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      « Restriction » le 10 ème album du groupe anglais Archive

      Le groupe londonien n’en finit pas de jouer avec les styles et ce dernier opus flirte maintenant avec des sonorités rugueuses et post rock, sans pour autant négliger la part aérienne de leur discographie.

      Archive fait bande à part dès l’étiquetage : ses débuts trip-hop (il marquera ce style avec leur mythique « Londinium » en 1996) n’annoncent pas la couleur des albums suivants (notamment depuis « You All Look the Same to Me » en 2002) dont on ne sait s’ils sont électroniques (pas assez de rythmes) ou pop (pas assez de refrains) ou d’une mouvance musicale quelconque… Ce qui est sur, c’est que Archive compose des chansons, et leurs arrangements font mouche, surtout en live. Sans style précis, donc, mais avec une patte qui les suit depuis, ce groupe est appréciable tant dans leur recherche permanente de tension que dans l’allure attachante de leurs ballades.

      L’actualité récente de Archive est assez dense, puisque le projet « Axiom » (la bande originale de leur propre court-métrage) date seulement de quelques mois. C’est que le duo fondateur Darius Keeler et Danny Griffiths veut continuer inlassablement l’aventure vieille de bientôt 20 ans, avec un staff sans cesse renouvelé. On dit d’eux que ce sont de vrais esthètes du son, et on veut bien le croire, tant l’angoisse latente à l’écoute de leurs complaintes est bien transfigurée. On peut espérer toutefois que les titres, souvent longs et haletants, ne tombent pas dans des tendances esthétisantes et ne finissent pas par étouffer puis ennuyer l’auditeur, comme c’est parfois le cas. Qu’en est-il de « Restriction » ?

      Archive - restriction
      Archive – Restriction

       

      D’entrée, l’album commence sur les chapeaux de roues, avec un « Feel It » à la rage et à l’urgence salvatrices, notamment à travers la voix transperçante. Guitares rapides et rythmes frénétiques, qui font passer ensuite le 2ème titre, éponyme, comme un fondu enchainé toute en verve, presque joyeuse. Le 3ème morceau, « Kid Corner« , est en fait la troisième partie d’un vrai triptyque et achève cette échappée folle grâce à la voix de la chanteuse. S’en suivent quelques ballades qui, de convenues (« End of our Days ») à ennuyeuses (« Half Built Houses » ), ne retiennent pas l’attention. Il faudra aller jusqu’au 9ème titre « Crushed » pour que l’album se réveille à nouveau et nous offre un titre saisissant de révolte et de tension addictive. La voix en écho est la patte d’Archive, elle a été initiée par le titre « Again » qui, en 2002, avait l’avantage d’insuffler au groupe cette notion aérienne qui ne le quitte plus, au grand dam des fans de la première heure. Les voix féminines n’en sont pas en reste, puisque « Black and Blue » en démontre une utilisation des plus illustres, servie par une compo impeccable. Les 2 derniers titres sont un méli-mélo, toutes tendances confondues, qui termine l’album de façon assez anecdotique.

      Toujours en électron libre, donc, Archive prend le risque de froisser certaines oreilles en déconstruisant les harmonies et l’équilibre des anciens albums. Mais il faut dire que les dissonances parviennent à être une force de tension palpable et hautement contagieuse. On pense spontanément au rugueux de TV On The Radio ou à l’orgie de Soulwax, altérée par des ballades pas toujours utiles. Mais cela étant, cette détermination à faire de la musique moderne quelque chose de toujours mouvant est louable et réussie. La preuve, nous l’espérons, en live, puisqu’ils passent par la France à partir du mois d’août prochain, avec une date au Zenith de Paris le 31 octobre.

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