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      Rencontre avec François Tardy, metteur en scène de « Ces gens-là »

      Souvenez-vous, le mois dernier, nous étions au Théâtre des Enfants Terribles pour voir le merveilleux spectacle musical « Ces gens-là ». Nous avons pu, pour Just Focus, poser quelques questions à son metteur en scène, également directeur de la Compagnie des Songes, François Tardy.

      François Tardy
      Rencontre avec François Tardy

      Hermane : Comment est né le projet « Ces gens-là » ?

      François Tardy : Tout projet artistique, pour moi, naît d’abord d’une rencontre. D’une rencontre avec une œuvre, un auteur, des comédiens avec lesquels j’ai envie de travailler…

      H. : Pourquoi Jacques Brel ?

      F. T. : Depuis un certain temps, j’avais envie de travailler sur une thématique propre à la jeunesse. En redécouvrant Jacques Brel, je me suis aperçu qu’il avait été un homme épris d’idéal, d’espérance et d’une sensibilité extrême. J’avais donc envie de faire une mise en scène où la jeunesse, que je trouve parfois trop pudique, puisse exprimer la profondeur de ses sentiments. Brel m’apparaissait alors comme une évidence.

      H. : Avec « Ces gens-là », vous créez un genre hybride entre le théâtre et la comédie musicale. Pouvez-vous nous expliquer en quoi le théâtre musical se différencie de ces deux genres ?

      F. T. :Je crois que l’art théâtral a plus de rapports avec la musique qu’avec le cinéma. Le texte est une partition et l’acteur, un instrumentiste qui se joue de son instrument. Le metteur en scène est en répétition un chef d’orchestre qui cherche à donner sa propre lecture de l’œuvre. Donc la musique a toujours à voir, pour moi, avec le théâtre. Il y a deux saisons, j’avais fait une mise en scène à partir de l’œuvre de Paul Claudel où les comédiens devaient restituer la musicalité du texte et où les musiciens devaient donner chair à la parole exprimée. La comédie musicale est un spectacle de divertissement où la chanson est son fil conducteur. Un théâtre musical repose plus sur une dramaturgie, des situations plus complexes et où le jeu des acteurs prime. Tous ces éléments constituent la colonne vertébrale sur laquelle les chansons s’appuient.

      H. : Avez-vous pensé à un spectacle musical autour d’un autre artiste ? Si oui, lequel ?

      F. T. :Grâce à une comédienne qui joue la mère maquerelle dans le spectacle de Brel, et grâce à mon attachement à la chanteuse Barbara et aux textes d’amour mal connus de Léo Ferré, j’aimerais établir un dialogue et une rencontre fictive entre leurs deux univers.

      H. : Les costumes bigarrés et haut en couleurs ont-ils une signification particulière dans le spectacle ?

      F.T. : Les costumes font à la fois référence à un style baroque, à Arlequin, aux sans-logis. Le style baroque leur permet d’être à la fois androgynes et intemporels. Qu’ils soient bariolés comme le manteau d’Arlequin (esthétique de comédie) ou confectionnés en plusieurs parties à partir de vêtements abandonnés (ce qui peut suggérer la misère).

      H. : Y’a-t-il une chanson de Jacques Brel que vous affectionnez plus qu’une autre ?

      F. T. : « Regarde bien petit » est une chanson dont j’aime à la fois la mélodie et les paroles. J’aime aussi particulièrement « la chanson des amants » que nous avons retirée et je n’ai pas pu mettre des chansons comme « la Fanette » et tant d’autres qui me touchent particulièrement.

      H. : Après avoir vu un tel spectacle, on meurt d’envie de le revoir. Quelles sont les prochaines étapes ? Êtes-vous déjà en mesure de nous donner de nouveaux lieux, voire de nouvelles dates de spectacle ?

      F. T. : Déjà quatre mairies dont les responsables sont venus voir le spectacle nous prennent dans leur programmation de la saison prochaine. Le responsable culturel d’Arras, après avoir vu notre spectacle, est heureux de nous accueillir dans sa ville. Et d’autres rendez-vous nous laissent espérer d’autres lieux. Pour l’instant, la première date envisagée est le samedi 19 novembre 2016 à l’ancienne salle nationale de Combs la ville où nous avons été particulièrement bien reçu par la responsable culturelle de la mairie et le directeur de la Coupole, Jérémie Sicard.

      H. :Quel est votre souhait le plus cher pour ce spectacle ?

      F.T. : Pouvoir trouver une programmation dans un théâtre parisien pour le quarantième anniversaire de la disparition de Jacques Brel en 2018 et ainsi toucher un public plus large encore.

       

      Interview réalisée par Hermine

      2 Commentaires

      1. Une jolie interview de François Tardy avec qui j’ai partagé d’excellents moments.
        J’espère qu’il se produira dans le Gard un jour ou l’autre. Je le reverrai avec un immense plaisir.

        Patrick Robert

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