More
    More
      Array

      Plastic Memories : entre poésie et amertume…

      Plastic Memories a fait il y a quelques jours maintenant sa sortie dans le catalogue Crunchyroll. Avec un point de départ qui semble au départ relativement proche de celui de Chobits des CLAMP, de quelle différence de traitement témoigne finalement ce premier épisode?

      plastic05


      Titre original : プラスティック・メモリーズ (Purasutikku Memorīzu)
      Année : 2015
      Genre : Seinen, drame, robots
      Nombre d’épisodes : ?
      Durée des épisodes : 25 minutes
      Studio : Doga Kobo
      Disponible sur : Crunchyroll


      .

      Synopsis :

      « Dans un monde futuriste, les androïdes ressemblent de plus en plus aux humains. Un jour, la société robotique SAI Corp produit le modèle Giftia, capable de comprendre et ressentir les émotions humaines, mais cette ces robots ont une durée de vie limitée. Nous suivons sur le quotidien de Tsukasa Mizugaki, qui vient d’intégrer le service Terminal de SAI Corp en charge de récupérer les Giftia en fin de vie. Il fera équipe avec Isla, qui est elle-même une Giftia.« 

      plastic06

      .

      Avis :

      Plastic Memories nous offre un très bel épisode pilote, centré de prime abord autour du souvenir, de la rencontre et de la séparation. Cependant, les problématiques soulevées par la thématique ne s’arrêtent pas là.

      Je m’explique : les Giftia, robots à forme humaine doués de sentiments, sont acquis par des personnes en éprouvant le besoin : nous observons alors tour à tour une grand-mère et sa « petite-fille », des parents et leur « fils », … unis par des liens très forts.

      Le problème de longévité de ces androïdes ne réside pas tant dans leur constitution physique, mais bien au niveau de leur conscience : au bout de 9 ans, c’est leur esprit qui se détériore et qui doit être réinitialisé. Leur enveloppe corporelle reste effective, et réutilisable. Le Terminal de la SAI Corp récupère donc ces robots afin de supprimer leur conscience : leur mémoire, leurs souvenirs.

      Ce premier épisode nous montre avec délicatesse toute la difficulté qui réside dans ce protocole :

      • Du côté des « propriétaires », la douleur de se faire enlever un être cher ;
      • Du côté des employés du Terminal, le sentiment de culpabilité et l’image de bourreau ;
      • Mais surtout, le ressenti des robots, parfaitement conscients à la fois de ce qui va leur arriver mais aussi de la nécessité de les réinitialiser.

      Car nécessité il y a : si leurs souvenirs se sont pas effacés au bout des 9 ans règlementaires, ils perdront peu à peu leurs moyens intellectuels et leur conscience, un peu à la manière des personnes âgées perdant la tête en fin de vie. Leur corps sera certes opérationnel, mais pas leur esprit. Dans ce cas de figure, quelle option est-elle préférable : perdre la mémoire à une date définie, ou subir la perte progressive de sa conscience sous le regard des gens que l’on aime? De deux choses l’une, la « mort cérébrale » est pour eux inévitable.

      Pour ces Giftia, il s’agit donc de vivre avec une véritable épée de Damoclès se balançant au-dessus de leur tête, avec le constant tic-tac du compte à rebours qui leur rappelle que leur temps est d’autant plus compté que leur fin est déjà écrite.

      plastic02

      Isla, la coéquipière robotique du héros, incarne cette peur viscérale de la mort propre aux êtres dotés d’intelligence, mais d’une manière désarmante et criante de détresse. Face à ses semblables de nature plus insouciante et ayant accepté leur sort, elle agit en contrepoids et illustre leur propre impuissance mais aussi l’injustice de leur situation.

      Injustice certes, mais difficile à extérioriser lorsqu’il n’y a personne à blâmer … car finalement, aussi courte soit-elle, les Giftia reçoivent le cadeau le plus ultime qui soit : celui de la vie.

      .

      Plastic Memories traite de problématiques profondes et existentielles, inscrites sur la trame d’une animation propre, agréable et léchée.
      Un anime qui s’annonce donc prometteur et intéressant.
      Nous ne pouvons qu’attendre avec intérêt de voir comment va être développée cette thématique délicate, qui nous renvoie finalement à notre propre condition.

      0

      LAISSER UN COMMENTAIRE

      S'il vous plaît entrez votre commentaire!
      S'il vous plaît entrez votre nom ici

      Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.