au plus proche des personnages, l’emprisonnant lui aussi dans l’antre étouffant des tanks, et le jetant au milieu des balles qui fusent de toute part – le réalisateur ne lésine d’ailleurs pas sur les effets spectaculaires et pyrotechniques qui peuvent paraître quelque peu exagérés, mais qui ont le mérite d’instaurer une tension violente palpable. Baigné dans des décors apocalyptiques, le spectateur se trouvera submergé par les images chocs et réalistes de cadavres en lambeaux et villages en ruines, renvoie constant à la réalité lugubre et la désolation totale dans lequel le pays fut détruit.

      Film de guerre façon spectacle violent et meurtrier, Fury de David Ayer pourrait être rangé aux côtés des nombreux films traitant de ce sujet, bien souvent noyés dans la surenchère d’effets spéciaux et prônant un patriotisme américain immaculé et sans reproche. Mais pourtant, il peut se féliciter d’avoir su donner à son récit une image bien plus réaliste et surtout dénuée du manichéisme habituel que l’on aurait l’habitude de voir dans ce genre de film.

      Pour en découvrir d’avantage sur Fury, on ne peut que vous conseiller de vous jeter sur le coffret SteelBook, joliment présenté dans une boite en acier, afin de profiter des nombreux bonus présents. Outre de nombreuses scènes inédites -quasiment une heure-, retrouvez également le « Journal de Guerre » du réalisateur (le making-off) et les témoignages exclusifs des héros ayant inspiré le film, mais également des acteurs et de l’équipe de tournage. Enfin, apprenez comment « Mater la bête », à savoir ces chars ne pesant pas moins de trente tonnes, qui, il faut l’avouer, sont les véritables héros du film.

      Contenu du coffret SteelBook:

      • Copie digitale offerte au format UltraViolet
      • Boîtier métal SteelBook
      • Scènes additionnelles et inédites (56′)
      • « Frère de sang » : l’équipe et les acteurs parlent du tournage (11′)
      • Journal de combat du réalisateur (18′)
      • « Soldats blindés » : les vrais hommes dans les Shermans (12′)
      • « Mater la Bête » : comment conduire, tirer et bombarder dans un blindé de 30 tonnes (13′)
      • Photothèque
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